Santé
 17.05.2017, 23:25

Dire stop aux fausses croyances

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Dire stop aux fausses croyances

 17.05.2017, 23:25 Dire stop aux fausses croyances

CONTRACEPTION La sexualité reste encore un tabou aujourd’hui. De fausses idées circulent toujours dans la société, poussant parfois à prendre des risques.

«La sexualité reste un tabou dans notre société. il y a beaucoup de fausses idées qui circulent encore à ce sujet. Ces croyances perdurent même parfois chez les adultes», note Mafalda Bellotto Veuthey, conseillère en Santé sexuelle et reproductive au centre SIPE (sexualité, information, prévention, éducation) de Martigny. Ces croyances peuvent pousser à prendre des risques qui peuvent mener à une grossesse non désirée. «C’est important de détricoter les croyances pour apporter de la connaissance», continue-t-elle.

Premières amours

Les jeunes pensent parfois qu’une grossesse ne peut pas débuter lors du premier rapport sexuel sans protection. «Sans contraception ou préservatif, une jeune fille peut tomber enceinte et un jeune homme devenir papa. Aussi, ils n’ont pas toujours conscience de la fertilité masculine. Dans le col de l’utérus, les spermatozoïdes peuvent vivre entre trois et cinq jours, parfois jusqu’à sept jours, même si c’est plus rare. L’aventure du samedi soir peut donc avoir des conséquences jusqu’au jeudi suivant», relève Mafalda Bellotto Veuthey. De la même manière, une jeune femme qui a eu plusieurs fois des relations sexuelles non protégées sans tomber enceinte n’est pas à l’abri d’une grossesse à l’avenir. «Les chances de grossesse se situent à 12-13% par cycle environ. Si le rapport a lieu pendant l’ovulation, il y aura plus de risque qu’il soit fécondant», souligne le Dr Nicolas Schneider, médecin-chef du pôle gynécologie-obstétrique de l’Hôpital du Valais. La méthode du retrait n’est pas non plus considérée comme contraceptive. «Le préservatif doit être mis dès le début de l’érection. La «rosée du désir» peut déjà contenir des spermatozoïdes», relève Mafalda Bellotto Veuthey. Les jeunes qui ont des questions à propos de leur sexualité peuvent en parler à leurs parents, mais ils peuvent aussi aller voir une conseillère dans un centre SIPE ou la contacter par mail. Ils peuvent aussi contacter des professionnels via le site ciao.ch, par exemple, pour trouver des réponses fiables.

La méthode naturelle

Certaines femmes choisissent de ne pas prendre de contraception. Elles se fient aux méthodes dites naturelles. «Elles prennent notamment leur température et observent leurs glaires. Cela reste une méthode hautement aléatoire», met en garde le Dr Schneider rappelant que le cycle peut être fluctuant et donc mettre à mal cette méthode. Mafalda Bellotto Veuthey ajoute que la femme qui y a recours doit se connaître parfaitement en ayant été, dans l’idéal, formée au préalable par un professionnel. Elle pourra ainsi repérer les changements dus aux émotions, par exemple.

Enceinte après avoir eu un bébé

Les suites de couche constituent une autre période à risque. Après un accouchement, la femme peut à nouveau tomber enceinte, et ce, même avant le retour de ses règles. De même, «l’allaitement n’est pas un moyen de contraception sûr», continue Nicolas Schneider, invitant les jeunes mamans ne souhaitant pas une grossesse rapprochée à utiliser une méthode contraceptive. Une information qu’elles reçoivent d’ailleurs dans les hôpitaux en Valais. «Lorsque ces femmes souhaitent à nouveau tomber enceintes, elles peuvent arrêter leur contraception et essayer sans devoir attendre plusieurs mois», explique le gynécologue.

Enfin, la dernière période à risque correspond à la pré-ménopause. «Dès 45 ans, les chances de grossesse se réduisent drastiquement pour devenir pratiquement nulles à 50 ans, mais elles restent possibles tant qu’il y a des règles», continue le Dr Schneider. «Il est donc toujours préférable d’utiliser un moyen de contraception si le couple n’a pas de désir de grossesse», poursuit-il. En cas d’accident ou de prise de risque, il vaut mieux prendre une pilule du lendemain – elle empêche la fécondation de l’œuf. «Elle peut être prise jusqu’à 120 heures après le rapport. Par contre, elle ne constitue pas un moyen de contraception en soi», termine Mafalda Bellotto Veuthey. Elle reste réservée aux situations d’urgence. Plus elle est prise rapidement, plus elle est efficace.

Connaître son corps

Comme tout le monde n’est pas forcément imbattable sur le sujet, petits rappels de quelques principes de base autour de la sexualité.

Durée du cycle menstruel De manière générale, le cycle féminin de référence dure 28 jours. Toutefois, chez certaines femmes, il peut être plus court ou plus long (entre 23 et 35 jours). Les émotions, le stress ou les changements de rythme de vie peuvent perturber la durée d’un cycle.

L’ovulation a lieu 14 jours avant le 1er jour des règles. Cette durée est immuable. Par contre la première partie du cycle peut varier. L’ovule a une durée de vie de 24 à 48 heures.

Durée de vie d’un spermatozoïde Arrivé à l’entrée du col de l’utérus, il peut vivre entre trois et cinq jours (parfois même jusqu’à sept jours). Un rapport sexuel le samedi peut donc être fécondant jusqu’au jeudi suivant.

entre 20 et 150 millions de spermatozoïdes sont expulsés lors d’une éjaculation. Seules quelques centaines de gamètes mâles atteindront l’ovule.


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