PORTRAITJean-Claude Gaberel travaille depuis trente ans dans le domaine du son. Sa passion de l'enregistrement l'a fait côtoyer les plus grands musiciens classiques. Depuis deux ans, il vit en Valais.
C'est à Grimisuat, au studio d'enregistrement Tibor Varga, que nous avons rencontré Jean-Claude Gaberel. Peu connu du grand public, l'homme est une référence dans le milieu de la musique classique. On recherche sa touche, sa patte, son style. En trente ans de métier, il a créé «un son Gaberel».
En pleine séance d'enregistrement du quintette La Bandànéon, casque sur les oreilles, crayon de papier à la main, Jean-Claude Gaberel suit la partition, gribouille quelques notes (entendez: remarques) avant d'intervenir auprès des musiciens. Voix douce, ton mesuré, il commente la prestation. «Mon rôle est d'amener le musicien à son paroxysme. Au meilleur de lui-même», déclare Gaberel. Une sorte de révélateur, finalement. Car cet ingénieur du son peu ordinaire ne se contente pas d'enregistrer, de sélectionner et de mixer les interprétations les plus parfaites, il se veut passeur d'émotions. Sa devise: «La technique au service de la musique», afin de respecter le compositeur et l'interprète.
Il n'a pas suivi le cursus traditionnel. Pas de grandes écoles, pas de formation spécifique. Juste un amour de la musique, une oreille hors du commun et la passion de l'enregistrement.
En vrac, Jean-Claude Gaberel a été mécanicien de précision, électronicien, trompettiste puis, à la faveur des circonstances et d'une passion, a endossé le costume d'ingénieur du son. «J'adorais la musique, mais le rôle de trompettiste ne me comblait pas. A l'époque, la musique ancienne n'avait pas encore la cote. Et puis, j'étais trop individualiste pour aller dans un orchestre, il me fallait trouver une autre aventure...» Avec un copain, Pierre Steulet, actuellement patron des radios locales de l'Arc jurassien, il lance Image & Son. L'amitié demeure, la société se scinde en deux. Pierre Steulet concentrera son activité dans la région jurassienne, Jean-Claude Gaberel préférera, jusqu'il y a peu, le lac de Neuchâtel. Aujourd'hui, son entreprise a 30 ans. Il a enregistré les plus grands musiciens classiques, les plus belles voix du monde. Il a même réinventé une voix de castrat pour le film «Farinelli» de Gérard Corbiau, ce qui lui vaudra, en 1995, le César du meilleur son.
En jetant un coup d'oeil sur le passé, Jean-Claude Gaberel se souvient des événements qui ont changé son destin. «D'abord, pour apprendre, j'enregistrais tous les musiciens qui passaient. J'y consacrais tout mon temps libre. Ensuite, j'ai su saisir les opportunités (organisation d'une grande manifestation pour des importateurs de matériel hi-fi, remplacement au pied levé d'un ingénieur pour Philips collaboration avec la TSR, etc.). Enfin, j'ai osé lâcher un boulot bien rémunéré pour me lancer dans l'aventure du son. Je suis un tenace, un volontaire, je vais jusqu'au bout... Un peu comme les Valaisans.»
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