Sud LémanLa réhabilitation de la ligne Evian-Saint-Gingolph se précise. Une nouvelle étude vient d’être lancée. Plus concrète que les précédentes, elle doit permettre de préparer sa réouverture par étapes d’ici à 2020.
«La mise en service future du RER franco-valdo-genevois permettant de relier Genève à Evian a relancé les volontés de poursuivre la ligne jusqu’en Valais. Le Tonkin permettra de boucler la boucle.» Chef du Service des transports de l’Etat du Valais, Pascal Bovey croit résolument à la ligne sud-lémanique. Qui a fait hier un pas en avant, avec le lancement d’une étude préliminaire devant chiffrer le coût de sa réhabilitation et préciser les conditions d’exploitation nécessaires à sa réouverture.
«N’est-on pas là devant une étude de plus?», interroge, sceptique Marc Francina, député maire d’Evian. Conseiller régional de la région Rhône-Alpes, Jean-Paul Moille n’est pas de cet avis. «Nous entrons dans une dynamique qui permettra aux convois touristiques de rouler dès 2013 et au trafic passager d’emprunter les rails à l’horizon 2020.»
A la salle du billard du château de Saint-Gingolph, les partenaires franco-suisses ont pris connaissance du cahier des charges de cette étude pilotée par le Syndicat intercommunal d’aménagement du Chablais (SIAC) côté français et par l’OIDC côté suisse. Estimé à 120 000 euros, son coût sera supporté à 40% par le canton du Valais, 40% par la région Rhône-Alpes et 20% par le SIAC. «Des financements Interreg sollicités dans le cadre du partenariat franco-suisse devraient permettre de diminuer la facture», relève Georges Mariétan, secrétaire de l’OIDC.
Très concrètement, l’analyse s’attachera à examiner les expériences similaires sur les autres territoires. Elle devra aussi expertiser les installations ferroviaires actuelles et élaborer un projet détaillé de réouverture viable selon des aspects tels que estimation des coûts, bilan prévisionnel d’exploitation ou encore matériel roulant…
Les investissements nécessaires à une réouverture par étapes sont actuellement estimés à 5 millions d’euros pour le train touristique, puis 35 à 45 millions d’euros pour le trafic voyageurs. «Nous nous inscrivons clairement dans une volonté de créer une infrastructure à long terme. L’aspect touristique n’est qu’un premier pas. Si le RER se réalise à l’ouest du lac, le prolongement en direction du Valais suivra», assure Pascal Bovey.
La ligne ferroviaire Evian-Saint-Gingolph a été construite dans les années 1880. Cette voie unique non électrifiée de 19 km a été fermée au trafic voyageur en 1938 et au trafic fret en 1988. Elle est restée exploitée touristiquement jusqu’en 1999. Depuis, le trafic ferroviaire est totalement abandonné. Elle est toutefois toujours entretenue de manière à éviter que la végétation ne l’envahisse.
Par le passé, et notamment en 2005, des études ont démontré que dans le cadre d’une réouverture éventuelle, le potentiel voyageurs se situerait entre 500 et 1000 par jour. «Au nord du Léman, tant par la route que par le rail, la mobilité est déjà difficile. Il semble plus que jamais nécessaire que le sud se propose en alternative crédible. Ce projet est un élément clef du désenclavement du Chablais», souligne Jean-Pierre Fillion.
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