16.03.2009, 10:56  

Marie-Thérèse Chappaz, marraine du Goût 2009

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Semaine du Goût - L'Association pour la Promotion du Goût (APG) a officiellement ouvert la campagne de candidatures pour cette édition, dont la marraine n'est autre que la vigneronne fulliéraine Marie-Thérèse Chappaz.

Marie-Thérèse Chappaz sera la marraine de la Semaine du Goût 2009, qui se déroulera du 17 au 27 septembre. Pour cette 9ème édition, les organisateurs ont rompu avec la tradition : jusqu’à présent, uniquement des gens liés à la restauration -ou presque- ont parrainé la manifestation. En faisant appel à cette grande dame de la vitiviniculture valaisanne, le comité de la Semaine du Goût voulait qu’elle partage avec les acteurs de la SdG cet engagement au...

Marie-Thérèse Chappaz sera la marraine de la Semaine du Goût 2009, qui se déroulera du 17 au 27 septembre. Pour cette 9ème édition, les organisateurs ont rompu avec la tradition : jusqu’à présent, uniquement des gens liés à la restauration -ou presque- ont parrainé la manifestation. En faisant appel à cette grande dame de la vitiviniculture valaisanne, le comité de la Semaine du Goût voulait qu’elle partage avec les acteurs de la SdG cet engagement au développement durable, ce choix de vie lié à la biodynamie, ce respect de la terre qui l’animent. Ils n’ont pas pris un grand risque. Marie-Thérèse Chappaz n’est pas seulement une grande vigneronne, c’est aussi une vraie gourmande. Rencontre.

Marie-Thérèse Chappaz, pourquoi avoir accepté ce rôle de marraine ?

Si je n’avais pas fait du vin, j’aurais pu être cuisinière. Je me vois volontiers tenant une table d’hôtes… D’ailleurs, ma grand-mère était cuisinière, c’est en la regardant faire que j’ai appris à cuisiner et à aimer manger. Et puis, comment dire non à un événement qui célèbre le goût ? J’aurais dit non à tout, sauf à cette manifestation. Ma seule crainte était de n’avoir pas assez de temps.

C’est la vigneronne ou la gourmande qui a parlé…

La gourmande, sans hésiter ! Ensuite, la vigneronne a tempéré l’enthousiasme, car la Semaine du Goût se déroule au moment des vendanges, d’où ma crainte de ne pas avoir assez de disponibilités.

Comment envisagez-vous votre engagement ?

Il y a deux manifestations officielles auxquelles je dois absolument participer, la soirée de gala et la journée à Delémont. Mais j’ai aussi plein d’idées pour coacher la Semaine du Goût. J’imagine mettre sur pied un livre de recettes de cuisine en faisant appel aux enfants. Ils pourraient aussi l’illustrer… Je dois encore peaufiner un peu la chose, mais j’y réfléchis… Je suis sûre de trouver de l’appui auprès de plusieurs centres scolaires, du comité de la SdG ou même -si on mettait en avant les ressources de la région- auprès de certains offices du tourisme. Et pourquoi pas initier les jeunes à la dégustation ? Parmi les événements phares de l’édition 2009, il y a la re-découverte de la soupe. Là aussi, je pense qu’il y a plein de choses à faire. J’avais une amie qui, chaque mercredi, concoctait une grande casserole de soupe. Venait manger qui voulait. On apportait un morceau de fromage ou une bouteille de vin… Le partage, l’amitié, c’est aussi ça la Semaine du Goût.

Au quotidien, comment l’éducation au goût peut-elle se concrétiser ?

Il faudrait pouvoir bannir les produits finis. Tous ces produits pré-cuisinés qui plaisent bien mais qui faussent le vrai goût des aliments. Après, comment voulez-vous pouvoir comparer, vous référer au goût authentique ? Voyez les moutardes, elles sont presque toutes additionnées de sucre. Et c’est comme ça pour plein de produits. On dénature le goût pour plaire plus facilement… Moi, je contrôle toujours la composition des produits que j’achète et surtout… la provenance ! En présentant aux enfants des produits très purs, on leur assure une base de comparaison. Déjà toute petite, ma fille mangeait de la betterave crue, elle adorait ça. Si je m’étais contentée de lui servir des plats tout prêts, elle n’aurait jamais connu le plaisir de ce légume croquant, à la suavité naturelle… Aujourd’hui, à 20 ans, elle sait manger, elle apprécie les bonnes choses.

L’approche est-elle la même pour le vin ?

Oui, sans hésiter. Je pense que si on apprend aux jeunes à déguster des vins de qualité, on les amène vers le plaisir. Des adolescents qui n’ont aucune connaissance des vins seront plus sujets à se saouler bêtement. Dès qu’on a été initié, on n’a plus envie de boire pour boire, on savoure, on va vers l’émotion. C’est sans doute parce que le vin va au-delà du goût. Un bon vin doit parler à l’âme…

Propos recueillis par France Massy

Marie-Térèse Chappaz en bref

  • Née en 1960, Marie-Thérèse Chappaz se destinait au métier de sage-femme avant de recevoir, en 1977, une vigne de son père. Elle y prend goût. Son père l’encourage et Marie-Thérèse finit par choisir le métier de vigneronne et d’oenologue.
  • Stage chez Biollaz-vins à St-Pierre de Clages en 1978. Ecole préparatoire à Changins en 1979. Puis école supérieure d’oenologie et de viticulture, toujours à Changins.
  • De 1982 à 1987, Marie-Thérèse Chappaz est employée à la cave expérimentale de la station fédérale de Changins.
  • En 1987, elle reprend les vignes paternelles et, comme le domaine est trop petit, elle loue quelques parcelles. C’est aussi l’année de la construction de sa cave à la Liaudisaz à Fully.
  • 1988, première vinification, premier millésime.
  • 1989, naissance de sa fille, Pranvera, et ouverture officielle de sa cave.
  • En 2007, son entreprise vitivinicole compte 8 ha, contre 1,5 à ses débuts.
  • Elle travaille aujourd’hui la totalité de son domaine en biodynamie.
  • Ce sont surtout ses vins liquoreux qui ont rendu célèbre Marie-Thérèse Chappaz. Ses Grains Nobles confidentiel, spécialités valaisannes (Marsanne blanche, Petite Arvine, Malvoisie) flétries sur souches, vendangées en décembre et élevées deux ans en fûts de chêne, rivalisent avec les plus prestigieux vins doux au monde.

Son site internet

Delémont ville du Goût 2009

L’Association pour la Promotion du Goût (APG) a officiellement ouvert la campagne de candidatures pour cette édition. Toute personne souhaitant organiser un événement pendant la Semaine du Goût est invitée à le proposer d’ici au 5 mai 2009, au moyen du formulaire ou directement sur le site de la Semaine du Goût : www.gout.ch, un site totalement renouvelé pour cette édition.

Les événements ainsi proposés seront soumis d’ici fin mai aux 11 comités qualité de validation constitués dans les cantons/régions.

Les nouveautés 2009

  • Le « Maire aux fourneaux » : un responsable politique de ville ou village est invité à cuisiner pour ses concitoyens
  • La Soupe : des cuisiniers préparent une soupe en public, si possible avec des enfants
  • Bouger-manger : une catégorie d’événements qui vise à promouvoir une alimentation équilibrée en lien avec une activité physique
  • Catégorie «bio»: pour les événements qui n’utilisent que des produits issus de l’agriculture biologiques

Après St-Gall en 2008, Delémont sera déclarée Ville suisse du Goût 2009 le 27 septembre. Toute la ville et sa région seront emportées par une fête des saveurs.


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