Votation du 29 novembreLa gauche, les verts, le PCS et plusieurs associations font front uni pour inciter les Valaisans à soutenir l’initiative visant à interdire l’exportation de tout matériel de guerre…
L’alliance de gauche valaisanne et plusieurs associations ont sorti l’artillerie lourde vendredi pour descendre en flammes l’industrie de l’armement. Dans le sillage du Groupe pour une Suisse sans armée (GSSA), le Parti socialiste du Valais romand, les Jeunes socialistes, les Verts valaisans, les jeunes verts, le Parti chrétien-social du Valais Romand, Entremont Autrement mais aussi le syndicat UNIA, OSEO Valais, ATTAC Valais, Valais Solidaire et plusieurs personnalités ont ainsi constitué un comité qui monte au front pour inviter les Valaisans à soutenir l’initiative visant à interdire l’exportation de matériel de guerre, le 29 novembre prochain.
Porte-parole du GSSA, Anne-Christine Willa a dégainé la première dans le but «de mettre un terme au commerce de la mort». Pour le comité de soutien, il y a en tout cas trois bonnes raisons de soutenir cette initiative. «Premièrement, la livraison d’armes à des pays comme les États-Unis, le Pakistan ou encore l’Arabie saoudite constitue une hypocrisie moralement, légalement, politiquement indéfendable». Mais aux yeux de Anne-Christine Willa et ses amis, ce n’est pas tout. vendredi, la militante du GSSA Valais a estimé que la Suisse discrédite tous ses efforts de politique d’aide humanitaire en participant activement à «la guerre contre le terrorisme».
Troisième argument qui plaiderait en faveur d’un oui le 29 novembre prochain: la Suisse aurait les moyens et la possibilité de convertir son industrie militaire en production civile. Le texte soumis au peuple prévoit d’ailleurs que la Confédération accorde un soutien estimé à 500 millions de francs sur 10 ans aux employés et aux régions concernées.
Président du Parti socialiste du Valais romand, Jean-Henri Dumont n’a pas manqué l’occasion d’insister sur le fait qu’un oui le 29 novembre n’aurait qu’un impact limité sur l’économie du pays. «Outre la RUAG - qui réalise aujourd’hui déjà près de la moitié de son chiffre d’affaires grâce à des produits qui ne ressortent pas du domaine militaire et ne sont donc pas tributaires des exportations d’armes - seules trois autres entreprises comptent sur ce commerce plus que douteux pour alimenter leur résultat d’exploitation».
Le député socialiste a également profité de l’occasion pour contester les chiffres de pertes d’emplois avancés par la droite et certains milieux économiques. «C’est de la désinformation totale. Même du côté de la Confédération, on a un moment évoqué la disparition de 1700 places de travail et un total de 3000 personnes touchées par une interdiction». Pour Jean-Henri Dumont, l’impact serait plus dérisoire encore sur l’économie valaisanne. «Elle perdrait une quarantaine d’emplois. Quelques-uns du côté de Gamsen, d’autres dans des entreprises qui pratiquent la sous-traitance».
Le comité valaisan en faveur de l’interdiction d’exporter du matériel de guerre attend donc des citoyens valaisans «un choix responsable et moral: celui de cesser l’hypocrisie du commerce de la mort et de vivre dans un pays qui mène une politique cohérente en matière de paix et de contrôles des armements.»
Retour à l'index