BILANPrès de vingt acteurs touristiques issus de tout le Valais romand dévoilent leurs résultats hivernaux, permettant ainsi d’obtenir l’image la plus juste possible de cette saison touristique.
Une mauvaise saison a toujours une influence sur la suivante. Cet hiver, Télé Torgon reconnaît, par exemple, que «le manque de neige de la saison précédente a découragé certains hôtes en janvier». Jean-Pierre Constantin, patron du Restaurant La Poste à Anzère, estime même que «la saison passée a été détruite par les médias». L'hôtelier Claude Buchs ne se montre lui pas aussi catégorique. «En 2006-2007, ils n'ont parlé que du réchauffement climatique, tandis que cet hiver, ils ont évoqué largement les bonnes conditions d'enneigement. Oublié le réchauffement alors que, en matière d'épaisseur de neige, cet hiver n'a rien d'exceptionnel.»
Pour connaître le réel impact de cette saison hivernale, la comparaison ne doit pas se faire avec la saison précédente jugée «difficile» par plusieurs acteurs touristiques. «L'hiver 2007 avait été une catastrophe, sauf en mars... Le résultat de 2008 sera pour nous aussi bon que celui de 2006», affirme Jacqueline Rey-Mermet, responsable de la buvette de La Tovassière à Morgins. Le bon enneigement de novembre et décembre a donc eu une grosse influence sur la réussite de cet hiver. «Les clients ont voulu se rattraper par rapport à la saison 2006-2007», estime l'hôtelier de Saint-Luc Claude Buchs. L'évolution du chiffre d'affaires des remontées mécaniques de Crans-Montana démontre parfaitement cette réalité. «Si on le compare à la saison 2006-2007, il progresse de 30 à 35%, tandis que la hausse est de 15% par rapport à 2005-2006», explique le directeur commercial Arthur Clivaz. La même différence de pourcentage est aussi relevée par Michel Métrailler, patron du magasin Michel Sports à Evolène, Stéphane Pillet, président de Télévichères - 25% d'augmentation - ou Jean-Claude Zufferey, patron d'AZ Sport à Sierre. «On est dans la moyenne des dix dernières années vu que la saison 2006-2007 était particulièrement basse.»
Les excellentes con-ditions d'enneigement de l'hiver ont aussi une influence sur la clientèle indigène et pendulaire. «Les gens ont skié beaucoup plus cet hiver, surtout les Valaisans qui ne vont pas skier si les conditions ne sont pas bonnes», argumente Marcel Breu, patron de Breu Sport à Monthey. Du côté de Télé Torgon, on estime que «si la vente d'abonnements de saison devrait se situer dans la fourchette des années précédentes, celle des forfaits journaliers sera supérieure en raison des très beaux week-ends de l'hiver», affirme le directeur Tony Stampfli.
En début de saison, la précocité des vacances de Pâques faisait peur à de nombreux acteurs touristiques. «C'était même une saison de tous les dangers avec, en plus, une concentration de vacances en février», reconnaît Paul Epiney du restaurant d'altitude de Sorebois à Grimentz. Au final, les excellentes conditions météo et une saison raccourcie «ont augmenté la rentabilité des entreprises» comme l'affirme Jacquy Schiess de l'agence VIP à Veysonnaz. Claude Buchs, de l'Hôtel Bella-Tola à Saint-Luc, parle même «d'un excellent rendement avec moins de salaires en même temps qu'une hausse de 10% du chiffre d'affaires et plus de restauration». Le seul bémol émis à cette concentration de la saison vient d'Eugène Eugster, responsable de l'Association des gérances immobilières de Verbier. «Le marché de la location a été très dynamique. En contrepartie, ce dernier a été plus concentré en raison de la précocité des fêtes de Pâques. La balance devrait donc être positive, sans pour autant connaître une véritable explosion dans la progression.»
Enfin, ce qui peut-être réjouit le plus les différents acteurs touristiques interrogés concerne... la saison prochaine. «Ces bonnes conditions sont surtout prometteuses pour l'avenir, car elles ont à nouveau séduit les skieurs. On peut donc être optimiste pour les prochains hivers», espère Yves Biselx, propriétaire de l'Hôtel du Glacier à Champex-Lac qui réalise la grande partie de son chiffre d'affaires en été. Pour le magasinier Marcel Breu, le fait que les gens ont pu beaucoup skier «est de bon augure pour la prochaine saison aussi, car ils ne se retrouvent pas avec des skis neufs à la maison». Enfin, l'hôtelier Claude Buchs espère cartonner aux vacances de Pâques 2009. «Cette année, les touristes ont pu constater que l'enneigement est plus que satisfaisant en avril. Ils viendront donc à Pâques l'an prochain qui se situe le 12 avril au lieu de partir vers des destinations chaudes...»
Une analyse que ne partage toutefois pas une petite société comme Télévichères Liddes. «Le mois de mars, incluant les fêtes de Pâques, fut très mauvais. Nous espérons toutefois que cela ne signifie pas que les gens aient définitivement décidé de ne plus skier à Pâques à l'avenir», souligne son président Stéphane Pillet.
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