01.04.2017, 00:01  

Ils raconteront la Suisse en «Immersions»

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Maxime Fayet et Delphine Riand vont lancer à la fin du mois la revue «Immersions», qui veut parler des Suisses en long format.

 01.04.2017, 00:01   Ils raconteront la Suisse en «Immersions»

Par patrice genet

La Valaisanne Delphine Riand et le Vaudois Maxime Fayet s’apprêtent à sortir un trimestriel papier grand format. Le premier numéro sera consacré au val d’Hérens.

Leur aventure a débuté autour d’une bière, mais c’est bien l’image de l’eau qui surgit en premier lieu ici. Parce qu’en lançant «Immersions», Delphine Riand et Maxime Fayet ont pris l’option du contre-courant. A l’ère du numérique omniprésent et de la diversification on-line d’une presse condamnée à prendre le virage du web, la Valaisanne et le Vaudois font un...

Leur aventure a débuté autour d’une bière, mais c’est bien l’image de l’eau qui surgit en premier lieu ici. Parce qu’en lançant «Immersions», Delphine Riand et Maxime Fayet ont pris l’option du contre-courant. A l’ère du numérique omniprésent et de la diversification on-line d’une presse condamnée à prendre le virage du web, la Valaisanne et le Vaudois font un pari osé: celui du magazine papier grand format.

Quatre fois par année, une plongée en 200 pages dans une région de Suisse, faisant la part belle à la photo et aux regards d’artistes. Ballon d’essai de cette aventure journalistique inédite, le numéro 0 sortira le 27 avril prochain et sera consacré au val d’Hérens (lire encadré).

Un produit différent

Les jeunes gens – elle a 26 ans, lui 27 – le disent: le projet, né il y a deux ans, est «culotté». «On n’est pas contre le numérique, on en fait toujours et le magazine existera aussi, différemment, sur le web. Mais on aime le papier, parce que c’est un objet de collection, qui reste; ç’a de la chair», souligne la journaliste Delphine Riand, qui a travaillé pour plusieurs rédactions romandes. Sortis de l’Académie du journalisme et des médias de l’Université de Neuchâtel, les deux passionnés ont fait de leur travail de mémoire – une analyse de marché – un véritable business-plan pour leur futur magazine. «On explore un canal pour lequel on est seuls sur le marché», assure celle qui a le titre de directrice éditoriale d’«Immersions». «Un produit suisse, qui parle de la Suisse en long format, en jouant beaucoup sur la photo, ça ne se fait pas, même si certaines publications s’en approchent.»

«Passe-moi les jumelles» sur papier

Au centre de leur démarche, une envie, profonde: celle de mettre l’humain au centre, en pratiquant un journalisme différent. «On veut prendre le temps de rencontrer et de raconter, sourit Maxime Fayet, photographe et directeur créatif de la publication. On n’est pas là pour donner un avis ou pour faire de l’investigation, mais pour montrer ce qui se passe.»

«C’est une sorte de «Passe-moi les jumelles» sur papier, image Delphine Riand. Les gens nous ont raconté leur histoire, leur parcours, leurs doutes aussi. On essaie de sortir d’une certaine actualité dure et anxiogène.»

Cette envie a un coût: un peu plus de 20 000 francs par numéro, dont chacun des 3000 exemplaires sera vendu 25 francs. Alors il y aura eu des fonds personnels, des aides financières de proches, et un souper de soutien organisé ce samedi soir. Il y a aussi eu un imprimeur, haut- valaisan, qui a accordé six mois aux deux entrepreneurs pour payer le numéro 0. «Tout le bénéfice que l’on fera sera réinvesti dans le numéro, explique, reconnaissante, Delphine Riand.

Recours limité à la publicité

Comme son comparse, elle qui travaille actuellement pour un journal gratuit de l’arc lémanique espère, à terme, pouvoir dégager suffisamment de moyens pour vivre d’«Immersions» et payer les contributeurs du magazine. Mais le recours à la publicité sera limité, et cadré. «L’objectif est de le faire avec nos photos, et que cela ait un sens dans notre magazine en mettant en avant les gens dont on parle, et leurs produits», précise Maxime Fayet. Delphine Riand enchaîne: «On espère joindre les deux bouts d’ici à deux ou trois ans. Mais même si ça ne marche pas, on se sera fait plaisir. Les gens nous ont déjà tellement donné… Sans cette aventure, toutes ces rencontres n’auraient pas été possibles.»

Le magazine «Immersions» est disponible en précommande sur www.immersions.ch

Le val d’hérens avant genève

«Une vallée pas forcément facile d’accès mais où, une fois rentré, on découvre des choses hallucinantes.» Maxime Fayet file la métaphore de sa montée à la cabane de Bertol pour résumer le val d’Hérens, sujet du numéro de lancement d’«Immersions», qui sortira le 27 avril. Une région que Delphine Riand et lui ont voulu aborder au-delà des images d’Epinal. Outre les deux initiateurs, six contributeurs y apportent leur patte, parmi lesquels l’artiste Murzo et le photographe Jean-Michel Reuteler, auteur de la série de portraits «Tronches d’Hérens».

Au sommaire, notamment: la Patrouille des glaciers sous l’angle logistique, le festival de musique des Haudères, une série sur les cabanes gardiennées du val d’Hérens, des rencontres avec un fromager, un sculpteur, une herboriste… «On a voulu montrer qu’au-delà des clichés touristiques, c’est une vallée habitée, par des gens de caractère, fiers de ce qu’ils font, et généreux», relève Maxime Fayet. Le numéro suivant, prévu pour l’automne, sera consacré à Genève. «Par ce contre-pied, on veut montrer qu’on peut tout faire», conclut Delphine Riand. pge


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