Valaistars
 13.09.2017, 17:00  

VTT: Florence Darbellay, gagnante du Grand Raid, a obtenu la reconnaissance du public

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Florence Darbellay court la Swiss Epic dans le Haut-Valais, trois semaines après sa victoire dans le Grand Raid.

 13.09.2017, 17:00   VTT: Florence Darbellay, gagnante du Grand Raid, a obtenu la reconnaissance du public

valaistars - Florence Darbellay, vainqueur du Grand Raid, est la Valaistar du mois d'août. Elle qui pratique un sport peu médiatique se réjouit de cette reconnaissance. D'ailleurs, depuis un mois, elle est régulièrement félicitée dans la rue.

Florence Darbellay n’en sort pas. C’est dans le cadre du Swiss Epic, à Loèche-les-Bains, une épreuve par étapes, que la Martigneraine, établie à Neuchâtel, apprend qu’elle est la Valaistar du mois d’août. A peine descendue de son VTT, après six heures d’effort, la récente gagnante du Grand Raid retrouve le sourire derrière le masque de la fatigue. «C’est trop cool, s’exclame-t-elle. J’étais déjà heureuse d’être nominée. Alors être tout devant... Je reconnais que j’ai alerté mon réseau, mes connaissances en Valais et à Neuchâtel afin qu’elles me soutiennent. Depuis, on n’arrêtait pas de me demander si j’avais gagné.»

Pour l’anecdote, c’est au côté de Cornelia Hug, sa... dauphine sur le Grand Raid, que Florence Darbellay dispute la Swiss Epic, une course par équipes qui se termine samedi à Zermatt. «Nous sommes encore dans le coup pour une place sur le podium.»

Comment avez-vous accueilli cette victoire à Valaistars?
Pour une fois, mes performances ne restent pas limitées au cadre assez restreint du VTT. Ma victoire au Grand Raid et ce succès à Valaistar m’offrent la reconnaissance d’un public plus large. C’est vraiment sympa. Je l’apprécie d’autant plus que le VTT n’est pas un sport très populaire. Encore que la médiatisation du Grand Raid, sa retransmission en direct à la télévision, a changé le regard des gens à mon encontre. Depuis, on ne me parle que de ça. A Neuchâtel surtout, un peu à Martigny, des gens que je ne connais pas m’accostent et me félicitent. Je vois même des personnes qui me reconnaissent et n’osent pas trop m’aborder. C’est assez drôle.

Et ça fait quoi d’être une «star», désormais?
N’exagérons rien. C’est quand même assez plaisant d’être reconnue, je l’avoue. Pour la première fois, je me suis sentie une athlète de haut niveau. J’ai aussi eu énormément de retombées médiatiques. C’est usant, certes, mais c’est génial. J’étais sur un nuage durant deux semaines. Croyez-moi, j’en ai bien profité. Je n’ai plus 20 ans (ndlr: elle en a 40), ça ne m’arrivera peut-être qu’une fois.

Ce succès a-t-il quelque peu changé votre vie?
Non. Le lundi matin, j’étais au travail comme d’habitude même si des collègues et des patients (ndlr: elle est chiropraticienne) étaient surpris que je sois là. Je dois manger à la fin du mois. Encore que le Grand Raid paie bien, 2000 francs pour la première. Il m’est arrivé de monter sur un podium en Coupe du monde et de toucher 300 euros (ndlr: 350 francs). J’ai quelques sponsors qui m’octroient des rabais sur le matériel. Je doute qu’ils augmentent considérablement. Par contre, mes adversaires me regarderont peut-être différemment.

Vous avez découvert le VTT à 32 ans. Huit ans plus tard, vous gagnez le Grand Raid. C’est aussi facile que ça, le VTT...
Huit ans, c’est court. Mais il faut voir l’investissement consenti en huit ans. Je ne fais pas les choses à moitié. D’ailleurs, depuis lors, je suis une semi-professionnelle en termes d’engagement personnel. Le but, c’était de prendre le départ du Grand Raid au moins une fois parce qu’à 32 ans, j’étais une sportive du dimanche qui se contentait occasionnellement d’une randonnée. Je me suis bien entourée ce qui m’a évité de tâtonner. A mon âge déjà avancé, je n’avais pas de temps à perdre. Par exemple, cette année, j’ai effectué quatre semaines de camp à l’étranger pour préparer le Grand Raid.

Le Grand Raid, était-ce une quête obsessionnelle?
Un très gros objectif, oui, mais pas une obsession. Je me dis que si le VTT devait s’arrêter aujourd’hui, je ne me serais pas investie autant, depuis huit ans, pour rien.

Souvent, vous êtes dans un état second à l’arrivée. Que vous inspire cette fatigue extrême?
Je me pose aussi des questions, en plein effort et à l’entraînement. A quoi bon? Je n’ai pas la réponse. A l’arrivée, la joie est aussi extrême et les émotions très fortes. Un vrai soulagement, une pointe de fierté et un partage avec mes proches, c’est ce que je retiens.

Quand on gagne l’une des courses mythiques en VTT, à domicile, quel est le prochain défi qui peut vous exalter?
Défendre mon titre, d’abord. Ce ne sera pas évident parce que j’ai conscience que quelques prétendantes, trois au moins, étaient absentes. D’ailleurs, je suis restée à dix minutes de mon record personnel. Je suis assez tentée aussi par les courses par étapes. Sinon, j’ai déjà dans le viseur les Mondiaux 2019 qui se dérouleront à Grächen. J’ai l’avantage du terrain, la possibilité de le reconnaître. Un top 10, pourquoi pas? Au niveau du Grand Raid, j’ai une petite envie que je garde encore pour moi... J’arrêterai le VTT le jour où mes performances se mettront à décliner. C’est trop d’énergie pour être écartée du podium.


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