CHANSONLe chanteur révélé par la comédie musicale «Le Roi Soleil» prend un virage avec son deuxième album, «L’équilibre».
«Je ne voulais pas laisser mon bébé entre les mains de quelqu'un qui m'aurait fait mettre encore un autre costume.» Emmanuel Moire a donc travaillé «comme un malade» et «en leader», sur son deuxième album solo, où il se montre, si ce n'est tout nu, du moins tel qu'en lui-même. Les couleurs électro-pop de «L'équilibre» surprendront ceux qui l'ont étiqueté «chanteur de ballades». L'ancien Roi Soleil ne renie pas son côté romantique. «Mais je ne suis pas que cela.» Détaillons.
Sur cet album, c'est le vrai Emmanuel qui apparaît?
Oui, je n'ai pas triché. Ma notoriété a commencé avec «Le Roi Soleil», où je jouais un jeune premier, et le premier album a surfé un peu sur cette facette. Mais celui que je suis au fond de mon bide n'avait pas envie de ne dire que ça, c'est un peu fade au bout d'un moment. Ce n'était pas la volonté de casser quoi que ce soit, parce que je suis sensible, je ne peux pas le nier, mais j'avais envie d'un album en accord avec ce que je suis aujourd'hui - je vais avoir 30 ans - et qui fasse écho à mon vécu.
Votre changement de look, crâne rasé, est aussi une manière d'être en harmonie avec ce que vous êtes?
Au départ, j'avais juste envie de changer de tête, je l'ai fait en fin d'année dernière. A partir de ce moment, je me suis senti mieux. Tout d'un coup j'avais rafraîchi les choses, j'avais fait un peu table rase du passé, genre «c'est très bien ce qui s'est passé, maintenant occupe-toi de l'avenir».
L'exposition du «Roi Soleil» a-t-elle à un moment menacé votre équilibre?
Tu n'en sors pas forcément indemne, ç'a été très vite et très fort. Pour rebondir après, ce n'est pas évident. C'est pour ça que je ne voulais pas reporter un autre costume pour me cacher derrière quelque chose... Cette aventure m'a donné un bagage pour faire ce métier, elle m'a confirmé que j'étais fait pour ça. En même temps, ça te donne une image et c'est cette image que les gens ont maintenant, parce que mon premier album, même si ce n'était pas un échec, n'a pas fait un virage. C'est cet album-ci qui va faire le virage, j'ai confiance.
La chanson «Habillez-moi» évoque les critiques qu'on vous a adressées. Elles vous ont blessé?
C'est très drôle quand j'entends ce qu'on a pu dire sur moi: il est un peu lisse, un peu fade, il chante bien mais bon... Les critiques font partie de ce métier, il faut les accepter. Avec le recul, je les prends différemment. Là le propos est un peu arrogant, c'est: vous pouvez m'habiller de toutes les façons possibles, vous ne changerez pas qui je suis et où je veux aller. Donc c'est une force, ça montre un peu plus de caractère chez moi... Je ne suis pas que le mec qui dit oui, qui fait des sourires et qui est angélique, il y a autre chose en moi, quelque chose de plus fort, de plus profond.
Quelle est votre ambition dans ce métier?
C'est de construire ma carrière petit à petit, c'est d'avoir un maximum de public, que les gens aient envie d'acheter mon album et que je puisse vivre de ça encore dans dix ans. Je sais que j'ai trouvé ma voie, c'est évident. Aujourd'hui je tiens les rênes de mon «entreprise», comme ça je ne pourrai jamais me reprocher de n'avoir pas fait le maximum. Après, je me souhaite de prendre ma place sans prendre celle des autres, parce que je suis persuadé que j'ai ma façon de faire les choses, mes avis, mes valeurs, et que la musique est le langage qui me permet d'exprimer tout ça... Aujourd'hui je suis plus ancré au sol, plus solide, je vais plus à l'essentiel. J'ai du recul et je me dis: «Manu, travaille dans ton coin et on en reparlera» (rires)!
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