ZIMBABWEFace à l'épidémie, le gouvernement décrète enfin l'état d'urgence et appelle à l'aide.
Le Gouvernement du Zimbabwe a reconnu l'ampleur de l'épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 560 morts dans le pays. Harare a décrété pour la première fois l'«urgence nationale» et a appelé à l'aide la communauté internationale.
«L'appel d'urgence nous aidera à réduire le nombre de malades et de morts lié à l'actuelle situation socioéconomique», a assuré au journal d'Etat «The Herald» d'hier le ministre de la Santé David Parirenyatwa.
Le gouvernement du président Robert Mugabe a déclaré «urgences nationales» l'épidémie de choléra et les dysfonctionnements des hôpitaux publics. Il a aussi «appelé la communauté internationale à l'aide pour faire face à la situation».
«Nos hôpitaux publics ne fonctionnent tout simplement pas. Le personnel est démotivé et nous avons besoin de votre soutien pour nous assurer qu'ils recommencent à travailler et pour redémarrer notre système de santé», a dit le ministre lors d'une réunion d'associations caritatives. Il a souligné que les hôpitaux manquaient de médicaments, de vivres et de matériel.
La semaine dernière, le Ministère de la santé avait dans un premier temps déclaré que la situation était «sous contrôle». Il avait cependant appelé à l'aide le lendemain, tout en refusant de décréter l'état d'urgence sanitaire.
Le revirement des autorités «arrive très en retard», a regretté l'Association des médecins du Zimbabwe pour les droits de l'Homme (ZADHR).
«Ils auraient dû le faire il y a deux à trois semaines quand le nombre de personnes mortes du choléra était encore bas. Mais mieux vaut tard que jamais. Au moins, ils réalisent maintenant que c'est un problème sérieux», a déclaré à l'AFP le président de la ZADHR Douglass Gwatidzo. L'épidémie de choléra ne cesse de se propager depuis août en raison du délabrement du système de santé, des réseaux d'eau et d'assainissement. Elle a fait 565 morts et plus de 12 500 cas ont été enregistrés, a indiqué l'ONU.
La maladie, qui prolifère dans l'eau souillée par les excréments humains, s'est étendue au Botswana et en Afrique du Sud, où huit personnes sont décédées. Cette crise humanitaire intervient dans un pays plongé dans un marasme économique avec une hyperinflation à plus de 231 millions pour cent par an. ATS/AFP/REUTERS
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