Italie ingouvernable: les marchés paniquent

Les marchés financiers réagissent très négativement au scénario politique qui se matérialise en Italie. La zone euro pourrait en subir de nouvelles conséquences.
07 août 2015, 11:03
/ Màj. le 20 oct. 2015 à 10:39
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Les marchés financiers mondiaux étaient sous le choc mardi après la matérialisation inattendue de l'un des pires scénarios politiques en Italie: celui d'un pays potentiellement ingouvernable, qui fait craindre une nouvelle poussée de fièvre en zone euro.

"Non habemus majoritate", plaisante Bruno Cavalier, économiste de Oddo Equities, en référence à l'incertitude au Vatican liée à la démission annoncée du Pape. Evanouis les derniers espoirs de voir la gauche italienne former une majorité au Sénat avec l'appui du mouvement de Mario Monti, les Bourses se sont effondrées, notamment Milan qui chutait de plus de 4,5% à la mi-journée.

Paris, Francfort, Londres, Madrid et Bruxelles reculaient toutes de 1,5% ou davantage. Wall Street et Tokyo avaient auparavant elles aussi clôturé en forte baisse de respectivement 1,55% et 2,26%. La Bourse suisse était en baisse de 1,8% en début d'après-midi, avec tous les titres du SMI dans le rouge sauf Givaudan.

L'euro a également piqué du nez face au dollar et au yen, et les taux italiens et espagnols se sont nettement tendus sur les marchés obligataires.

Coup de froid

Les marchés financiers, qui misaient encore lundi, avec une certaine confiance, sur une alliance pro-réformes entre le dirigeant du centre gauche Pier Luigi Bersani et le président du Conseil sortant Mario Monti, l'option la plus favorable du point de vue des marchés financiers, en ont été pour leurs frais.

D'où le coup de froid boursier, dont la durée paraît difficile à pronostiquer alors qu'aucune solution ne se profile pour l'instant. "Les acteurs de marché devraient demeurer sur le qui-vive étant donné que le scrutin italien a débouché sur l'un des pires résultats possibles", selon les économistes de Commerzbank.

"L'instabilité politique va probablement se poursuivre à court terme et ralentir la mise en oeuvre de réformes structurelles nécessaires, à moins que se forme une grande coalition entre le PD (Parti démocrate), le PDL (parti de Silvio Berlusconi) et le centre (de Mario Monti)", constatent leurs homologues de Barclays.

"L'Italie ne peut pas se permettre d'être piégée trop longtemps dans une impasse politique. Si cette situation perdure et que les partis échouent à s'entendre sur une grande coalition, la probabilité que l'Italie requière une ligne de crédit augmenterait", poursuivent-il, jugeant que le scénario de nouvelles élections serait le pire aux yeux du marché en raison de sa longueur et de l'incertitude qu'il comporte.