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25.09.2010, 09:55 - Loisirs et culture
Actualisé le 24.11.11, 20:18

Le revenant Michael Steiner ouvre le Festival du film de Zurich

Fêté puis vilipendé, le réalisateur Michael Steiner revient sur le devant de la scène avec «Sennentuntschi», qui a ouvert le Festival du film de Zurich jeudi soir. Un destin étroitement lié à celui de Nicolas Bideau, Monsieur Cinéma, qui quitte ses fonctions à la fin de l'année.

Après la projection de «Sennentuntschi» à Zurich, devant un parterre de journalistes, Michael Steiner n'a pas voulu se prononcer sur ses liens avec la section Cinéma de l'Office fédéral de la culture (OFC). «Je suis un réalisateur, pas un politicien, je n'ai pas d'avis là-dessus», a-t-il répondu à la question de savoir si son film marquait, aussi, la fin de l'ère de Nicolas Bideau.

Pourtant les carrières des deux hommes se sont bien souvent croisées et mutuellement encouragées. Le futur ex-Monsieur cinéma suisse, a en effet, un temps, porté aux nues le réalisateur saint-gallo-zurichois, aujourd'hui âgé de 41 ans, un autodidacte épris de culture de série B et de jeux vidéos. Mais la faillite de la société de production de Michael Steiner, qui avait déjà reçu, entre autres, une subvention fédérale d'un million de francs pour «Sennentuntschi», avait rejailli sur Nicolas Bideau, fortement critiqué à cette occasion (comme à d'autres).

Sauvé par un financier bâlois, Bernhard Burgener, qui a injecté 3,4 millions de francs, puis coproduit par des Autrichiens, «Sennentuntschi» n'est toutefois pas assuré de faire une grande carrière, avec ses personnages antipathiques et une présence assez forcée de scènes qui guignent vers le «gore». S'il est encore trop tôt pour parler de happy end, la carrière de Michael Steiner a assurément déjà tous les ingrédients d'un scénario.

Après un premier long métrage, réalisé sans subventions, à 27 ans («Die Nacht der Gaukler», projeté à Locarno), il est déjà couronné en 2006, avec deux films, «Mon nom est Eugène» et le fameux «Grounding», sur la fin de Swissair. Si les films ont été initiés avant l'arrivée de Nicolas Bideau, celui-ci les vante comme des exemples parfaits de son concept «populaire de qualité.»

Comme Nicolas Bideau, Michael Steiner ne recule pas devant la provocation. Il aime se présenter en «garnement» du cinéma, comme les héros de «Mon nom est Eugène», et il a aussi été célébré comme tel. Mais la faillite de sa société, endettée avant que le tournage de «Sennentuntschi» n'ait même commencé, des accusations sur sa vie privée et l'échec d'un plan de sauvetage ont transformé le réalisateur en vrai mauvais garçon… /AGO - La Liberté

Le festival court jusqu'au 3 octobre. Au total, quelque 70 films y seront projetés

Un film souvent invraisemblable, indigeste, et répétitif

Au Festival du film de Zurich, Michael Steiner rayonne, savourant peut-être une certaine vengeance. Il échappe tout juste à l'impressionnante arrogance dont font preuve d'autres membres de son équipe lors de la conférence de presse. L'auteur du scénario engueule littéralement les journalistes parce qu'ils ne posent pas de questions. Un des acteurs principaux ne cache pas son profond ennui.

Le chanteur-acteur Carlos Leal a l'honnêteté de dire qu'il n'est pas encore sûr d'aimer le film, qu'il faut qu'il le voie une deuxième fois, puis il se lance dans un plaidoyer sur les films de genre que les Suisses ont bien le droit de faire, eux aussi, «et pas seulement les Américains», concluant qu'il est «très fier» du film. L'actrice française Roxane Mesquida boude presque autant que dans le film, dans lequel elle interprète la victime, muette et vengeresse.

L'histoire, justement? Elle est basée sur un mythe semble-t-il très répandu dans l'espace alpin, celui de trois vachers d'alpage fabriquant une poupée devenant humaine, la violant et se faisant ensuite tuer par elle. Steiner, dont la caméra et le montage adoptent encore plus l'esthétique du clip vidéo que dans «Grounding», y a rajouté une «dimension Natascha Kampusch» (ou Josef Fritzl, pour le côté bourreau): l'héroïne du film a été enfermée et maltraitée par un curé, durant des années, dans un cachot sous l'église…

Souvent invraisemblable, indigeste, répétitif (au cas où on n'a pas compris?), le film contient une seule surprise, pas des moindres, la révélation finale. Mais «Sennentuntschi», qui sort le 14 octobre en Suisse alémanique et ultérieurement en Suisse romande, ne risque guère de modifier ni l'image des Alpes suisses, ni celle du cinéma helvète…. /ago

Par ARIANE GIGON

Source: L'Express/L'Impartial



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