04.09.2017, 05:30  

Sion Airshow: on a volé en Bücker et avec le Breitling Jet Team: de la voltige d'autrefois à sa version ultime

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 04.09.2017, 05:30   Sion Airshow: on a volé en Bücker et avec le Breitling Jet Team: de la voltige d'autrefois à sa version ultime

Acrobatie aérienne - Entre le 15 et le 17 septembre, l’aéroport de Sion accueillera plus de 100’000 personnes pour le plus important meeting suisse de l’année. "Le Nouvelliste" a pu embarquer à bord d’un Bücker Jungmann et avec le Breitling Jet Team. Un monde les sépare, mais on y retrace l’histoire de la voltige aérienne.

En un peu plus de cent ans, l’aviation n’a fait qu’évoluer. Aujourd’hui, voler peut prendre presque toutes les formes: du vol plané des adeptes du wingsuit au paquebot des airs qui emmène plus de 800 passagers à l’autre bout de la planète en passant par le jet de combat high-tech.

Depuis plusieurs années, Breitling, à l’image d’autres marques planétaires, possède une flotte complète de démonstration qui participe à des meetings aériens aux quatre coins du monde.

C’est à Dijon-Longvic, sur l’ancienne base aérienne de l’armée de l’air, que sont stationnés les jets, avions historiques et hélicoptères portant le pavillon de la marque horlogère.

>>A voir aussi: notre galerie images sur notre expérience de la voltige à Dijon

C’est là que nous avons pu, à quelques minutes d’intervalle, vivre l’histoire de la voltige des débuts, à bord d’un Bücker Jungmann des années 30, au vol acrobatique en formation à bord d’un jet, l’Albatros L39 du Breitling Jet Team. Un monde de différence que les spectateurs pourront apprécier lors du prochain Airshow de Sion.

Le «Stradivarius des airs»

C’est à l’abri dans son hangar qu’on découvre la première machine, une vraie légende. De nombreux pilotes ont fait leurs premières armes derrière son manche, de nombreuses forces aériennes l’utilisant comme avion de formation de base.

Très présent sur les aérodromes du pays, ce biplan arbore en Suisse presque toujours une couleur jaune datant de sa période militaire.

Trois personnes s’affairent autour de l’avion pour la préparation au vol. Parmi eux, le pilote Anthony Bézard. «J’ai une chance extraordinaire de pouvoir piloter cette machine.» S’il assure une dizaine de représentations par an à bord du biplan, il n’a pas fait de cette passion sa profession.

Ingénieur en aviation au civil, il planifie et certifie les modifications que les propriétaires souhaitent apporter à leur avion.

Les éléments en prise directe

La machine est amenée avec précaution sur le tarmac, le moteur en ligne rugit quelques minutes plus tard au milieu d’une gerbe de fumée impressionnante. Grimper devant le pilote, une spécialité de cet appareil datant de 1935, relève de l’exercice d’équilibriste.

Lorsque notre pilote lâche les freins, l’appareil dandine sur la piste. «Comme on ne voit pas devant son nez, il faut rouler en zigzag pour l’amener sur la piste», explique Anthony Bézard.

 

Anthony Bézard ne cache pas son plaisir de voler avec le Bücker Jungmann. © Héloïse Maret/Le Nouvelliste

Le casque en cuir et les lunettes d’époque vissées sur la tête, on prend aussitôt la mesure des éléments. La sensation est bluffante, le moindre coup de vent se ressent aussitôt. Soudain, un «Attention, on commence par un looping», grésille dans les oreilles.

Le moteur est poussé à fond, l’avion vibre de partout. On enchaîne ensuite les classiques de la voltige: tonneau, tonneau barriqué, Immelmann… Le plus impressionnant reste la vrille. Le pilote nous avertit d’ailleurs. «On va monter jusqu’au décrochage, pivoter sur l’aile gauche dans la vrille et repartir.»

Fragile au premier regard, ce «Stradivarius volant» comme on le surnomme, donne une impression de sécurité. Ce que confirme Anthony Bézard.

Tout est réglé, organisé, planifié

De retour à la base, l’avion vient s’aligner sur le tarmac à côté des appareils du Breitling Jet Team. L’hélice fait place au réacteur. L’Albatros L39, avion-école type des pays du bloc soviétique durant la Guerre froide, fait aujourd’hui les beaux jours des amateurs de sensations fortes. Et du seul team privé sur avion à réaction.

Après avoir pris son équipement, combinaison et casque, les passagers participent à un briefing sur les règles de sécurité: fonctionnement du siège éjectable, position à adopter, etc.

Plus rien à voir avec la simplicité du Bücker, là tout est réglé, organisé, planifié. Nous embarquerons dans le No_6 – position de l’avion dans la formation – notre pilote est Paco Wallaert. Son CV donne le tournis: vingt-deux ans comme pilote de chasse sur Jaguar au sein de l’armée de l’air française, des opérations en zone de conflit comme dans les Balkans et quatre ans de Patrouille de France.

Paco Waellaert a un CV impressionnant avec 22 ans comme pilote de chasse et 4 ans à la Patrouille de France.
© Héloïse Maret/Le Nouvelliste

 

Quand on sait qu’on va voler plus de vingt minutes à trois mètres des neuf autres avions, c’est rassurant quand même.

L’estomac bien secoué

Harnaché au siège éjectable, le pilote explique d’une voix calme l’enchaînement des figures qui nous attend. Au premier virage, on se dit que cela n’a plus grand-chose de commun avec le premier vol.

Le début du looping remet l’estomac en place et on a l’impression de porter le poids du monde sur ses épaules. «On a pris un peu plus de 4g lors de ce vol», confirme Paco.

 

Lors de notre vol, la formation n'a pas trop forcé. © Héloïse Maret/Le Nouvelliste

 

Notre corps pèse soudainement quatre fois plus, le simple mouvement de la main impose un gros effort. Et le team n’a pas forcé. «Lors d’une démonstration normale, on subit entre 8g positifs à 4g négatifs.»

Les figures s’enchaînent. Au top du commandant, les avions glissent doucement sur la gauche ou vers le haut. Tout est millimétré. «J’ai mes points de repère par rapport à l’avion du commandant», précise notre
pilote.

Un dernier virage très serré et il est déjà temps de retrouver le plancher des vaches. La descente de l’avion est hésitante, le pas peu alerte. On comprend alors l’effort que doivent produire tous les jours ces artistes de l’air. Qui plus est lorsqu’il s’agira de slalomer dans la vallée du Rhône.

Un programme pour tous les goûts

Prévu pour les trois jours du Sion Airshow, le programme ne manquera pas de piment et il y en aura pour tous les goûts.

Les avions de combat rejoueront la partition de la dernière édition. On peut même parler d’évaluation grandeur nature entre le Gripen, le Rafale et l’Eurofighter, car Berne pourrait faire un choix entre eux dans les mois à venir.

La partie sera arbitrée par le Display du F/A-18 des forces aériennes suisses et la démonstration du F-16 belge.

 

Les Frecce Tricolori sont toujours une attraction. 

 

Au niveau des patrouilles, les stars italiennes des Frecce Tricolori baigneront la vallée du Rhône sous leurs fumigènes. Les deux formations suisses, le PC-7 Team et la Patrouille suisse, comme les Royal Falcons de Jordanie et le Breitling Jet Team compléteront le tableau.

Les oldtimers raviront, au sol comme dans les airs, les fans de moteurs à piston ou en ligne. Les ronronnements typiques des
P-51 Mustang, F-4U Corsair ou de Havilland Hurricane résonneront durant les trois jours.
Les anciens jets qui ont opéré depuis la base aérienne de Sion n’ont pas été oubliés, que ce soit le Mirage III, le Hunter ou le
Vampire. Tout comme les nombreux hélicoptères.

 

Franky Zapata est un ovni  avec son surf à réaction.

 

Au milieu de ce programme somme toute classique, il y aura un ovni: Franky Zapata. Avec son Flyboard Air, il joue les
Marty MacFly ou le Surfeur d’argent en volant à une vitesse de 150 km/h sur une planche à réaction. Avec 1000 chevaux sous les pieds, la démonstration en première suisse attira les
curieux. Une exclusivité que
le Français partagera avec le gros-porteur militaire d’Airbus, l’A400M, qui ne passera pas inaperçu avec ses 42 mètres d’envergure.


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