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08.02.2012, 19:29 - Monde
Actualisé le 08.02.12, 19:35

L'ancien président des Maldives dénonce un coup d'Etat

M. Nasheed a déclaré qu'il soupçonnait le nouveau chef de l'Etat, Mohamed Waheed, d'avoir eu connaissance d'un complot pour le renverser.
Crédit: KEYSTONE

L'ancien président des Maldives Mohamed Nasheed affirme avoir été évincé du pouvoir par un coup d'Etat.

Il a appelé mercredi son successeur à démissionner. Des heurts ont commencé à éclater entre ses partisans et la police à Malé, la capitale de cet archipel de l'Océan Indien.

Pour la première fois, les violences se sont également étendues mercredi en dehors de la capitale: des manifestants ont attaqué des postes de police et mis le feu à des bâtiments gouvernementaux sur au moins quatre îles, au nord et au sud de l'archipel.

M. Nasheed, qui a démissionné mardi, a été blessé mercredi et brièvement hospitalisé après avoir été frappé par la police lors d'un rassemblement de ses partisans dans le centre de la capitale, Malé, a indiqué sa cousine. Des membres de son parti, le Maldivian Democratic Party (MDP), ont aussi été blessés lors des heurts, a précisé Eva Abdulla, également membre de ce parti.

M. Nasheed a déclaré qu'il soupçonnait le nouveau chef de l'Etat, Mohamed Waheed, d'avoir eu connaissance d'un complot pour le renverser. "Je crois qu'il a toujours entretenu l'idée de devenir président. Il n'en a jamais été capable. Quand l'occasion s'est présentée, il l'a saisie", a-t-il dit en parlant de son ancien vice-président. Ce dernier a démenti ces accusations.

Demande d'enquête

Mohamed Nasheed, 44 ans, a affirmé avoir été "forcé de démissionner" sous la menace de rebelles armés au sein de la police et de l'armée. "Ils m'ont dit que si je ne démissionnais pas, ils devraient faire usage de leurs armes", a-t-il dit au téléphone, de sa résidence familiale.

Devant des cadres de son parti, le MDP, M. Nasheed a appelé son successeur à démissionner. Il a également demandé à la justice d'ouvrir une enquête sur "le coup d'Etat d'hier (mardi)".

Des heurts entre la police et plusieurs milliers de ses partisans se sont produits sur une place du centre de Malé. Les forces de sécurité ont tiré de gaz lacrymogène pour disperser la foule qui leur jetait des pierres. L'instabilité politique et ces heurts nuisent à l'image du pays, surtout connu pour ses paysages de carte postale.

Mutinerie

Mohamed Waheed a été investi mardi dans les fonctions de chef de l'Etat après la démission de M. Nasheed, dans la foulée d'une mutinerie de policiers et de plusieurs semaines de manifestations d'opposants dans la capitale de l'archipel, peuplé de 330'000 musulmans sunnites. M. Nasheed était arrivé au pouvoir en 2008, à l'issue du premier scrutin présidentiel démocratique.

Dans sa première allocution mercredi en tant que chef d'Etat, M. Waheed a démenti les allégations de complot. "Il est faux de qualifier les événements de coup d'Etat. Nous ne savions pas ce qui allait se passer, je n'y étais pas préparé", a-t-il assuré.

M. Waheed a dit plancher sur un vrai gouvernement multipartite, qui inclurait toutes les formations politiques, y compris le MDP. Les partis islamistes seront aussi représentés au sein du nouveau gouvernement, a précisé M. Waheed. L'islam est la seule religion officielle des Maldives.

Un coup des islamistes?

Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Naseem a de son côté accusé les partis islamistes d'être responsables de la démission du président: "J'étais avec le président mardi et je sais ce qui s'est passé. Ce n'était rien d'autre qu'un coup d'Etat des islamistes", a-t-il dit.

Selon la police, des statues bouddhistes ont été renversées mardi par la foule au musée national, un acte de vandalisme attribué par l'ancien président à des islamistes radicaux.

Amnesty International (AI) a pressé mercredi les nouvelles autorités d'"éviter de persécuter des membres du parti de Nasheed". L'Union européenne (UE) a exprimé sa "profonde préoccupation" et demandé que les autorités respectent la Constitution et l'Etat de droit.

Mohamed Nasheed avait ouvert la voie à la démocratie aux Maldives après trente ans de dictature du président Maumoon Abdul Gayoom. Il avait aussi milité contre le réchauffement climatique, alertant de la menace de la montée des eaux. Mais des problèmes économiques, en particulier un fort taux d'inflation, ont affecté sa popularité.

Source: ATS/AFP/RTF



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