06.10.2017, 16:38

Sion: une découverte archéologique révolutionne les prémices de l'agriculture et lève le voile sur nos origines

Abonnés
chargement
De la passerelle qui relie la rue de Lausanne à l’entrée de la Médiathèque Valais-Sion, les curieux peuvent lorgner sur les archéologues, au travail jusqu’au vendredi 13 octobre prochain.

 06.10.2017, 16:38 Sion: une découverte archéologique révolutionne les prémices de l'agriculture et lève le voile sur nos origines

Archéologie Devant la porte des Arsenaux, les archéologues ont mis au jour le plus ancien village de Sion. Si la trouvaille pourrait révolutionner nos connaissances de l’agriculture, elle met en même temps en lumière nos origines... italiennes.

La découverte pourrait être inscrite dans les livres d’école de nos petits-enfants. «Et changer notre regard sur le néolithique», ose même Caroline Brunetti, archéologue cantonale. Sur, ou plutôt sous le palier des Arsenaux, les fouilles archéologiques ont mis au jour le plus ancien village de Sion. Ruine d’une agglomération occupée vers 5000 avant Jésus-Christ. «La Sionne a permis de...

La découverte pourrait être inscrite dans les livres d’école de nos petits-enfants. «Et changer notre regard sur le néolithique», ose même Caroline Brunetti, archéologue cantonale. Sur, ou plutôt sous le palier des Arsenaux, les fouilles archéologiques ont mis au jour le plus ancien village de Sion. Ruine d’une agglomération occupée vers 5000 avant Jésus-Christ. «La Sionne a permis de conserver des couches qu’on ne voit normalement jamais pour cette époque», poursuit l’archéologue, dressée au milieu d’un vaste chantier de plus de 1000 m2. Traces d’animaux, restes de maisons ou encore mobiliers, au fil des jours les vestiges sortent de terre sous les truelles et les pinceaux. 
 


Heloïse Maret

L'agriculture révolutionée?

Nous voilà six mètres en dessous de la rue de Lausanne. Il y a 7000 ans, les sédiments déposés par la Sionne y fossilisaient à jamais les empreintes  d’animaux, de bœufs et de caprinés selon toute vraisemblance. «C’est comme si on avait une photo instantanée de l’époque», explique Caroline Brunetti. Cette proximité entre le bétail et les hommes apporte la lumière sur leur mode de vie. «Au lieu de suivre les migrations des ressources alimentaires, ici les gens se sont arrêtés, sédentarisés.» 
 


Heloïse Maret


La trouvaille, importante pour l’histoire de la capitale, questionne surtout les prémices de l’agriculture. Sur le chantier, les spécialistes auraient découvert des traces de labour. «Ce n’est pour l’heure qu’une hypothèse de travail», insiste l’archéologue. Toutefois, si ces dernières sont avérées, l’apparition d’une technique jusqu’alors datée vers 4000 avant J.-C. serait rétrogradée de 1000 ans. «Parfois, les archéologues débattent en long et en large pour changer une date d’une vingtaine d’années. Ici, la révolution néolithique pourrait être abaissée d’un millénaire!»

Nous sommes tous italiens

Au chapitre des autres exclusivités, la présence de silex et de céramiques provenant du sud des Alpes tend à prouver que les premières personnes à s’être installées là de manière durable étaient d’origine italienne. A l’ombre de la passerelle surplombant le chantier, les contours d’une maison se dessinent sur le sol. A l’intérieur de l’enceinte, des petits amas de pierres sont les vestiges des foyers où l’on préparait les repas. Non loin de là, des cavités laissent imaginer les poutres qui soutenaient le toit ou les emplacements des silos qui servaient à conserver les graines. Tout est photographié, dessiné, décrit. «Nos analyses permettront de mieux comprendre l’organisation des habitations de cette époque», se réjouit Anne-Lyse Gentizon, archéologue responsable du chantier.
 


Heloïse Maret

L’importance du site ne fait aucun doute. La Confédération l’a d’ailleurs reconnu comme d’importance nationale et prend en charge une partie des travaux. «Comme nous irons jusqu’à moins 14 mètres, nous pensons trouver des vestiges du mésolithique», s’aventure Caroline Brunetti. D’ici là, la construction des nouveaux dépôts des Archives d’Etat devra patienter. «Le symbole est beau car nos dessins de fouilles finiront dans ces locaux.» 
En creusant pour les Archives, en voilà de nouvelles qui sont créées. «Quand nos petits-enfants liront cette découverte dans leur livre scolaire, nous pourrons dire que nous y étions», conclut Caroline Brunetti dans un large sourire. 


Heloïse Maret

>> A lire aussi: Sion: un guerrier reposait sous nos pieds depuis près de 3000 ans


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top