Espace: premier vol en orbite de la capsule Starliner, le prochain taxi de la Nasa

Starliner, la nouvelle capsule spatiale de Boeing, a été placé en orbite vendredi par la fusée Atlas V. Il s’agit d’un test grandeur nature pour qu’elle transporte des astronautes de la Nasa vers la Station spatiale internationale en 2020.
20 déc. 2019, 13:40
/ Màj. le 20 déc. 2019 à 13:50
La fusée a décollé de Cap Canaveral, en Floride.

La nouvelle capsule spatiale de Boeing, Starliner, a été lancée vendredi depuis la Floride pour une mission d’essai cruciale pour la Nasa. Mais un problème important affectait sa trajectoire initiale.

 

 

La mission non habitée doit durer huit jours, pour un aller-retour vers la Station spatiale internationale (ISS), et est une répétition générale pour la reprise des vols habités depuis les Etats-Unis, interrompus depuis 2011. Le décollage s’est déroulé normalement et la capsule s’est détachée sans problème de la fusée Atlas V environ un quart d’heure après le lancement, avant l’aube à Cap Canaveral.

Orbite «non nominale»

Mais l’insertion orbitale était «non nominale», ont indiqué Boeing et la Nasa, ce qui signifie que la capsule n’est pas encore sur la bonne trajectoire pour rejoindre l’ISS. Starliner n’a pas allumé ses moteurs comme prévu pour gagner en altitude et atteindre l’ISS, qui est à environ 400 km de la Terre.

 

 

Boeing a indiqué que la capsule était sur une «orbite stable». «Starliner a eu une insertion non-nominale. Mais nous contrôlons le vaisseau. L’équipe de navigation et de contrôle réfléchit à la prochaine manoeuvre», a tweeté Boeing. Puis la Nasa a brusquement mis fin à la retransmission en direct de la mission en promettant plus d’informations plus tard.

Starliner a pour seul passager un mannequin baptisé Rosie en l’honneur de «Rosie la riveteuse», la jeune ouvrière au biceps gonflé symbole des femmes engagées dans l’effort de guerre. Une peluche Snoopy a été ajoutée, non sanglée pour qu’elle puisse flotter lorsque le vaisseau arrive en apesanteur.

«Made in USA»

La Nasa n’a plus de moyens de transport pour ses astronautes depuis qu’elle a remisé ses navettes spatiales en 2011 après trente ans de service. Elle dépend des fusées russes Soyouz pour les allers-retours avec l’ISS, une dépendance dont Washington est pressé de s’émanciper, même si la coopération américano-russe dans l’espace est restée excellente au fil des années.

Sous la présidence de Barack Obama, l’agence spatiale a passé des contrats de milliards de dollars avec Boeing et SpaceX pour qu’elles mettent au point des capsules «made in USA». Après deux ans de retard, le programme aboutit enfin et l’homologation des véhicules ne dépend plus que des derniers tests de vols non habités.

Nous lancerons des astronautes américains à bord de fusées américaines à partir du territoire américain.
Jim Bridenstine, administrateur de la Nasa

«Au début de l’année prochaine, nous lancerons des astronautes américains à bord de fusées américaines à partir du territoire américain pour la première fois depuis la fin des navettes spatiales en 2011», a réaffirmé jeudi l’administrateur de la Nasa, Jim Bridenstine.