MONCEF GENOUDL'artiste de jazz se produira à Sion demain et samedi dans «Novecento».
«La musique est omniprésente dans mon esprit. Il n'a jamais été question que je l'abandonne. Elle est ma raison de vivre», s'enthousiasme Moncef Genoud (49 ans). Le pianiste de jazz - qui sera sur la scène du Carnotset des artistes de Sion dès demain (cf. encadré) - a pu nourrir sa passion grâce à son père. «Mon papa était un grand fan de jazz qui passait souvent des disques de Louis Amstrong et Fats Waller à la maison.» A 6 ans déjà, Moncef Genoud - aveugle de naissance - prenait des cours de piano. «J'ai aussi beaucoup appris par moi-même, tout en faisant du piano classique au conservatoire.» Moncef Genoud est ensuite parti suivre des cours de jazz aux Etats-Unis.
A 22 ans déjà, il était devenu musicien professionnel. «J'ai toujours voulu faire ce métier. J'ai juste eu une courte hésitation lorsque j'ai fini ma maturité artistique. Je me suis demandé si je ne voulais pas devenir physiothérapeute, mais cela n'a pas duré longtemps», raconte-t-il.
Le musicien a ensuite joué avec les plus grands, comme Bob Berg, Dee Dee Bridgewater ou encore Youssou N'Dour. Un parcours qui l'a emmené dans le monde entier, de l'Europe aux Etats-Unis en passant par le Japon. «Je me dis que c'est pas mal jusqu'à aujourd'hui», souligne-t-il. «Mais, on peut toujours faire mieux, avoir plus d'opportunités. Par exemple, j'aurais été davantage reconnu si j'avais pris l'option de jouer plus commercial. Mais je n'ai aucun regret par rapport à cela.»
Moncef Genoud a toujours été fidèle à lui-même. «Je ne suis pas quelqu'un d'angoissé de ce qui peut se passer demain.» Il ne pense pas trop à la mort. «Parfois j'en ai peur, parfois non. Mais tout le monde a plus ou moins peur de la mort, non? Mon père était peut-être la seule personne qui disait qu'il se sentait prêt à mourir et que je croyais.»
Le papa de Moncef s'est éteint en octobre de l'année dernière. «Après sa mort, j'ai retrouvé toutes les coupures de journaux me concernant. Je ne savais pas qu'il avait gardé tout cela. C'était émouvant de voir combien il avait été fier de moi», souligne le musicien avec admiration. «D'une certaine manière, je communique encore avec lui aujourd'hui, même s'il est parti.» Et la musique est un excellent vecteur pour aller au-delà des mots. «La musique, c'est un ressenti que j'éprouve depuis toujours. Mais tout le monde peut le ressentir. Il suffit de fermer les yeux. On vit alors les choses différemment, on sent la vibration des gens aussi», explique-t-il.
Moncef Genoud voudrait faire partager son amour du jazz aux habitants des pays qu'il parcourt (Cuba, Japon, etc.). «J'aimerais leur jouer mes compositions, vivre des moments émotionnels et musicaux avec eux. Ce serait un rêve aussi qu'ils m'apprennent leur musique. Et, mon projet serait de filmer tout cela pour en faire des documentaires qu'on pourrait proposer à des chaînes comme Arte. J'ai participé récemment à un documentaire avec Youssou N'Dour et ça m'a donné envie de continuer un peu cette expérience cinématographique», raconte le musicien.
Un rêve parmi d'autres. Les projets ne manquent pas pour Moncef Genoud. Le musicien envisage par exemple d'accompagner d'autres artistes, dans différents registres comme la variété. «J'ai envie de m'exprimer dans plusieurs univers musicaux.»
Car s'il croit que chacun a un destin, il est aussi certain que l'être humain se crée son propre chemin. «Il y a une ligne tracée, mais c'est quand même nous qui choisissons telle ou telle voie», conclut-il avec sérénité.
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