09.10.2012, 18:37 - Monde
Actualisé le 09.10.12, 18:45
Syrie: des attents frappent le régime à Damas
SYRIE
Le siège des services de renseignement de l'armée de l'air, l'un des organes du régime les plus actifs dans la répression, a été la cible d'attentats suicide dans la nuit de lundi à mardi
Crédit: KEYSTONE
Le renseignement syrien a été frappé en son coeur dans la banlieue de Damas lors d'une série d'attentats, alors que l'armée semble vouloir "nettoyer" Homs. Pour la première fois, des déplacés syriens ont pu rejoindre un camp administré par la rébellion.
Le siège des services de renseignement de l'armée de l'air, l'un des organes du régime les plus actifs dans la répression, a été la cible d'attentats suicide dans la nuit de lundi à mardi qui ont fait au total une centaine de morts et de blessés, ont rapporté des opposants au régime. Ces attaques ont été perpétrées à Harasta, dans la banlieue de Damas.
Mais ce bilan reste difficile à vérifier en l'absence de sources d'informations indépendantes sur place.
Revendiqué par al-Nosra
Le Front al-Nosra, groupuscule salafiste en lutte contre le régime du président Bachar al-Assad, les a revendiquées sur Facebook. Il a confirmé avoir voulu viser avec deux voitures bourrées d'explosifs des installations de l'armée de l'air. "Ensuite, nos combattants ont tiré des obus sur ce qui restait du siège", a-t-il ajouté.
Selon l'opposition et des résidents du quartier, l'attaque a provoqué d'importantes explosions. "De fortes ondes de choc ont fait voler les vitres en éclats et dévasté les devantures des magasins. C'est comme si une bombe avait explosé dans chaque maison du quartier", a décrit un habitant.
Les militaires travaillant dans ce complexe ont joué un rôle majeur dans la répression contre l'insurrection, selon al-Nosra, qui évoque une "citadelle de la répression dont l'ampleur n'est connue que de Dieu". Le groupuscule a notamment présenté ce siège comme l'un des centres de torture utilisé depuis 2011 par le régime.
Les forces de sécurité ont bouclé le secteur et des tireurs d'élite ont été déployés le long des rues près du site.
"Massacre" à Homs
Homs, dans le centre du pays, a pour sa part été la cible d'une offensive des troupes du régime qui tenteraient d'écraser les dernières poches de résistance dans ce poumon industriel de la Syrie. Le quartier rebelle de Khaldiyé a été particulièrement visé, un militant sur place expliquant même craindre un "massacre".
"Nos valeureuses forces armées ont sécurisé de larges parties de Khaldiyé et traquent les terroristes encore présents", a affirmé de son côté la télévision officielle syrienne, qui évoque des "cachettes" détruites où étaient stockées des bombes et des munitions.
En concédant l'avancée des soldats loyalistes, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), proche des rebelles, estime qu'ils n'ont pas complètement pris les lieux.
"Si l'armée réussit à prendre totalement le quartier, ce sera une catastrophe pour les 800 familles qui s'y trouvent. Il y aura un massacre sans précédent depuis le début de la révolution", a d'ores et déjà averti un militant proche des insurgés.
Les rebelles se sont quant à eux emparés d'une ville stratégique du nord du pays, sur l'autoroute reliant Damas à Alep, selon l'OSDH. "Les forces loyalistes se sont retirées de tous les barrages à l'intérieur de Maaret al-Noomane, à l'exception d'un à l'entrée de cette ville, à l'issue de 48 heures de combats", selon l'ONG.
Réfugiés déplacés
Le transfert des déplacés syriens, installés dans un campement le long de la frontière turque, a d'autre part débuté mardi vers un camp spécialement aménagé dans le village voisin de Qah, a constaté un journaliste de l'AFP. Financé par des fonds libyens, il s'agit du premier camp dans les territoires sous contrôle de la rébellion.
Sur un plan diplomatique, le président al-Assad a nommé un nouvel ambassadeur en Irak, Sattam Jadane al-Dandah, en remplacement de son prédécesseur, Nawaf Farès, qui avait été le 11 juillet dernier le premier diplomate syrien en poste à avoir fait défection.
Enfin, le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen a indiqué que l'Alliance atlantique "dispose de tous les plans nécessaires pour protéger et défendre la Turquie si nécessaire". Mardi, la tension demeurait vive à la frontière avec la Syrie.
Source: ATS
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