FC Sion
 18.01.2017, 00:01  

Une vie de numéro deux

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Kevin Fickentscher encadre Anton Mitryushkin et Noah Berchtold, troisième gardien. «Je dois les pousser à être meilleurs», dit-il.

 18.01.2017, 00:01   Une vie de numéro deux

FOOTBALL - Kevin Fickentscher travaille dans l’ombre d’Anton Mitryushkin. Il se sent bien dans cette discrétion que connaissent tous les gardiens remplaçants de la planète football.

Kevin Fickentscher a apprivoisé le statut le plus ingrat du football. Celui de numéro deux dans la hiérarchie des gardiens, celui qui se vit dans l’ombre d’un titulaire solidement cramponné à son poste. Pas de battage médiatique, pas ou peu de ballons à maîtriser en compétition officielle le week-end et des perspectives réduites de renverser la hiérarchie en...

Kevin Fickentscher a apprivoisé le statut le plus ingrat du football. Celui de numéro deux dans la hiérarchie des gardiens, celui qui se vit dans l’ombre d’un titulaire solidement cramponné à son poste. Pas de battage médiatique, pas ou peu de ballons à maîtriser en compétition officielle le week-end et des perspectives réduites de renverser la hiérarchie en cours de saison. Sur la pelouse, depuis huit jours à La Manga, le substitut attitré d’Anton Mitryushkin bouffe autant de ballon et de gazon que le Russe. Son sixième stage hivernal avec le FC Sion le confronte à une situation inédite. Son contrat se termine en juin. «J’y pense forcément puisque le délai de fin est relativement proche, avoue-t-il. Depuis la reprise des entraînements, j’essaye de me libérer de cette contrainte. Me concentrer sur ma situation contractuelle serait le meilleur moyen pour perdre de l’énergie et pour me planter. Cette incertitude sur l’avenir n’est pas la plus agréable à vivre. Je dois rencontrer les dirigeants du club au retour du camp. Mon souhait est de prolonger avec le FCSion.» Il avait rejoint le club sédunois en 2009 dans la foulée de l’arrivée d’Andris Vanins.

Une expérience mitigée à Lausanne

Le Genevois d’origine, au bénéfice d’un passeport espagnol également, par sa maman, et de résidence vaudoise durant son enfance, fêtera ses 29 ans le 6 juillet. «Où pourrais-je trouver une place comme premier gardien? Il y a seulement dix clubs en Super League. Mon expérience à Lausanne m’a montré que l’herbe n’est pas forcément plus verte sur les autres pelouses.» Le portier de réserve avait fait l’objet d’un prêt à La Pontaise de 2013 à 2015. «Les gens peuvent considérer cette option comme un manque d’ambition, pas moi. Je sais ce que j’ai à Sion et je sais aussi ce que je peux donner au club. Etre deuxième gardien ne signifie pas poser ses fesses sur le banc de touche et regarder jouer le titulaire. Je suis là pour encadrer Anton et Noah (ndlr: Berchtold, 17 ans et troisième gardien présent à La Manga) qui possèdent une belle marge de progression. Je dois les pousser à être meilleurs. Voir Anton réaliser un arrêt décisif ou un bon match est une fierté pour moi.»

Jamais découragé

L’envie de jeter les gants pourrait le submerger lors de certaines séances durant lesquelles Marco Pascolo ne le ménage pas. «Ses bordées ne me découragent pas, elles sont pour mon bien et elles sont méritées. Marco est exigeant, il est dur. C’est grâce à cette approche sans concessions que nous progressons. Ne pas avoir de match à jouer le dimanche et me faire engueuler lors d’une séance ne m’a jamais découragé. Je sais qu’il a raison. Il a un objectif, nous rendre plus performants, et il se donne les moyens de l’atteindre.» Coralie, sa femme, et Yanis, son fils, lui donnent l’appui nécessaire pour affronter les jours incertains. «Il faut garder l’équilibre. M’inquiéter plus que normal se répercuterait sur eux. Je ne me retrouverai pas non plus à la rue du jour au lendemain si je ne parviens pas à renouveler avec le FCSion.» Orientera-t-il Yanis vers une position plus avancée dans le terrain? «Il fera lui-même ses expériences et ses choix», conclut un portier, bien dans ses gants et dans sa tête.

Marco pascolo: «Les exigences sont les mêmes pour le numéro 1 et le numéro 2»

Marco Pascolo défend une approche très claire dans le choix du numéro un pour une équipe. «Si aucune baisse de performance ne le justifie, tu ne changes pas ton gardien, explique l’entraîneur des portiers du FC Sion. Le tournus n’est pas une solution qui donne à un gardien la confiance et la sérénité dont il a besoin pour jouer.» Le stage de préparation du club valaisan à La Manga ne bouscule pas la hiérarchie. «Non, mais les exigences sont les mêmes pour le titulaire et son remplaçant. La différence peut se marquer dans l’intensité du travail. Si ton numéro un réalise un mauvais match, tu tires moins fort ou tu lui donnes plus de temps pour faire l’arrêt en début de semaine. Pour le numéro deux, tu lui feras des exercices pour qu’il puisse s’éclater s’il n’a pas joué le week-end. Mais l’objectif de la semaine est similaire. Tous deux doivent être prêts à jouer. Une blessure peut intervenir à n’importe quel moment.» Le temps de jeu demeure toujours très limité pour un deuxième gardien. «On essaye de lui en donner avec les moins de 21 ans quand le calendrier le permet. Le jeu avec le bloc défensif, les repères de compétition, toutes ces réalités du match sont les plus grands manques qu’il peut ressentir. Evoluer avec la deuxième équipe lui permet de retrouver ses sensations.» En Espagne, Noah Berchtold, qui aura 18 ans le 1er août, découvre l’univers professionnel. «Pour lui, l’approche diffère. Il est en formation», conclut l’ancien gardien international. sf


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