21.11.2016, 00:01  

La syrah au-delà des frontières

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 21.11.2016, 00:01   La syrah au-delà des frontières

Vingt-six encaveurs ont présenté leurs crus à la maison de la Famille. Parmi eux, deux Français, venus aussi bien montrer leur savoir-faire que découvrir les productions suisses.

Le cheveu gris soigneusement en bataille et le tire-bouchon agile, David Quillin tente de répondre à toutes les sollicitations. Dans la maison de la Famille de Vérolliez, il présente ses crus. «Le thème, c’est la syrah au fil du Rhône. Or, elle est originaire de notre région, au nord de la vallée. Au départ, c’est un assemblage de...

Le cheveu gris soigneusement en bataille et le tire-bouchon agile, David Quillin tente de répondre à toutes les sollicitations. Dans la maison de la Famille de Vérolliez, il présente ses crus. «Le thème, c’est la syrah au fil du Rhône. Or, elle est originaire de notre région, au nord de la vallée. Au départ, c’est un assemblage de petite mondeuse et de dureza d’Ardèche.»

Son domaine situé à quelques dizaines de kilomètres de là, Frédéric Boissonnet enchaîne: «Elle mûrit dans des conditions de chaleur, mais il ne faut pas qu’elle parvienne trop vite à maturité. Elle peut devenir puissante et son potentiel de garde est de dix à quinze ans. A partir de la troisième année, c’est là qu’on la goûte le mieux. Et entre cinq et dix ans, elle est magique.»

Médailles d’or ou coups de cœur

A l’occasion de sa septième édition, la rencontre biennale a réuni pas moins de 26 encaveurs sur les hauts de Saint-Maurice, dont deux venant de France. Président du comité d’organisation, Jean-Marc Koller détaille: «Agaune est très proche du fleuve et nous voulons continuer à rendre hommage à ce nectar avec ce qu’on trouve de mieux le long de son cours.»

Critère de sélection, avoir reçu une médaille d’or dans des concours nationaux ou internationaux, ou alors avoir fait l’objet d’un coup de cœur. «Nous cherchons à équilibrer les provenances. Si les productions suisses (Valais-Vaud-Genève) sont mises en avant, nous tordons parfois un peu la géographie et faisons des détours.» Celui de cette année est allé jusqu’au Tessin.

Une découverte à double sens

Observés par leurs confrères suisses, les viticulteurs français mettent en avant leurs spécificités. «Nous n’avons qu’un petit domaine d’environ dix hectares et n’allons que rarement à l’étranger. En Suisse, c’est une première», souligne Guillaume Boissonnet, fils de Frédéric. Son père enchaîne: «Les vins helvétiques sont beaucoup consommés à l’intérieur de vos frontières. Nous venons donc aussi en découverte.» Des propos que relève David Quillin: «En Valais, vous avez plus de montagnes et plus de fraîcheur. Chez nous, le mistral souffle et le soleil est plus vif. Les caractères sont différents.»

Parmi les producteurs valaisans présents, Serge Heymoz ne voit pas ces visiteurs comme une concurrence: «Le fleuve commence au glacier et finit près de Marseille. Tout tourne autour de ça.» Autour d’un verre, David Quillin acquiesce: «Le vin, on y trouve la culture, la terre, mais surtout de l’humain. C’est quelque chose qui vit et favorise les échanges.» Et de souligner que son passage en Valais, il l’a agrémenté d’un séjour outre-Sarine pour présenter ses produits. «En même temps, je vais rentrer chez moi avec de la petite arvine, du cornalin et de l’humagne dans mon coffre.»

Vers une ouverture géographique?

La syrah se cultivant aujourd’hui sous diverses latitudes, Jean-Marc Koller n’exclut pas la possibilité d’étendre l’aire géographique des vins choisis. «Il n’est pas impossible que nous proposions à l’avenir des crus d’Amérique, d’Australie ou d’Afrique du Sud. Il faudra juste trouver le temps pour le comité d’aller les déguster avant. Ce sera évidemment une tâche ardue», sourit-il.

le Cayas récompensé

«2014 fut notre vingtième millésime de Cayas, note Gilles Besse, œnologue à la cave Germanier. Il n’a pas encore été mis en bouteilles mais le sera en décembre.» Dans le cadre de Syrah au fil du Rhône, une première dégustation fut cependant proposée à un jury de journalistes. Le Cayas a remporté le premier prix. «2013 avait été une réussite, nous avions donc une pression pour 2014.» La Madeleine 2014 de Fontannaz et le cru 2013 de Gilbert Devayes complètent le podium. nm


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