Ligue des championsLe FC Bâle affronte ce mercredi le Shakhtar Donetsk de Rinat Akhmetov, l'homme le plus riche d'Ukraine.
Mercredi, le FC Bâle jouera son avenir européen à Donetsk, une ville peu avenante d’un million d’habitants dans l’Est de l’Ukraine, face au Shakhtar de Rinat Akhmetov. Le puissant oligarque au passé trouble règne sur son club et son pays, s’appuyant sur une fortune personnelle qui s’élève à plusieurs milliards de francs.
Avec ses 75 millions de francs de budget annuels, Shakhtar Donetsk fait presque tache dans le décor d’un bout d’Ukraine ouvrier et loin de mener une vie de rêve. Son nom - Shakhtar signifie mineur de charbon - se veut comme un rappel des origines du club et de son président. Car Rinat Akhmetov, Tatar musulman, est né et a grandi dans le quartier mal famé d’Octobre, à Donetsk, surnommé la «Naples ukrainienne». Fils de mineur, il descendra lui aussi, dans le ventre de la montagne durant ses jeunes années.
A l’instar de Roman Abramovitch, le président de Chelsea, Akhmetov fait fortune dans les années 90, après la fin de l’URSS. Il fonde System Capital Management, holding principal d’un conglomérat de firmes actives dans le charbon, la sidérurgie, les banques, les télécommunications ou encore la métallurgie. Une réussite qui lui ouvre les portes de la politique, puisqu’il siège au parlement de son pays.
En 1996, il rachète un Shakhtar sans président, le précédant, Akhatem Braguine dit «Alik le Grec», un Tatar né lui aussi dans le quartier Octobre dont il était le parrain, ayant trouvé la mort, tué par une bombe placée sous son siège dans le stade.
D’ailleurs, Rinat Akhmetov est un homme prudent. Peut-être en raison des deux attentats au lance-roquette et au fusil d’assaut dont il a été l’objet. Voiture blindée, pléthore de gardes du corps, le président du Shakhtar sait qu’il est un cible de choix. 127e au classement des plus grandes richesses du monde selon Forbes- avec 7,3 mrd de dollars -, l’Ukrainien a tout entrepris pour établir Donetsk dans le gotha du football européen.
Le succès n’a pour l’heure été que partiel. Depuis la prise de pouvoir d’Akhmetov, le Shakhtar a obtenu quatre titres nationaux, cinq Coupes d’Ukraine et quatre participations à la Ligue des champions. Une compétition où le président rêve de briller, sans jusque-là y parvenir malgré les renforts étrangers dont il dote l’équipe.
Et l’avenir n’est peut-être pas tout rose pour la formation ukrainienne. Alors que certaines estimations font état de très lourdes pertes personnelles pour le «cousin» russe Roman Abramovitch - dont la fortune serait passée de 15 à 4 milliards de dollars à cause de la crise financière actuelle -, on imagine mal Rinat Akhmetov être épargné par la chute des marchés depuis plusieurs mois.
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