11.02.2017, 00:01  

Un vote grison sous surveillance

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Un vote grison sous surveillance

Demain, la population grisonne dira si elle est prête à se lancer dans l’aventure olympique. Elle est en effet amenée à se prononcer sur un crédit de 25 millions de francs pour financer la candidature internationale aux JO 2026. Et dans le camp du oui comme dans celui du non, personne n’ose un pronostic. Car les Grisons n’en sont...

Demain, la population grisonne dira si elle est prête à se lancer dans l’aventure olympique. Elle est en effet amenée à se prononcer sur un crédit de 25 millions de francs pour financer la candidature internationale aux JO 2026. Et dans le camp du oui comme dans celui du non, personne n’ose un pronostic. Car les Grisons n’en sont pas à leur coup d’essai. Il y a quatre ans, le peuple avait, à la surprise générale, refusé la candidature aux Jeux olympiques de 2022 à 52,6%. Depuis, le projet – porté par l’ensemble du Conseil d’Etat et la totalité des partis bourgeois – a été redimensionné et intègre l’ensemble des régions du canton pour un budget divisé de moitié, à 1,6 milliard de francs.

Et le vote sera attentivement suivi en Valais et dans les autres cantons de Suisse occidentale intégrés au projet de Sion 2026. Car un non dans les urnes ce dimanche signifierait que le projet romand est le seul en lice pour représenter la Suisse. Un plébiscite grison, en revanche, ferait de ce projet le favori.

Reste le scénario, plausible, d’un oui à une courte majorité qui laisserait toutes les possibilités ouvertes. C’est en effet le comité exécutif de Swiss Olympic qui aura le dernier mot, le 7 mars prochain.

Des débats «émotionnels»

Dans les Grisons, la campagne bat son plein depuis le mois de décembre. Conseiller d’Etat chargé de l’économie et défenseur du projet, Jon Domenic Parolini (PBD) confirme que le résultat s’annonce serré. «Les débats ont été très émotionnels et l’engouement est effectivement plus fort dans les stations de montagne que dans la plaine et à Coire. Tout l’enjeu sera de savoir si le poids des régions de montagne fera pencher la balance», estime-t-il.

Dans le camp du non, avec un budget d’à peine 100 000 francs, les opposants ne baissent pas les bras. Emmené par la présidente de Pro Natura et conseillère nationale socialiste Silva Semadeni, le comité d’opposition dénonce avant tout un «entêtement» du gouvernement. «Le peuple a refusé le précédent projet avec une participation à 59%, ce qui est très élevé pour les Grisons, ce n’est pas démocratique de reposer la même question quatre ans après.»

«Une propagande du camp du oui»

Et de pointer du doigt «une véritable propagande» du Conseil d’Etat, de l’USAM et des médias locaux, tous acquis à la cause du oui. Pour elle, la campagne est «imposée d’en haut» et manque d’enthousiasme. «Les gens ne se sentent pas concernés et quand des débats sont organisés, les salles sont souvent presque vides», poursuit-elle.

Le poids de la concurrence de Sion

Sur le fond, les arguments n’ont pas changé en quatre ans. Pour les uns, c’est une occasion de redynamiser un tourisme en crise et pour les autres, c’est persister dans une branche du ski en crise avec des investissements lourds et manquer toute tentative de diversification touristique. «Les Jeux donneraient une impulsion à toute la région, pour le public comme pour les privés», lance Jon Domenic Parolini. Pour les deux camps, reste un élément difficile à quantifier qui pèsera sans doute dans le résultat, la concurrence de Sion 2026. De quoi réveiller l’orgueil du bouquetin grison.

Pourquoi le Valais ne vote pas sur la candidature?

La situation peut interpeller. Alors qu’il y a deux candidatures suisses en lice, une seule votera sur ce principe.

Dans les deux cas, le budget de la candidature internationale se monte à 24 millions et est réparti à parts égales entre la Confédération, Swiss Olympic et les régions concernées. Mais pour Sion 2026, chaque Conseil d’Etat des cantons concernés a utilisé sa propre marge de décision pour financer les 8 millions nécessaires. Dans les Grisons en revanche, le canton a dû engager seul cette somme et est donc constitutionnellement tenu de la soumettre au Parlement qui a demandé au peuple de se prononcer.

Et quelle que soit la candidature choisie, un vote sur le projet final aura vraisemblablement lieu à l’horizon 2018.


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