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29.05.2012, 18:25
Actualisé le 29.05.12, 18:34

La procureure ne trouve aucune circonstance atténuante aux accusés

La procureure Anne-Laure Huber a été sans concession mardi lors de son réquisitoire sur l'affaire du meurtre de Cointrin (GE). Elle a demandé aux juges de ne reconnaître aucune circonstance atténuante aux quatre accusés, coupables selon elle d'un acte monstrueux.

Les prévenus sont jugés depuis une semaine par le tribunal criminel de Genève pour le meurtre d'un homme de 44 ans commis en 2008. Sur le banc des accusés sont assis la compagne de la victime, 39 ans, sa mère, le tueur à gage présumé et un marchand de chevaux qui a servi d'intermédiaire entre les protagonistes de l'affaire.

Coupables d'assassinat

Mme Huber a demandé que l'ex-femme du défunt ainsi que le tireur présumé soient reconnus coupables d'assassinat et les deux autres prévenus d'instigation à assassinat. Si le tribunal criminel suit le réquisitoire de la représentante du Ministère public, les quatre accusés risquent une peine pouvant aller jusqu'à la prison à vie.

Le tueur à gage présumé, soupçonné d'avoir abattu la victime de deux balles dans la tête durant son sommeil, ainsi que le marchand de chevaux, contestent les accusations et plaident leur acquittement.

Selon Mme Huber, la femme de la victime a décidé de supprimer son compagnon pour un unique mobile: l'argent. Les menaces dont elle aurait fait l'objet et la peur que lui inspirait son mari ne sont pas crédibles aux yeux de la représentante du Ministère public. Au lendemain du crime, "elle se rue sur l'héritage comme un vautour".

Préméditation

Ce qui a scellé la mort du mari c'est sa décision de divorcer, a noté Mme Huber. Il y a eu une très longue préméditation. De la décision de tuer jusqu'au meurtre, 24 jours se sont écoulés, a rappelé la procureure.

Les explications données lors du procès par le tueur à gage présumé ont également été balayées par Mme Huber. Pour elle, il existe trop de coïncidences pour ne pas croire à la culpabilité du prévenu. L'homme, qui habite Fribourg, était ainsi à Genève la nuit du meurtre et deux jours avant pour effectuer des repérages.

La mère de l'accusée a participé à une décision monstrueuse sans même s'assurer que sa fille était réellement menacée par son mari, a relevé Mme Huber. "Cette affaire se résume à une mise à mort préméditée pendant des semaines entre plusieurs personnes", a conclut Mme Huber.