09.07.2017, 19:58  

Lise Es-Borrat fête cette année 40 étés passés à l'alpage de Loveignoz à Saint-Martin

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Lise Es-Borrat veille sur son alpage de Loveignoz depuis 40 ans.

 09.07.2017, 19:58   Lise Es-Borrat fête cette année 40 étés passés à l'alpage de Loveignoz à Saint-Martin

Montagne - Lise Es-Borrat fête 40 étés passés à l'alpage de Loveignoz. Si son parcours n'a pas toujours été facile, la motivation de la paysanne de 63 ans reste intacte.

Si la route pour rallier l’alpage de Loveignoz situé à Saint-Martin est passablement sinueuse, la gérante des lieux, elle, est directe. Avec sa poignée de main à la fois bienveillante et ferme, on devine que Lise Es-Borrat est une de ces femmes qui a du vécu. Une amoureuse de la montagne avec une kyrielle d'histoires à raconter.

Et pour cause. La paysanne fête cette année son 40e été à...

Si la route pour rallier l’alpage de Loveignoz situé à Saint-Martin est passablement sinueuse, la gérante des lieux, elle, est directe. Avec sa poignée de main à la fois bienveillante et ferme, on devine que Lise Es-Borrat est une de ces femmes qui a du vécu. Une amoureuse de la montagne avec une kyrielle d'histoires à raconter.

Et pour cause. La paysanne fête cette année son 40e été à Loveignoz. L’année prochaine, elle soufflera 50 bougies de vie d’alpage. «Je suis une montagnarde, j’ai l’âme paysanne jusqu’au bout des ongles», lance-t-elle chaleureusement, en nous proposant à boire et à manger. «Tout est d’ici», poursuit la gérante de 63 ans en énumérant les différents fromages disposés sur la table.

 À l’alpage à 13 ans

Son histoire avec la montagne débute à l’aube de ses 13 ans. Fille de marchand de bétails, elle a été «élevée derrière les queues des vaches.» Alors très vite, elle s’est attelée à la besogne.

«Mon père nous amenait avec mes 6 frères et sœurs à l’alpage pour l’aider. Il demandait la permission au directeur de l’école, mais s’il disait non, il nous prenait quand même avec lui», se remémore dans un sourire celle qui ne nourrit aujourd’hui aucun regret quant à son parcours. Un parcours qu’elle ponctuera d’expériences en Suisse allemande, dans le Chablais valaisan, à Thyon puis finalement à Saint-Martin.

>>À lire aussi: Incendie à l'alpage du Bouzerou, un été de travail pour rien

 «J’ai pris des coups»

La vie de Lise Es-Borrat s’est profondément compliquée à la mort d’André, son mari. À 36 ans, la paysanne – criblée de dettes – s’est retrouvée esseulée à Saint-Martin pour affronter l’avenir. «J’étais non seulement une femme, mais qui plus est, je ne venais pas de la région (ndlr: Origines bernoises). J’ai pris des coups, j’étais seule, et presque personne n’était là pour m’aider», confie la paysanne, qui, philosophe, s’est refusée à jeter l’éponge. «J’ai choisi de voir ces moments difficiles comme un apprentissage, ce n’est pas dans la ouate qu’on devient solide. C’est la montagne et son énergie qui m’ont maintenu la tête hors de l’eau».

Si aujourd’hui, «tout se passe bien», elle reste une des rares femmes à gérer seule un alpage. «C’est d’autant plus méritoire», analyse Gérald Dayer, chef du Service cantonal de l’agriculture. «Elle est un exemple de professionnalisme, un exemple pour nous tous».

Un contrat prolongé pour 6 ans

Locatrice des lieux, Lise Es-Borrat s’est vu accorder la confiance du comité de l’alpage pour les 6 prochaines années encore. Président pendant 12 ans dudit comité avant de reprendre les rênes de l’exécutif de Saint-Martin cette année, Alain Alter a côtoyé la paysanne à de nombreuses reprises. «C’est une capitaine, c’est elle qui est aux commandes. Elle a beaucoup de charisme et sait comment mettre en valeur les produits de l’alpage».

À peine a-t-on prononcé le mot retraite, que la montagnarde lâche un rire amusé. «Je ne peux pas me le permettre, je dois travailler». Et d’ajouter: «Mais c’est vrai que j’ai envie de continuer. Quelle que soit la tâche, je m’applique pour faire au mieux».

Et, à en croire le préambule de son livre-photo, – elle l’a réalisé pour fêter son quarantième été à Loveignoz –, la flamme a encore de quoi s’attiser. «Cette Maya qui veille comme une sentinelle, ces pâturages avec cette végétation merveilleuse, ces animaux sauvages, mon troupeau et tous ces animaux dont j’ai la garde. Tout cela est simplement magique.»
 


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