20.12.2016, 00:01  

Don Bosco partage ses secrets

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Par noémie fournier

Les archéologues s’affairent en ce moment sur la nécropole de Don Bosco à Sion. Les mercredis, ils y accueillent petits et grands curieux.

Derrière la grille de chantier du site archéologique de Don Bosco, une petite tête blonde s’impatiente. «On revient souvent voir l’avancée des fouilles», confie son papa tout autant empressé. Car si les archéologues travaillent la plus grande partie du temps à l’abri des regards et des perturbations, les mercredis sont consacrés à l’accueil et au partage.

En fin d’après-midi, ils ouvrent aux intéressés les portes de leur univers. «Car on travaille pour la connaissance, précise l’archéologue responsable du site, François Mariéthoz. Et pour la diffuser.»

Une vive impatience

Il n’est pas encore 17 heures et les visiteurs répondent déjà à l’invitation des scientifiques. L’occasion d’observer le travail des archéologues tout en découvrant l’une des nécropoles les plus riches d’Europe. «Quand j’ai présenté nos fouilles lors de conférences dans les universités de Strasbourg, Besançon ou Dijon, tous étaient épatés par la richesse du site», déclare fièrement François Mariéthoz. Don Bosco, ce sont à l’heure actuelle 94 tombes fouillées dont 66 contenant du mobilier, à savoir bracelets, ceintures, boucles d’oreilles ou encore colliers. Au chapitre des colliers justement, un doré en particulier, retrouvé à quelques mètres de là par Flamur Dalloschi. «C’était la tombe 18, je m’en souviendrai toujours. La plus belle trouvaille de mes vingt-sept ans de carrière», explique l’archéologue, des étoiles plein les yeux.

Enterrés il y a trois millénaires

Les mêmes étincelles se retrouvent dans les yeux des enfants qui le regardent travailler. Couché dans un trou, il ne laisse apparaître qu’une paire de chaussures depuis le bord du chantier.

En s’approchant, on s’aperçoit qu’il est étendu sur un squelette. Entre les deux êtres, une planche de bois. Presque trois millénaires et une planche de bois. Deux à trois jours durant, ils resteront face à face, presque nez à nez. La scène est saisissante. Symbolique. Emouvante. «Difficile de dire ce qu’il me passe par la tête, se demande l’archéologue. J’essaie de comprendre ce qu’il s’est passé, mais je suis surtout concentré sur mon travail. J’essaie d’y apporter la plus grande attention et le plus grand soin.» Il confie toutefois garder en tête la dimension humaine, le respect des défunts.

Pour la maman de Charlotte, 10 ans et future archéologue, ouvrir le site est très important. «Les gens ne savent pas qu’il y a un tel endroit à Sion», regrette Julie. «On habite sur sept mille ans d’histoire, bien souvent sans le savoir, confie une grand-maman passionnée quelques minutes plus tard. C’est fascinant d’imaginer toutes les émotions qui ont accompagné les gens qui ont vécu là.»

Jean-François, venu pour accompagner sa fille de 6 ans, trouve la démarche des portes ouvertes géniale et le chantier incroyable. «Et puis je trouve que les archéologues sont très humbles en comparaison de la valeur de ce site.»

Un privilège d’y travailler

Humble. François Mariéthoz se dirait plutôt privilégié. «C’est vrai que dans une carrière, c’est pas mal un tel endroit», sourit le spécialiste, entre fierté et modestie. Mais hors de question de s’emporter, car rien n’est jamais acquis. «On essaie de comprendre, mais il y aura toujours une grande part de mystère.» Don Bosco est un puzzle 3D qu’il compare à un casse-tête.

«Malgré ces mystères, on espère quand même pouvoir raconter des histoires, conclut François Mariéthoz. Et l’Histoire avec un grand H aussi.»

dernière date avant l’hibernation

Avant la pause hivernale pour cause de sol gelé, les archéologues du chantier de Don Bosco, rue du Vieux-Moulin à Sion, vous accueillent avec plaisir pour la découverte de l’une des nécropoles les plus riches d’Europe. Dernière visite de l’année ce mercredi 21 décembre de 17 à 18 heures. Les visites reprendront ensuite au mois de février prochain.


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