07.10.2013, 06:40  

"Pouky": reine de la Foire du Valais

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Par JEAN-YVES GABBUD

combat de reines - La lutteuse d'Antoine et Christophe Bétrisey de Saint-Léonard s'est imposée dimanche à la Foire du Valais grâce à un gabarit hors du commun.

La reine de la Foire du Valais 2013 est une grande reine. Dans tous les sens du terme. Hier, "Pouky" des frères Bétrisey de Saint-Léonard a été la grande attraction du jour dès son arrivée dans l'arène, car elle est la bête la plus lourde de l'événement avec ses 878 kilos! Toutes ses rivales, à une exception près, lui concèdent une bonne centaine de kilos.

A dix-sept jours du terme

La famille Bétrisey a hésité à amener "Pouky" dans l'arène. "Avec le report du combat d'une semaine, nous nous sommes posé des questions, parce qu'elle est à dix-sept jours seulement du vêlage" , explique Antoine Bét risey. Cette situation n'a pas réfréné les ardeurs de la reine.

A l'issue de la journée, Antoine Bétrisey est aux anges. "Je suis très content, surtout que "Pouky" est issue de la lignée familiale." Une lignée fort intéressante, puisque la soeur de "Pouky" , "Pokémone", a également été classée lors de ce combat de la Foire du Valais.

Après la victoire, les journalistes demandent tous à Antoine s'il s'attendait à ce succès. "Avec l'expérience, j'ai appris à freiner mon enthousiasme. Plus jeune, à plusieurs reprises, je m'attendais à des succès et j'ai été déçu. Maintenant, je prends les luttes les unes après les autres. On savait que "Pouky" avait le potentiel, mais elle aurait pu être dans un jour sans et rester près des cordes. Et puis, comme elle a déjà participé à deux combats, on ne savait pas si elle aurait encore la volonté de lutter." Sur ce point, ses propriétaires ont été rassurés, "Pouky" a encore une énorme envie de se battre.

Les secrets de la reine

La recette pour obtenir une reine de la Foire est, théoriquement du moins, assez simple. Vous prenez tout d'abord une mère, "Picatchou", elle-même reine de la Foire du Valais (en 2011), mais en deuxième catégorie. Puis, vous choisissez un père imposant, "Jumbo" en l'occurrence, qui apporte du gabarit. Vous avez ainsi une "Pouky" qui devient reine nationale des primipares en 2011.

Pour préparer "Pouky" pour le combat de la Foire, ses propriétaires lui ont fait passer un été d'athlète, pour une préparation en altitude, à l'alpage de Chandolin. Elle y était d'ailleurs classée deuxième lorsqu'elle a été désalpée. Une désalpe voulue par ses propriétaires pour lui apporter le petit plus de préparation. "Après son été à l'alpage, elle était en bonne condition physique. Elle n'a que du muscle et pas de mauvaise graisse. L'été lui a fait le plus grand bien" , commente Antoine Bétrisey.

Un parcours en crescendo

Lors des éliminatoires, la plupart des rivales de "Pouky" ont refusé l'affrontement, sans doute impressionnées par son poids. Elle se qualifie après avoir dû livrer qu'une seule lutte qui n'aura duré que quelques secondes, face à "Tulipe" de Raphaël Héritier.

En finale, les choses se compliquent, un peu, pour elle. C'est une bête borgne, "Maya", d'un trio d'éleveurs de Lens qui lui résiste le plus. "Pouky" attend patiemment son heure. Dès qu'une faille apparaît, elle fait valoir sa différence de poids.

"Pouky" en veut. Pour l'amener affronter sa dernière rivale de première catégorie, il faudra la puissance de quatre rabatteurs. Si les hommes ont su lui faire face, aucune vache n'y est parvenue.

"Pouky", une reine de

878 kilos. Exceptionnel!

 

Finale des finales

1."Pouky", Antoine et Christophe Bétrisey, Saint-Léonard, 878 kilos

2."Reinon", Marcel Vérolet, Fully, 684 kilos

3. ex æquo. "Rebelle", Yannick et Gilles Favre, Grône, 623 kilos

3. ex æquo. "Rafale", Jacques Fellay, Prarreyer

Première catégorie

(de 687 à 878 kilos

1. "Pouky", Antoine et Christophe Bétrisey, Saint-Léonard, 878 kilos

2. "Sachan", Yanis et Mathis Terrettaz, Étiez, 690 kilos

3. "Maya", Cordonier-Coppet-Nanchen, Lens, 767 kilos

4. "Venise", Jo et Fanny Charbonnet, Ardon, 752 kilos

5. "Lili", Nathalie Lugon, Bovine, 696 kilos

6. "Frimousse", Perroud et fils, Oulens (VD), 696 kilos

7. "Star", Luisier-Moulin, Étiez, 687 kilos

Deuxième catégorie

(641 à 684 kilos)

1. "Reinon", Marcel Vérolet, Fully, 684 kilos

2. "Nécha", Jean-Pierre Rey, Chermignon, 675 kilos

3. "Marseille", Marcel Vérolet, Fully, 669 kilos

4. "Lionne", frères Fournier, Finhaut, 659 kilos

5. "Mandoline", Jean-Charles et Sébastien Formaz, Saxon, 662 kilos

6. "Pagaille", Martine et Nicolas Gauye, Vex, 647 kilos

7. "Spoumengo", Fabrice Marcoz, Liddes, 661kilos

Troisième catégorie

(de 543 à 638 kilos)

1. "Rebelle", Yannick et Gilles Favre, Grône, 623 kilos

2. "Mignonne", Michel Anthoine, Savièse, 603 kilos

3. "Flora", Joseph Moulin, Vollèges, 619 kilos

4. "Fantasio", Jean-Marc Dussex, Les Haudères, 602 kilos

5. "Rougeot", Dessimoz-Tissières, Erde, 625 kilos

6. "Persane", Perroud et fils, Oulens (VD), 611 kilos

7. "Fany", Marie et Déborah Voutaz, Sembrancher, 583 kilos

Primipares

1. "Rafale", Jacques Fellay, Prarreyer

2. "Tamalou, Jean-Charles et Sebastien Formaz, Saxon

3. "Pombay", Alexandra Wyssen, Gampel

4. "Cerise", Jacques Fellay, Prarreyer

5. "Pokémone", Antoine et Christophe Bétrisey, Saint-Léonard

6. "Poyel", Nathalie Lugon, Bovine

7. "Magique", Gilbert Darioly, Somlaproz

Génisses

1. "Zibira", Alexandra Wyssen, Gampel

2. "Boston", Monique et Marcel Vallotton, Fully

3. "Féline", Gilles Fellay, Vollèges

4. "Viola", Bertrand Thetaz, Prassurny

5. "Tolède", Cheseaux-Maurer, Saillon

6. "Frisson", Jo et Fanny Charbonnet, Ardon

7. "Loula", Bertrand Thetaz, Prassurny

 

Les échos de l'arène en direct

 

Une histoire de météo

Le combat de la Foire du Valais est le seul à pouvoir être reporté d'une semaine. Pour les deux dimanches, la météo annonçait la pluie... Elle a eu deux fois faux.

Frédéric Boson, le président du comité d'organisation, ne regrette pas le report. "Dimanche dernier, nous aurions eu entre 1800 et 2000 spectateurs" , estime-t-il. "Nous en avons finalement accueilli 4000 ce dimanche. Pari réussi."

Petit bémol toutefois, avec le report, quelques bêtes n'ont pas pu venir. Sur les 200 bêtes inscrites, seules 185 ont participé. "Même sans report, il y a toujours plusieurs bêtes qui ne peuvent venir" , nuance Frédéric Boson. Il est tout sourire. Le combat qu'il a organisé avec le comité issu des cinq syndicats de la région de Martigny a été grandiose au niveau des luttes et tout s'est bien déroulé. Le comité se remettra en route pour les deux prochaines éditions du combat de la Foire.

Une troisième catégorie exceptionnelle

Si le combat de la Foire du Valais 2013 a été somptueux, la troisième catégorie, celle qui réunit les vaches les plus légères, a donné lieu à un spectacle vraiment extraordinaire.

"Rebelle" de Yannick et Gilles Favre a réalisé une démonstration. Elle a mené une lutte de près d'une demi-heure contre "Fany" des jeunes soeurs Voutaz de Sembrancher. Langue dehors, à bout de souffle, "Rebelle" semblait désavantagée par rapport aux autres bêtes restant en lice. Il n'en a rien été. Elle fonce sur les lutteuses qui lui sont présentées et gagne chaque combat sous les ovations d'un public conquis. Elle finit épuisée, les narines en sang, mais victorieuse. "Cette vache est magnifique" , s'exclame l'historien Philippe Bender, le speaker du jour. Un sentiment largement partagé autour de l'arène.

Une génisse à 200 francs

Gilles Fellay fait le tour de l'arène pour raconter la bonne affaire qu'il a réalisée. Il a acheté la jolie "Féline" pour le prix de 200 francs. Un achat rentable puisque la vaillante génisse est ressortie de l'arène romaine d'Octodure avec une sonnette en guise de récompense pour un beau troisième rang.

Sa 120e sonnette

Marcel Valotton a fêté hier l'obtention de sa 120e sonnette, selon son décompte personnel. "En soixante ans" , précise l'éleveur fulliérain de 83 ans. "Cet hiver ce sera le dernier" , ajoute- t-il non sans une pointe d'émotion.

"Boston", classée deuxième de la catégorie génisses après un parcours exceptionnel, lui apporte un beau couronnement de carrière.

Incidents

Tout s'est bien déroulé durant ce combat, mis à part de petits incidents inhérents à ce genre d'événement.

Dans un groupe de deuxième catégorie, deux lutteuses ont été éliminées sur blessure, dont une pour une corne cassée, un accident relativement rare... qui se reproduira lors de la finale des génisses. JYG


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