RELIGIONLe débat sur les minarets n'est pas nouveau. Au XIXe siècle, le canton de Vaud avait interdit la construction de clochers. Deux siècles plus tard, les arguments sont les mêmes.
La votation du 29 novembre sur l'initiative antiminarets ouvre un débat sur l'islam. Pour le père de l'initiative, l'UDC zurichois Hans Schlüer, les minarets ne se résument pas à leur dimension architecturale. Ils seraient «une expression de pouvoir politico-religieux qui révèle une volonté d'expansion dangereuse pour la paix confessionnelle». Ce discours a un air de déjà vu. Il renvoie aux querelles de clocher qui ont longtemps opposé catholiques et protestants. Et ce n'est pas qu'une simple image. En 1810, le canton de Vaud s'est doté d'une loi qui interdisait la construction de clochers à la minorité catholique.
La comparaison avec les minarets est-elle pertinente? L'ancien pasteur Bernard Reymond, professeur honoraire à l'Université de Lausanne, en est persuadé. «Il y a un parallèle flagrant dans le type d'argumentation», souligne-t-il. «Les accents de Kulturkampf qui marquaient la discussion du XIXe siècle trouvent leur écho dans le débat moderne sur les minarets. Aujourd'hui comme hier, l'accent est mis sur le caractère autoritaire et passéiste d'une religion qui ne respecterait pas la liberté individuelle. Le contexte a pourtant changé. Nous sommes passés d'une société homogène à une société hétérogène qui bannit les discriminations.»
Pendant les premiers siècles qui ont suivi la Réforme, la question de la construction d'une église catholique en terre protestante (et vice-versa) ne se posait tout simplement pas. En 1536, les Bernois qui occupent le canton de Vaud décrètent l'interdiction complète du culte catholique. Le district d'Echallens fait exception. Catholiques et protestants sont à égalité de droit car c'est un baillage commun de Berne et Fribourg.
Cette situation perdure jusqu'à la Révolution française. La République helvétique, puis l'Acte de Médiation, en 1803, instaurent la liberté de culte et de religion. Les cantons doivent s'aligner. En 1810, Vaud se dote d'une «loi sur l'exercice de l'une des deux religions dans une commune où cette religion n'est pas actuellement établie». La formulation est ampoulée et la loi restrictive. Elle permet aux catholiques d'ouvrir une salle de culte à condition que l'édifice n'ait pas l'apparence extérieure d'une église. «Le bâtiment où se célébrera le culte n'aura ni cloche, ni clocher, ni aucun signe extérieur de sa destination.»
Dans le contexte de l'époque, c'est déjà un progrès. «Il ne faut pas oublier qu'en 1800 il y avait seulement 2% de catholiques dans le canton de Vaud, y compris ceux du district d'Echallens», note Bernard Reymond. Inaugurée en 1835, Notre-Dame du Valentin, à Lausanne, est la première grande église construite depuis la Réforme. Non sans difficultés. «Les préjugés anticatholiques étaient vivaces», rappelle le professeur vaudois. «Comme aux musulmans aujourd'hui, on reprochait aux catholiques d'avoir trop d'enfants. Les initiatives du Vatican ont mis de l'huile sur le feu. Le Syllabus publié par le pape Pie IX en 1864 condamnait la liberté de conscience et la liberté de la presse.»
Les choses évoluent néanmoins, parallèlement à la diversification du paysage religieux. D'une part la nouvelle Eglise évangélique libre revendique le droit d'ouvrir des chapelles, d'autre part le nombre de catholiques augmente en raison d'une immigration en provenance des cantons pauvres, à savoir Fribourg et le Valais. L'application de la loi de 1810 s'assouplit. En 1878, l'interdiction des cloches et des signes extérieurs est abrogée. Les façades néogothiques deviennent la norme architecturale des nouvelles églises catholiques. En 1932, l'église du Valentin est dotée d'un clocher. Mais il faudra attendre 1970 pour que le statut des catholiques soit pleinement reconnu dans le canton de Vaud.
Les musulmans doivent-ils, eux aussi, s'armer de patience? Pour Bernard Reymond, comparaison n'est pas raison. «Une intégration réussie est dans notre intérêt. C'est en refoulant les gens dans la marginalité qu'on risque d'en faire des fanatiques.» Il estime par ailleurs qu'il n'y a pas lieu de s'appuyer sur l'interdiction des églises chrétiennes à l'étranger pour serrer la vis aux musulmans. «Si les Vaudois avaient attendu que les protestants puissent construire des temples dans les cantons catholiques, les catholiques du canton de Vaud auraient dû attendre longtemps avant de pouvoir y ouvrir effectivement des églises. L'interdiction des minarets est une entrave à la liberté religieuse. Contentons-nous de laisser la police des constructions faire son travail.»
Ce n'est pas possible! Christoph Blocher est catholique il appartien a sa formation de l'UDC mais M.schluer il koi lui un catholique ça m'étonne car les rélegions entre eux se comprennent en fait c'est comme les femmes, mystère quant à la personallité de M.schluer, moi en tant que musulman je m'en fou de cette initiative périmer datant d'une compréhension d'un autre temps houlous.
En 1536 Berne prend a la Savoie le Pays de Vaud et lui impose, comme certains princes allemands le firent, la Réforme (cujus regie, ejus religio).434 and plus tard le peuple de Vaud reconnait le statut des catholiques. Et aujourd'hui c'est un pasteur, dans un journal d'origine catholique, qui affirme que l'initiative antiminaret est une entrave a la liberté religieuse. Au nom de cette liberté religieuse, nous voulons certainement toutes les religions et leurs édifices, sauf une religion qui pousse au meurtre ceux qui ne sont pas ses adeptes.(cf Sourate 9...)ni ses signes ostentatoires.
Donc il faut voter non pour pas que les gens s'énervent et parce qu'il y deux ans il y avait pas encore de clochers dans le canton de Vaud? Un peu maigre comme théorie. Va falloir trouver un peu mieux.
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