RECHERCHELe Valais aura bientôt son livre d'histoire vitivinicole. Hier, à Sierre, les chercheurs ont levé le voile sur leurs découvertes. La culture de la vigne pourrait être bien antérieure à la présence romaine.
Le Valais vitivinicole aura bientôt son «Histoire de la vigne et du vin en Valais, des origines à nos jours». Le vaste projet interdisciplinaire, imaginé en 1998 et lancé en 2002 par le Musée valaisan de la vigne et du vin (MVVV), débouchera dans le courant 2009 sur le premier livre de Suisse consacré à ce thème.
Avant de passer à la synthèse rédactionnelle, confiée aux historiens Pierre Dubuis et Sabine Carruzzo, un colloque organisé à la HEVs de Sierre a fait le point sur différentes recherches menées dans le cadre du projet. Tout au long de la journée, seize intervenants ont traité des thématiques aussi diverses que la vigne sauvage en Europe, la serpette à l'époque romaine, l'évolution du vignoble à travers les cartes historiques ou l'image des vins du Valais en Suisse alémanique. Révélation de la journée: la présence de la vigne en Valais pourrait dater de 600 à 800 avant Jésus-Christ.
Cheville ouvrière du projet et directrice du MVVV, Anne-Dominique Zufferey fait le point sur ce projet de grande envergure.
En 1998, l'Etat avait initié Viti 2006, une réflexion sur l'avenir de la vitiviniculture en Valais. L'idée de rédiger un tel ouvrage avait alors été émise par le groupe de travail. Trois ans plus tard, après une séance du Labrec (Laboratoire de recherches en ethnologie régionale contemporaine), les discussions ont porté sur la rédaction d'un ouvrage historique. Une commission de réflexion, composée d'ingénieurs, de vignerons représentant diverses familles de la branche et naturellement des chercheurs, a alors commencé à réfléchir, à poser des objectifs.
Le budget se monte à 1,6 million. En 2003, sur la base d'un dossier très fouillé, nous avons fait une demande de financement au Fonds national de la recherche. Elle a été refusée dans le courant 2004, le projet étant jugé trop novateur du fait de son interdisciplinarité.
Le dossier était prêt, et les motifs de refus nous ont plutôt confortés sur le bien-fondé du projet. Nous nous sommes donné six mois pour trouver l'essentiel des fonds. Nous y sommes parvenus grâce à l'appui de la Loterie romande, de l'Etat du Valais et de l'Interprofession de la vigne et du vin.
Les deux premiers nous ont permis d'établir un état des lieux des connaissances existantes. En 2005 les chercheurs ont présenté leurs premières découvertes. Celui que nous venons de vivre marquait la fin du travail de recherches. Sans tout dévoiler, les scientifiques nous ont fait part de leurs principales découvertes. Avec la résurrection d'un nouveau cépage, la diolle, et la possibilité que la vigne ait été cultivée à l'âge du fer, nous avons eu notre lot de révélations.
C'est avant tout un livre d'histoire, mais des collaborations ont été instaurées avec des géographes, des archéologues, des ethnologues, des archéobotanistes... Quelque 9000 documents ont été analysés par la trentaine de chercheurs qui ont collaboré à cet ouvrage. Leurs travaux seront intégrés dans le livre sous forme d'encarts complémentaires au fil rouge historique.
Il s'adressera d'une part aux producteurs soucieux de mieux comprendre les origines de la vigne et du vin en Valais. Il devrait par ailleurs séduire un public éclairé qui s'intéresse au vin, à la dégustation et à tous les aspects culturels qui y sont liés. Les consommateurs sont de plus en plus intéressés à connaître les vins qu'ils invitent à leur table. Ce n'est pas un projet passéiste. L'objectif de ce livre, c'est aussi d'éclairer l'avenir de notre vitiviniculture.
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