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FC Sion

11.08.2012, 08:01 - Fc Sion
Actualisé le 11.08.12, 08:27

Interview de Gennaro Gattuso: "La motivation est encore plus forte qu'à Milan"

Gennaro Gattuso se sent bien dans son nouvel environnement où il s'est installé avec sa famille. BITTEL

Rencontre avec le joueur du FC Sion avant le derby contre le Lausanne de Laurent Roussey ce soir à La Pontaise (19 h 45).

 

Gennaro Gattuso épate les observateurs. "Où va-t-il chercher la motivation pour s'engager de cette manière durant l'entraînement à 34 ans?" lâche un supporter du FC Sion au bord du terrain de Martigny-Bourg jeudi. 

L'interrogation, spontanée, résume le personnage. Annoncé en retraite en Suisse par les critiques les plus affûtés ou en vacances dans les montagnes valaisannes par les plus modérés, le milieu de terrain italien donne sa réponse sur la pelouse depuis la reprise du championnat de Super League.

Le champion du monde de 2006 a rangé sa carte AVS dans un dossier à Gallarate, son lieu de résidence transalpin, près de Milan. Il a pris dans ses bagages sa mentalité de gagneur et sa passion du foot. Christian Constantin cherchait un compétiteur, il a recruté l'un des meilleurs dans ce domaine.

Rencontre avant le derby contre le Lausanne de Laurent Roussey ce soir à La Pontaise (19 h 45).

Comment se porte Gennaro Gattuso après deux mois de séjour en Suisse?

Je me sens très bien. Je savais dès le premier jour que mon choix impliquait de me mettre à disposition des autres et non l'inverse.

Le quotidien et la réalité sont totalement différents de ceux que j'ai connus au Milan durant treize ans. Cela ne m'a pas surpris.

Nous sommes peu nombreux dans le club, mais tout le monde s'engage chaque jour comme dans une grande famille pour atteindre notre objectif. Le foot suisse est vrai, authentique et un peu ingénu.

Il demande beaucoup de sacrifices, il me plaît. Les jeunes sont nombreux, cela signifie qu'il possède une grande marge de progression. Le jeu moderne a fait disparaître les numéros 7 et 11 sur les extérieurs, en Suisse, ils existent encore.

Les joueurs étrangers relèvent souvent de manière négative que tout le monde court pendant nonante minutes en Suisse...

Si tu ne cours pas sur le terrain aujourd'hui, tu ne joues pas au plus haut niveau. La présence des jeunes explique le rythme élevé. Il oblige à travailler fort durant la semaine comme nous le faisons à Sion.

Et vous devez porter vous-même votre sac...

Les journalistes italiens ont fait tout un plat avec cette histoire. Je l'ai simplement oublié quatre ou cinq fois dans le vestiaire ou à la maison lors des premières journées parce que je n'en avais pas l'habitude. Mais c'est terminé maintenant.

Etes-vous complètement rassuré après les troubles de la vue (une myasthénie oculaire) qui vous ont privé d'une grande partie de la saison dernière?

Non, je n'ai pas l'assurance qu'ils ne reviendront pas. Je suis un traitement quotidien qui me permet d'être bien. Voir les personnes en triple ou en quadruple est terrible. Ça ne s'oublie pas.

Comment maintenez-vous votre motivation en passant du Milan AC au FC Sion?

Le foot est ma passion. Je ne joue plus pour l'argent. J'en ai gagné beaucoup et j'en possède suffisamment. Il ne me manque pas. Si je devais penser à mon compte en banque en me rendant à Tourbillon, à Riddes ou à Martigny, ça ne vaudrait plus la peine de me lever le matin.

Vous êtes déjà le leader du groupe...

Le mot n'est pas approprié. Je ne suis pas seul. Bühler, Vanczak, Andris, Xavier, Dingsdag jouent leur rôle d'anciens.

Moi, je fais tout pour que nous formions un groupe compétitif. Je dois remercier Didier (ndlr. Crettenand) qui officie comme traducteur et à qui je casse les pieds tous les jours. J'ai gagné et perdu des matches importants dans ma carrière, beaucoup.

Les deux m'ont appris qu'il faut posséder une véritable unité de personnes qui vivent bien ensemble. L'échec naît souvent du fait que des comportements individuels ont pris le dessus sur les règles du collectif. Et là, ça devient compliqué. Je peux devenir méchant si le respect disparaît.

Je m'investis totalement pour mon club et je n'accepte pas que quelqu'un se comporte comme il le veut. Si cela arrive, il faudra choisir entre lui et moi.

Sion bénéficie donc du même Gattuso que l'AC Milan...

Selon moi, il est même plus motivé, plus enthousiaste et avec plus de responsabilités. Durant toute la semaine, l'impatience grandit dans l'attente du match du week-end.

Ces sensations avaient disparu depuis quelque temps. Si certains m'accueillaient comme vacancier ou comme retraité en Suisse, je n'y peux rien.

Ce sont des paroles qui ne m'ont jamais affecté, je ne connais pas la langue. Je savais qu'il fallait "pédaler" ici et je suis venu pour ça. Mon unique préoccupation est la santé. Le reste, je m'en occupe tout seul.

 

Par STEPHANE FOURNIER




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