JEUNE POUSSEKlewel, une nouvelle société martigneraine issue de l'IDIAP, propose un processus simple et unique pour l'enregistrement vidéo et la mise en ligne de congrès ou conférences.
Faire enregistrer sa conférence ou son congrès est une chose que les organisateurs pratiquent déjà. En général, l'opération se révèle onéreuse, car il faut déplacer une équipe de cameramen professionnels et tout leur matériel. Ce que Klewel, «start up» (jeune pousse) martigneraine propose est une simplification extrême de ce processus lourd, la possibilité de revenir facilement sur des moments de la conférence et, surtout, l'archivage de la conférence sur une banque de données en ligne. Tout cela à des prix défiant toute concurrence.
«Il existe actuellement des possibilités de revenir sur des moments de conférences, mais elles se limitent à la connection d'une diapositive reliée à un texte», explique Maël Guillemot CEO et cofondateur de Klewel S.à.r.l. «L'application développée par notre société consiste à filmer une conférence à l'aide d'une ou plusieurs caméras, d'un microphone et d'un système unique qui enregistre automatiquement toutes les diapositives diffusées. La conférence terminée toutes ces données audiovisuelles sont rapidement traitées et ensuite accessibles sur l'internet. On peut ainsi revoir dans une fenêtre vidéo des passages de la conférence en question, en écouter les commentaires, ou encore revoir toutes les images qui ont été projetées comme si on y était. L'intérêt principal consiste dans les recherches par mots clefs, qui permettent d'atteindre rapidement un passage intéressant.» Cette méthode est le fruit de cinq années de recherches en analyse des contenus multimédia, en particulier dans le pôle de recherche national IM2 (www.im2.ch).
Klewel est actuellement une «spin-off» de l'IDIAP à Martigny. Elle vient d'acquérir un client capital: ACM (Association for Computing Machinery), l'un des plus grands organisateurs de conférences scientifiques du monde basé à New York. «Lorsque nous avons exécuté notre premier contrat, ils nous ont assuré que notre produit était unique et qu'il correspondait en tout point à leurs besoins.» Pourquoi? «Parce qu'il est simple d'utilisation, pas cher, rapide, archivé à long terme et ne nécessite pas de montage. Nous pouvons former rapidement un opérateur dans chaque société. Le lendemain d'une conférence, ses participants peuvent la retrouver sur l'internet.»
ACM organise une centaine de conférences scientifiques par année à travers la planète. 80 000 universités en sont membres. C'est pourquoi Klewel a conclu un contrat spécial avec ACM de 15 000 dollars par an sous forme de licence de collaboration. «En échange, ACM nous offre une très grande visibilité.»
Bien qu'il puisse vendre les cartes logicielles, Klewel préfère fonctionner comme une société de services. Voici un exemple de tarif: le prix de base pour une journée conférence est de 1500 francs. S'y ajoute un tarif de 500 francs de l'heure. Typiquement, une conférence de deux heures coûterait dans les 2500 francs, y compris l'archivage en banque de données chez Klewel et l'accès en ligne.
La société a été créée il y a six mois (voir l'encadré). Elle a déjà gagné trois prix: l'IMD de Lausanne l'a distinguée comme l'une des huit meilleures jeunes pousses de l'année. Klewel partage également le prix «Venture leader» avec 20 jeunes entrepreneurs suisses. Elle fut distinguée du Label européen d'excellence en technologies de l'information et multimédia dans le cadre du CeBIT de Hanovre. Outre ACM, la jeune pousse de Martigny compte déjà parmi ses clients l'UNICEF, l'Université d'Edimbourg et le Golf-Hotel de Montreux. Elle pourrait même répondre aux besoins de l'EPFZ qui voudrait mettre l'intégralité de ses cours sur l'internet. La seule gêne est administrative, l'Europe voyant d'un mauvais oeil l'IDIAP de Martigny, adossée à l'EPFL, et l'EPFZ intégrées dans un même programme de recherche scientifique.
Retour à l'index