05.10.2017, 00:01  

«Le ski n’est plus attractif»

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Sébastien Epiney a quitté Nendaz Tourisme après seize ans passé à sa direction.

 04.10.2017, 23:34   «Le ski n’est plus attractif»

NENDAZ Sébastien Epiney a quitté la direction de l’Office du tourisme de Nendaz après seize ans d’activité. Il revient sur quelques dossiers qui ont passionné la station.

Seize ans. Bien que la longévité d’un directeur d’office du tourisme soit de quatre ans en moyenne, Sébastien Epiney en a passé seize à Nendaz Tourisme. Si la tête et les épaules sont déjà tournées vers Gstaad, où il a pris ses fonctions en début de semaine, le Valaisan revient sur des thématiques qui ont souvent animé, parfois agité,...

Seize ans. Bien que la longévité d’un directeur d’office du tourisme soit de quatre ans en moyenne, Sébastien Epiney en a passé seize à Nendaz Tourisme. Si la tête et les épaules sont déjà tournées vers Gstaad, où il a pris ses fonctions en début de semaine, le Valaisan revient sur des thématiques qui ont souvent animé, parfois agité, ses années d’activité.

1. L’hôtel 4 Vallées qui peine

«Quand j’ai débuté, quelqu’un m’a dit: «Si tu arrives à amener un vrai bel hôtel à Nendaz, tu seras le king.» Le sésame est arrivé, je ne suis pas pour autant le roi. On ne s’est pas donné les moyens de faire tourner correctement cet hôtel. Mais c’est un cas particulier. De manière générale, l’hôtellerie est un sujet compliqué avec de nombreux produits hybrides et le fait que le tourisme de montagne souffre de sa saisonnalité.»

2. Le Magic Pass

«Que Nendaz n’y soit pas est une bonne chose. Pour moi, le problème n’est pas le prix mais l’attractivité du ski. L’offre de loisirs est tellement importante qu’on ne skie plus que quand on a rien de mieux à faire. Il faut donc être plus compétitif au niveau des installations, de la restauration et des animations et si on baisse le prix des abonnements, on risque de manquer de moyens pour maintenir un produit de qualité. Le client en tire des bénéfices aujourd’hui, mais cela ne sert à rien si demain le produit n’existe plus.»

3. Les 4 Vallées

«Les tensions entre les quatre vallées sont un faux débat. Quelqu’un qui séjourne à Nendaz en été ne va jamais prendre sa voiture pour aller à Verbier, alors qu’il peut dans le même temps être au château de Chillon par exemple. Il ne faut pas confondre produit et destination. L’important est le domaine skiable et sur ce sujet-là, malgré les individualités, les 4 Vallées ont toujours réussi à se mettre d’accord.»

4. Jean-Marie Fournier

«Malgré tout ce que l’on peut croire, Jean-Marie Fournier ne m’a jamais donné d’ordre. Difficile pour moi, donc, de parler de son influence. Moi, je résonne en termes de produits touristiques, pas de personne. J’étais ainsi à 100% derrière la Fusion entre les remontées mécaniques de Nendaz et Veysonnaz et aujourd’hui on peut lui dire merci, car l’enneigement mécanique qui a suivi a permis de résoudre le cas d’un tronçon problématique de la station.»

5. une fusion entre les OT de Nendaz et de Veysonnaz

«Une fusion des offices de tourisme et des communes est pour moi naturelle. Beaucoup de services se font déjà en commun. Pour les offices du tourisme, disons simplement que c’est dommage que ce ne soit pas encore fait. C’est toutefois en bonne voie. Un groupe de travail a été formé et une première rencontre organisée.»

6. Le tourisme valaisan

«En Valais, on a tendance à vouloir tout faire. Quand on fait tout, on ne fait rien comme il faut. La priorité est de développer un plan de relance global des infrastructures, beaucoup sont désuètes. Il faut arrêter de se focaliser sur son pré carré. Penser large et agir de manière locale. Le Valaisan est fier de son canton, de sa vallée, de son village, de sa famille, certes. Mais cette fierté débouche parfois sur un manque d’ouverture.»

7. être directeur d’OT

«La pression lorsqu’on occupe un tel poste est énorme, particulièrement en montagne. C’est comme si l’office du tourisme était responsable de toute l’économie locale. Vous êtes beaucoup critiqué mais jamais en face. J’ai eu moins de cinq remarques négatives en direct en seize ans. Il faut avoir les nerfs solides. Personnellement, j’explique ma longévité par mon amour pour Nendaz, tout simplement. Et c’est obligatoire d’aimer le produit pour lequel on travaille.»


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