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à LIRELe Dr Jean-Pierre de Mondenard sort un nouvel ouvrage sur le cyclisme. Par souci de précision, il rectifie certaines légendes. Le dopage est largement abordé.
«Il est faux de croire que la légende est plus belle que l'histoire. C'est cette dernière qui vaut la peine d'être racontée.» Le Dr Jean-Pierre de Mondenard, ancien médecin du Tour de France, pourfendeur du dopage, passionné de cyclisme et auteur de nombreux livres, sort aujourd'hui même son dernier ouvrage: «Contre-enquêtes sur 36 histoires du Tour de France.» Il revisite 36 légendes à propos de la Grande Boucle et en rectifie les faits. «J'ai le soucide la précision», explique-t-il. «Quand on raconte quelque chose, autant que ce soit la réalité. Or, de nombreux récits traversent les époques et comportent toujours les mêmes erreurs. J'ai fouillé de nombreux documents et archives pour apporter des précisions historiques.»
Jean-Pierre de Mondenard évoque notamment l'expression «les forçats de la route», la caravane publicitaire, l'échappée solitaire d'Hugo Koblet en 1951, le décès de Tom Simpson, les révélations de Laurent Fignon et Lance Armstrong, bien sûr. L'Américain était déjà au centre de son dernier livre, «La grande imposture». Parmi les 36 histoires, 11 sont consacrées au dopage, son grand combat.
» Les forçats de la route: l'expression est attribuée à Albert Londres, en 1924. «Lui a titré l'un de ses articles: «Les martyres de la route.» Ce n'est pas la même chose», s'insurge Jean-Pierre de Mondenard. «La véritable expression date de 1906 et on la doit à un journaliste de Saint-Etienne qui découvrait avec stupeur les centaines de kilomètres bouclés chaque jour par les cyclistes alors qu'un simple déplacement en diligence s'apparentait à une épopée.»
» Jacques Anquetil: en 1961, il est avec l'Italien Ercole Baldini le meilleur spécialiste du chrono. Or, ils décident, en présence du journaliste Pierre Chany, de disputer une course de contre-la-montre à l'eau claire. Bien sûr, l'un a gagné devant l'autre. Mais ils ont mis2,5 km/h en moins que les autres années.
Au lieu d'une moyenne oscillant entre 45 et 46 km/h, ils se sont contentés de 43 km/h. Et au terme de la course, le coureur français a admis: «Je suis détruit.» Jacques Anquetil avait admis que sans une préparation adéquate, il n'arrivait pas à suivre.
» L'échappée d'Hugo Koblet: en 1951, il fausse compagnie à tous les autres favoris et aurait terminé l'étape avec une avance de cinq minutes, ce qui en fait le plus grand exploit du Tour de France. «La vérité, c'est qu'il a gardé 2'35 sur la ligne, que son avance a fondu dans les 20 derniers kilomètres et surtout qu'il a profité de la crevaison de Louison Bobet pour s'en aller. En outre, il s'est échappé durant 113 kilomètres et non pas 135 comme le dit la légende. Malheureusement, on a souvent tendance à tout gonfler.»
» Le dopage: Jean-Pierre de Mondenard a évidemment une position très affirmée par rapport à ce fléau. «Aucun des 20-30 premiers d'un grand tour n'est à l'eau de source», assure-t-il. «Quand l'un d'entre eux se fait pincer, c'est généralement qu'il a commis une erreur ou qu'il était persuadé que le produit n'était pas encore décelable. Le dernier exemple, c'est l'EPO Cera qui a fait des ravages sur le Tour en 2008. Sur le Giro, il n'était pas décelable. Par contre, il l'était devenu un gros mois plus tard.»
» Lance Armstrong: le champion américain en a pour son compte. «Il a prétendu qu'il était le plus jeune champion du monde. C'est faux, c'est un Belge qui détient ce record. Il n'est pas non plus le jeune vainqueur d'une étape du Tour de France. J'ai d'ailleurs établi une liste de records qu'Armstrong peut tenter de battre. A l'instar de tous les champions, il a un ego surdimensionné. Mais il ne dit pas qu'il est le seul à profiter d'un hélicoptère pour le ramener à l'hôtel sitôt l'étape terminée. Il gagne deux heures de récupération sur ses adversaires. Ça vaut toutes les EPO du monde.»
Quand bien même l'Américain a toujours échappé aux contrôles positifs, il ne croit évidemment pas le moins du monde à sa virginité. «En 1999, il a été pris aux corticoïdes avant de présenter une ordonnance antidatée. Après coup, ses analyses ont aussi démontré qu'il prenait de l'EPO. Croyez-moi, il a plus de casseroles que n'importe quel autre coureur. D'ailleurs, il suffit de se référer aux témoignages accablants le concernant.»
«Contre-enquêtes sur 36 histoires du Tour de France», par le Dr Jean-Pierre de Mondenard, aux Editions Hugo & Cie. En librairie dès le 17 juin.
Les preuves de son dopage existent sur le site de l'UCI, L'UCI valide la véracité des documents de l'enquête de l'Equipe en aout 2005 qui démontre qu'Armstrong s'est dopé à l'EPO. http://www.uci.ch/Modules/ENews/ENewsDetails.asp?source=SiteSearch&id=NDU4Mg&MenuId=15217&CharValList=628%3B611%3B&CharTextList=&CharFromList=&CharToList=&txtSiteSearch=&SelChar214=628&SelChar208=611&LangId=2
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Rédaction sportive