CONCERTLe pianiste et compositeur François Lindemann et son quartette jouent à la Ferme-Asile samedi.
«J'aime varier les plaisirs, ne pas m'enfermer dans un style uniquement.» François Lindemann, pianiste de jazz réputé, apprécie les changements, jonglant aisément entre les solos, les duos ou les formations plus larges, comme Piano Seven, un groupe qui marche fort depuis plus de vingt ans. Pour son concert de samedi, à la Ferme-Asile à Sion, le musicien viendra avec son quartette.
Le pianiste, également compositeur, est davantage axé sur ses oeuvres que sur les reprises de thèmes connus. «Je préfère jouer mes compositions, je n'ai pas envie de délivrer des standards du jazz, des grands musiciens l'ont fait avant moi, et mieux que moi.»
Le jazz, François Lindemann est tombé dedans tout petit, comme on dit. «J'écoutais les 78 tours de mon père dans les salons VIP de son hôtel, et je choisissais plutôt le jazz que Gilbert Bécaud.» Autodidacte, le pianiste aime se produire sur scène. Ici et ailleurs, comme en Asie du Sud-Est, où il se rend régulièrement depuis vingt-cinq ans, tant pour des raisons personnelles - «J'aime la manière de vivre des bouddhistes» que professionnelles: «On y va chaque année avec Piano Seven, jouer dans des grandes salles ou des petits clubs de jazz.» De ces voyages, le pianiste retire une ouverture sur la musique traditionnelle de là-bas.
Pour François Lindemann, «le jazz reste une musique de création plutôt que d'interprétation». «Les jazzmen sont des éponges, qui prennent des choses un peu partout, un truc dans l'electro, un autre truc ailleurs, comme pour composer un bouquet.» Il tire encore un parallèle entre la musique et la vie: «S'il y a des scories, des erreurs dans les impros, cela crée toujours des marchepieds pour passer dans une autre direction créative. C'est comme quand on tombe et on se casse le pied, cela nous permet de nous arrêter un moment pour regarder autour de nous.»
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