Valaisans d’ailleursMarc Paelinck est compositeur. Belge et fou de montagne, il vit à Signèse. Il s’est envolé pour Moscou où il concourt à l’Eurosong.
Tout est très bien rangé chez Marc Paelinck, structuré, méthodique. Pas de partitions étalées sur le canapé, de mémos sur le frigo, d’idées griffonnées en hâte. Nous sommes pourtant bien chez un compositeur, de ceux qui flirte avec les grands noms de la musique dite « commerciale » : Michael Garvin, parolier de Jennifer Lopez est son collaborateur régulier, Francisca Urio, participante à la version allemande de Popstar, interprète certaines de ses oeuvres. En 2005, la chanson que Marc avait composée pour une artiste maltaise appelée Chiara est arrivée deuxième à la finale de l’Eurosong.
Si rien ne traîne chez Marc, c’est parce que tout tient dans son ordinateur portable. « A l’heure actuelle, je n’ai plus besoin d’un clavier et d’un matériel compliqué pour réaliser mes maquettes. Les programmes informatiques sont suffisants. » Internet lui permet de composer au calme de son chalet à Signèse. « Je parle avec mes collaborateurs grâce à skype et nous nous échangeons les projets en cours sur la toile. » Mais l’échange virtuel ne remplace pas toujours le contact. Marc prend l’avion régulièrement pour Bruxelles où les chansons sont enregistrées. Flamand d’origine, c’est encore chez lui ou en Hollande qu’il a la plupart de ses contacts professionnels.
Le cheveu ras, des vêtements de sport et le teint bronzé, Marc a plus l’air d’un alpiniste du cru que d’un compositeur de tubes. C’est pour l’amour des sommets qu’il est venu vivre ici il y a quatre ans. « Je connais le Valais depuis mon enfance. J’y venais toujours en vacances avec mes parents. Aujourd’hui, je ne le quitterai plus jamais. » En toute saison, il arpente les montagnes, gravit des 4000. Les murs du chalet sont couverts des photos de ses ascensions.
Seul signe visible de sa carrière, un piano à queue ébène sur lequel se reflète les boiseries du salon. Marc a commencé à jouer des touches à cinq ans, dans le garage de ses parents. Après des études au Conservatoire, il a obtenu deux diplômes supérieurs. « Peu de gens y parviennent, il fallait sans doute avoir un don mais aussi beaucoup travailler. Ma force c’était la lecture à vue. C’est pour cela que je suis devenu concertiste.» Pendant neuf ans, il accompagne des solistes. Il travaille beaucoup, joue toutes les partitions classiques. Tellement qu’un jour, saturé, il décide de se tourner vers une autre musique. « On est plus libre qu’avec le répertoire classique. » Enfin, plus libre parce qu’il n’y a pas de partitions mais il faut tenir compte des goûts du grand public. « La musique que j’écris n’est pourtant pas celle que j’aurais envie d’écouter dans mon salon. »
Qu’importe. L’affaire marche plutôt bien. IL y a dix jours, Marc Paelinck s’est envolé pour un voyage de deux semaines à Moscou. Il a composé une ballade « presque classique » pour Chiara, « cela sied bien à l’image et à l’énergie qu’elle dégage sur scène. La cohérence globale d’un artiste est souvent plus garante de son succès que la qualité de sa musique. » Ils vont la présenter ensemble à l’Eurosong 2009. Une édition qu’ils ont quelques chances de gagner.
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