INTERDICTIONLa fumée sera bannie des établissements publics valaisans à partir du 1er juillet. Pour la plus grande crainte de nombre des 1800 patrons de Gastrovalais.
Lire son journal devant son petit café du matin sans pouvoir tirer sur sa clope? Partager l'apéro du soir dans un environnement vierge de toutes volutes? Inconcevable aux yeux de nombreux accros de l'herbe à Nicot. Et pourtant dès mercredi prochain, la fumée sera bannie de tous les établissements publics de ce canton. A cinq jours de vivre cette mini-révolution, le président de Gastrovalais François Gessler évoque cette échéance qui va forcément changer le quotidien des patrons des 1800 établissements membres de l'association et celui de leurs 13 000 collaborateurs. Interview.
A cinq jours du 1er juillet, quels sont les sentiments des membres de votre association?
J'ai constaté un changement de mentalités. Si au début, près de 80% des membres de Gastrovalais étaient opposés à cette loi, aujourd'hui la profession y est favorable à 55 voire 60%. Mais plus par résignation que par conviction. On constate aussi de grandes disparités entre les régions. Ainsi, le Haut-Valais reste viscéralement allergique à ces restrictions, au contraire de la partie francophone du canton qui s'est fait une raison. On constate le même fossé au niveau national, avec une Suisse romande plutôt favorable et une Suisse alémanique globalement opposée.
Que craignent ces récalcitrants?
Une baisse significative de la fréquentation et du chiffre d'affaires. Mais là aussi, il risque d'y avoir de sérieuses disparités et un transfert des recettes. Cette baisse des entrées devrait ainsi être plutôt ciblée sur certains types d'établissements comme les discos ou les bars spécialisés dans les apéros de fin de journée.
Par contre, ce recul du chiffre d'affaires devrait épargner les restaurants par exemple. J'ose d'ailleurs espérer que tous ceux qui se disaient trop incommodés par la fumée passive pour prendre un verre ou partager un repas dans un de nos établissements publics retrouveront le chemin des bistrots et tiendront leurs promesses faites avant la votation populaire.
Avez-vous estimé l'ampleur des pertes attendues?
Non. Impossible de prédire aujourd'hui à combien se chiffrera cette baisse des recettes. Ce recul du chiffre d'affaires risque cependant fort de causer la perte et la fermeture de dizaines d'établissements dans le canton.
Cette échéance vous inspire d'autres craintes...
Oui! Car l'interdiction de fumer à l'intérieur de nos bistrots aura forcément pour conséquence plus de nuisances dues au bruit à l'extérieur. Et la cohabitation entre clients et riverains risque fort de s'envenimer et d'être source de conflits. C'est un gros souci car cette loi va en effet mettre les fumeurs sur les trottoirs. Or, la loi sur l'hôtellerie et la restauration stipule que les tenanciers sont responsables de la tranquillité aux abords de leur établissement. Mais comment gérer cette incompatibilité?
Gastrovalais n'avait pourtant pas jugé bon de soutenir l'initiative contre cette loi d'interdiction?
Non, car nous avons estimé que prélever 120 000 francs sur les cotisations de nos membres pour soutenir un combat perdu d'avance et pour ne gagner que quelque pour-cent de non n'en valait pas la chandelle! Par contre, nous n'hésiterons pas à soutenir financièrement - en allant jusqu'au Tribunal fédéral, s'il le faut - des confrères qui auraient été condamnés pour tapage nocturne parce que des clients ont été contraints d'aller fumer à l'extérieur et auraient provoqué des plaintes de voisins.
La semaine dernière au Grand Conseil, le député-suppléant Pascal Dubosson a dénoncé «un déficit d'information» dans notre canton, concernant cette échéance du 1er juillet. Partagez-vous son appréciation?
Pas du tout. Faire passer le message ne sera de toute façon pas trop difficile. Il suffira de retirer tous les cendriers... Depuis plus de six mois maintenant, la population sait que cette interdiction tombe le 1er juillet. Sans parler des nombreux établissements qui ont devancé cette date butoir. Il faudra peut-être quelques jours pour que ce changement d'habitudes passe dans les moeurs. On peut juste lancer cet appel à la population: qu'elle joue le jeu! Ce ne sera pas aux patrons de bistrots de jouer le rôle de la police.
Y'a koi dans les bistrots valaisans? la fumée l'alcool et les victimes comme mon ami jean pierre le forrain il boit sans arrêt sauf s'il y'aura un seul arrêt c'est le cardiaque moi je suis pour un loi de fermeture de ces bistrots.
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