MONTREUX JAZZ FESTIVALQuarant-sept ans à arpenter les scènes mondiales, ça forme la jeunesse et ça l'entretient. Demain soir, les vétérans britanniques prendront leur bain de Jouvence à l'Auditorium Stravinski.
«Rockin' All Over The World». Un hymne intergénérationel dont le groupe londonien formé en 1962 a fait un étendard qu'il y a déployé sur les scènes de la planète durant près de cinquante ans. S'il n'a jamais eu le génie mélodique des Beatles ou les riffs subversifs des Stones, Status Quo a pourtant écrit et écrit encore un chapitre de l'histoire du rock n'roll. Et il n'est pas pressé d'arriver au point final. Entretien avec le chanteur Francis Rossi qui s'est délesté il y a peu de sa légendaire queue de cheval...
Vous avez passé presque 50 ans dans un groupe de rock. Comment se portent vos oreilles?
Jusqu'à très récemment mes oreilles se sont très bien portées. Jusqu'à l'an dernier où j'ai perdu un peu des aigus de mon oreille droite. Je crois que ce n'est pas la faute des guitares, mais plutôt de Mère Marie-Catherina qui enseignait dans notre école catholique quand j'avais 9 ou 11 ans. Elle nous frappait parfois sur l'oreille et on entendait ce sifflement très aigu pendant quelques secondes: «pfuiiiiiiiiii». Les conséquences ne se font sentir que maintenant... (rires)
Une religieuse plus dangereuse que le rock'n'roll...
Sans aucune mesure...
Tous les dix ans, on clame que le rock est mort. Pourtant il est toujours là. Pourquoi selon vous?
C'est parce qu'il est la synthèse de plein de genres de musique! C'est inépuisable. Il y a tellement de groupes qui se réclament de cette étiquette et qui sont pourtant très différents. Si l'on voulait être strict, le rock'n'roll ce serait Elvis... Pink Floyd, Oasis, U2, les Beatles, les Stones, Status Quo, tous sont des groupes de rock et pourtant ils ne pourraient pas être plus différents. Comme toute société, comme toute langue, il évolue constamment. Peut-être que dans cent ans il n'en restera plus aucune trace, qui sait?
Vous avez traversé plusieurs décennies de musique. Y a-t-il eu un âge d'or du rock?
Je ne crois pas. Même si à la fin des sixties une explosion du nombre de groupes a eu lieu et qu'ils étaient relativement désintéressés. Il fallait bien tôt ou tard que l'industrie s'approprie le mouvement... Mais je n'ai pas de nostalgie. J'aime bien m'y replonger et y repenser, mais je n'aimerais pas revivre cette période.
L'excitation des concerts est-elle toujours la même?
C'est le plus souvent fabuleux, mais parfois c'est comme n'importe quel autre travail. Les concerts eux-mêmes sont toujours des moments forts, mais les à-côtés, la route, les hôtels, la nourriture, tout ça joue un rôle dans notre bien-être. Mais c'est tout ce que j'ai connu depuis que j'ai 16 ans. Je ne sais rien faire d'autre, c'est un constat un peu triste (rires). Mais j'aime la scène, voir le groupe s'améliorer de concert en concert, les répétitions dans le bus etc. C'est ma vie.
Vous avez récemment coupé votre queue de cheval. Comment vous êtes-vous senti après?
Ça a été toute une histoire... (rires) Je me suis senti jeune et impétueux à nouveau. Je n'avais plus eu les cheveux courts depuis l'âge de 16 ans... J'ai vu James Hetfield de Metallica le faire et ça lui allait très bien. J'ai décidé de me lancer.
Vous avez chanté sur un morceau du groupe suisse Vivian. Comment cela s'est-il fait?
J'aime beaucoup ce groupe. Ils avaient fait notre première partie et j'aime beaucoup ce groupe. Quand ils m'ont demandé de chanter sur un de leurs morceaux j'ai tout de suite accepté. J'ai même fait un week-end de promo avec eux en Suisse. Je trouve étrange qu'un groupe aussi bon ait du mal à se faire connaître dans son pays.
Quelle est votre vision de l'industrie musical aujourd'hui?
Le téléchargement est inévitable. Et je fais partie de ceux qui pensent que la musique devrait être gratuite. Ce qui me déplaît par contre c'est qu'à l'avenir les supports vont disparaître, et tout - musique, films - ne sera plus qu'informations qu'on enverra aux gens.
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