CELINALa musicienne de Miège était l’invitée d’une chaîne de radio allemande la semaine dernière.Reportage.
«Ça fait longtemps qu'on voulait t'avoir», souligne l'animateur de radio allemand Gerd Heger à l'égard de Célina Ramsauer, la chanteuse-musicienne valaisanne. L'accueil est enthousiaste pour l'artiste de Miège qui a fait le déplacement jusqu'à Sarrebruck, une ville du sud-ouest de l'Allemagne - à deux pas de la frontière française - pour enregistrer une émission sur la SR, la chaîne de radio de cette région allemande. «Notre émission s'appelle Bistrot musique et existe depuis 1996, explique Suzanne Wachs, l'organisatrice. Le but est vraiment de promouvoir la chanson française en Allemagne; notre radio est la seule à diffuser régulièrement des chansons francophones dans ses programmes.»
Plus de nonante artistes ont déjà été invités dans cette émission, dont Enzo Enzo, Romain Didier ou Isabelle Boulay.
La semaine dernière, c'était donc au tour de Célina de donner un concert devant une centaine de spectateurs, concert qui sera diffusé ces prochains jours. Venue avec «Léon», son accordéon, l'artiste a présenté une dizaine de ses chansons, dont l'incontournable duo avec Georges Moustaki. «On a tellement d'admiration pour Moustaki ici», s'est exclamée Suzanne Wachs. «Ta chanson avec lui m'émeut à chaque fois», ajoute-t-elle. «Je me réjouis de l'entendre sur scène.»
Mais, avant de donner son concert, la Valaisanne a dû enregistrer une interview et effectuer un sound check minutieux. Une journée-marathon pour l'artiste.
Tout commence à midi. Le présentateur-journaliste Gerd Heger tient à faire connaissance avec Célina pendant le repas à la cantine de la radio. «Nous passons tes disques régulièrement», informe-t-il d'emblée. Une fois le contact établi, il propose une interview à Célina. Dans le studio de la SR, l'animateur tente de dresser le portrait de la trentenaire. «Est-ce important pour toi de mettre des messages dans tes chansons?», demande-t-il. L'artiste de Miège sourit. «Je fais attention avec le terme d'engagement, car je suis consciente que ce n'est pas moi qui vais changer la planète, mais il y a des choses que j'ai envie de dire ou de dénoncer. Mes chansons transpirent ma manière d'être. J'essaie d'être vraie avec moi-même d'abord», répond Célina.
Les questions tournent ensuite autour du célèbre accordéon de la musicienne. «J'ai grandi avec cet instrument. Si l'on m'enlèvait mon accordéon aujourd'hui, on m'enlèverait une partie de moi-même». Une fois l'interview terminée, chacun donne ses impressions. «Avec le casque, tu ressembles à Susan Sarandon», remarque Gerd Heger. «C'est drôle, Moustaki me l'a aussi dit», réplique Célina. «C'est de bon augure pour moi qui rêve de faire du cinéma», ajoute-t-elle en riant.
Après l'interview, place au sound check. Dans la salle de concert, les techniciens sont déjà en place. Immédiatement, ils placent les micros. Les réglages peuvent commencer. Patiemment, la musicienne rejoue l'un de ses morceaux, pour trouver le son adéquat pour l'enregistrement du soir. «Les spectacles sont enregistrés et remixés après le concert; ils seront diffusés par extraits. Les artistes peuvent d'ailleurs utiliser ensuite cet enregistrement pour en faire un disque s'ils le souhaitent», explique Suzanne Wachs. D'où un souci de perfection de la prise de son. «C'est OK pour vous?», demande la Valaisanne aux ingénieurs du son. «Ja, pour nous c'est OK», répondent-ils en choeur. Reste alors à patienter dans les loges avant le lever de rideau. Célina pianotte encore un peu sur «Léon».
20 heures. Le concert débute. Célina salue le public et entame son tour de chant. Une heure plus tard, rassurée par les applaudissements nourris, elle peut enfin se reposer. «C'était magnifique», la félicite alors Suzanne Wachs. Célina quitte l'Allemagne l'esprit serein.
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