07.05.2016, 00:01  

Le vertige du virtuel

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Crans-Montana Le premier forum mondial de réalité virtuelle propose au grand public de goûter jusqu’à demain à une vingtaine d’expériences souvent bluffantes, parfois intrigantes ou dérangeantes, mais toujours fascinantes.

«Mettez les genoux ici. Les mains, là. Et maintenant, je vous explique comment voler.» Dans le classement des phrases les plus improbables, cette dernière figure sans doute en bonne place. Quelques secondes plus tard pourtant, le temps d’enfiler le casque virtuel – un genre de masque de ski équipé d’un smartphone – et nous voilà survolant New York, battant...

«Mettez les genoux ici. Les mains, là. Et maintenant, je vous explique comment voler.» Dans le classement des phrases les plus improbables, cette dernière figure sans doute en bonne place. Quelques secondes plus tard pourtant, le temps d’enfiler le casque virtuel – un genre de masque de ski équipé d’un smartphone – et nous voilà survolant New York, battant des ailes pour prendre de la vitesse, filant entre les buildings, inclinant les paumes pour monter en flèche ou descendre en piqué.

Birdly est l’une des vingt installations que le grand public pourra tester d’ici à demain, 15 heures, au Centre des congrès de Crans-Montana à l’occasion du premier World VR Forum – ou Salon mondial de la réalité virtuelle. «2016 est l’année 0 de la VR, celle où pour la première fois le public peut acheter dans le commerce des casques virtuels, explique Salar Shahna, directeur créatif de l’événement dont les bureaux se trouvent à Genève. Mais il n’existait pas dans ce domaine de plateforme sérieuse en Europe.» Une plateforme qui réunit également depuis hier cinquante spécialistes internationaux.

Pourquoi en Valais? «La Suisse a une position centrale et est une terre fertile, entre l’EPFL, les HES, les start-up… poursuit Salar Shahna. Et le Valais peut devenir un pôle central en matière de création de contenus.» Sans compter la forte implication de Crans-Montana Tourisme, qui a injecté la moitié des 700 000 francs de budget nécessaires à la mise sur pied du rendez-vous.

Immersions fascinantes

La perspective de se mouvoir et d’interagir dans un monde virtuel fascine de longue date. «La VR est une forme d’art, une nouvelle manière de scénariser les choses, de faire vivre une expérience», s’enthousiasme Delphine Seitiee, directrice exécutive du forum. A ce titre, Volcanos, qui nous offre d’assister à l’explosion d’un volcan, est plutôt réussie. «On est juste à côté, réagit Elia, Genevois de 25 ans. Avec le son, tu es vraiment immergé!»

L’immersion est l’un des maîtres mots de la VR. Elle peut revêtir des atours psychédéliques – Wonder.Land, ses plantes fluorescentes, son chat jaune halluciné. Elle peut se faire dérangeante – Defrost, dans le fauteuil roulant d’une femme se réveillant après trente ans de cryogénisation. Elle intrigue, fascine même, lorsqu’elle nous fait découvrir le monde intérieur de John Hull. Devenu aveugle après une lente dégradation de sa vue, l’écrivain et professeur anglais avait enregistré 16 heures de notes décrivant le monde tel que sa cécité le lui laissait percevoir.

Un langage à apprivoiser

Bien sûr, le World VR Forum – qui en offre pour tous les publics – laisse également sa place au ludique: baquets de voiture de course, peinture, cartoon interactif. «On n’exclut pas le jeu, mais on montre également que la VR va bien au-delà», souligne Salar Shahna. Qui n’est pas dupe des dangers liés à ces mondes virtuels. «Evidemment que le risque d’addiction existe. Il faut encadrer, mais pas étouffer. C’est un nouveau langage, par rapport auquel nous n’avons pas de recul, mais que nous devons apprivoiser ensemble.»


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