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Le chef de la police de Conthey, amputé suite à un accident cet été, cultive un moral d'acier

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 05.10.2017, 14:47   Le chef de la police de Conthey, amputé suite à un accident cet été, cultive un moral d'acier

Accident Pascal Fumeaux, féru de sport et d'Ironman, a vu sa vie basculer suite à son accident de moto le 18 août dernier sur la route du Bourg. Le chef de la police de Conthey prend cette épreuve comme une renaissance.

Il devait participer à un Ironman au Mexique pour espérer une qualification pour celui d’Hawaï en 2018. Cela aurait été sa quatorzième compétition de ce genre. Mais, le vendredi 18 août, sur la route du Bourg à Conthey, les projets du passionné de triathlon se sont arrêtés net. Alors qu’il poursuivait à moto un automobiliste utilisant son natel au...

Il devait participer à un Ironman au Mexique pour espérer une qualification pour celui d’Hawaï en 2018. Cela aurait été sa quatorzième compétition de ce genre. Mais, le vendredi 18 août, sur la route du Bourg à Conthey, les projets du passionné de triathlon se sont arrêtés net. Alors qu’il poursuivait à moto un automobiliste utilisant son natel au volant, Pascal Fumeaux (49 ans), le chef de la police municipale de Conthey, est entré en collision avec un véhicule venant en face (cf. encadré). «Dès que j’ai vu la voiture, j’ai su que c’était fini», confie-t-il.

Prêt psychologiquement à l'amputation

Sur sa chaise roulante, à la cafétéria de la clinique Suva à Sion, Pascal Fumeaux touche avec douceur le haut de sa jambe gauche. «Je devrai désormais faire sans elle.» A la suite de l’accident, le policier a été amputé d’une grande partie de sa jambe. «J’étais prêt. J’ai pris conscience très vite que j’allais devoir passer par là, vu l’état de ma jambe après l’accident.» L’homme le dit avec sérénité, sans laisser poindre une once de regret. «Je remarcherai un jour avec une prothèse, peut-être même que je recourrai. Tout est possible», ajoute-t-il rapidement dans son t-shirt portant le logo d’un de ses Ironman passés.

La chance d’être encore en vie

Pascal Fumeaux précise qu’il a eu de la chance. «Sans la réactivité de l’un de mes collègues, arrivé quelques secondes après l’accident, qui m’a fait un garrot, je serais mort.» Le destin lui a finalement laissé la vie. «C’est sans doute que je peux encore apporter quelque chose sur cette terre», confie doucement Pascal Fumeaux, en jetant un regard à sa jambe blessée entourée d’un épais pansement. «J’ai encore les points; il faut que je fasse attention.»

Le choc lui a aussi brisé le bassin et arraché une phalange à un doigt de la main gauche. Il lui faudra du temps pour se retaper. Il le sait. Mais il veut regarder le côté positif, «toujours». Comme le fait, par exemple, d’avoir échappé à une greffe de la peau, grâce à sa musculature de sportif. Un soulagement pour lui. «C’était vraiment ma hantise.»

Quatre jours de grande tristesse

A son réveil, après l’opération, le Contheysan était conscient qu’une nouvelle vie commençait pour lui. Qu’il y aurait un avant et un après l’accident. L’homme reconnaît avoir traversé quatre jours de tristesse malgré son moral d’acier. «Le temps de faire le deuil, sans doute. Puis, cela a passé. Une fois que j’étais au fond, je ne pouvais que remonter.»

Il croit au destin

Son optimisme est sans faille. «C’est dans mon caractère. J’ai toujours été ainsi. C’est sans doute plus facile de bien le prendre quand on a déjà exercé l’optimisme dans sa vie d’avant.» Les «Pourquoi est-ce arrivé à moi?» n’ont pas place chez lui. «Je ne me suis jamais posé cette question. Cela s’est produit parce que cela devait se faire. C’est tout.» Pascal Fumeaux s’adapte déjà à sa nouvelle existence. Pour preuve, il a renommé la tirelire destinée à ses compétitions d’Ironman. «Avant, je l’appelais le «cochon Ironman»; désormais, je lui donnerai le nom de «cochon handisport.»

 

Pascal Fumeaux lors de l'Ironman sur la Côte d'Azur en 2005. ©  DR


Dans sa chambre à la Suva, des photos de lui lors de diverses compétitions de triathlon sont affichées. Il les regarde sans nostalgie. «Toutes ces aventures restent en moi; elles m’ont construit. Je sais que désormais rien ne sera pareil, mais cela ne veut pas dire que j’arrêterai le sport.»

La chaise roulante, le goût de la liberté

Le Contheysan a d’ailleurs retrouvé le mouvement depuis son arrivée à la clinique de réadaptation de Sion. Grâce à la chaise roulante, il éprouve même un sentiment de liberté. «C’est un outil magnifique. Je peux de nouveau me déplacer, bouger.» De bon augure pour ce presque quinquagénaire qui pratiquait jusqu’à vingt heures de sport par semaine. Immobilisé pendant plus d’un mois, il a perdu une partie de ses muscles. «Il faut que je me remplume, que je retrouve l’énergie. Mais j’ai confiance: je suis volontaire et j’aime les défis.»

Combattre les sensations fantômes

Lorsqu’il se déplace, Pascal Fumeaux oublie les sensations fantômes qu’il ressent en permanence. «Par exemple, là, quand je vous parle, j’ai l’impression d’avoir chaud au pied gauche alors qu’il n’existe plus.» Des sensations étranges qu’il doit apprendre à gérer. Et avec lesquelles il vivra jusqu’au bout de son existence. Là aussi, il refuse de tomber dans la nostalgie. «Au moins, je ne me lèverai plus jamais du pied gauche», rigole-t-il, faisant de l’humour une force dans sa reconstruction.

Il retrouvera son uniforme de policier

L’homme est aussi conscient qu’il ne «courra plus après les voleurs». Au sens propre. Sa vie professionnelle changera sans conteste. Mais Pascal Fumeaux restera policier, sa «vocation». «Je pourrai continuer à organiser les achats tests d’alcool pour les jeunes ou m’occuper du label fiesta.» Son travail sera plutôt constitué de tâches administratives. «Je n’abandonnerai pas mon uniforme», lance-t-il presque solennellement, comme une promesse faite à lui-même.

Le presque quinquagénaire a appris à vivre au jour le jour depuis le fameux 18 août. Il n’anticipe pas sa sortie de clinique. «On verra. Chaque chose en son temps.» Lui qui était intraitable avec son corps a décidé désormais de l’écouter. Il sait maintenant cesser un effort quand il s’aperçoit que la charge est trop lourde pour son corps. «C’est la première fois que je suis autant à l’écoute, je l’admets.»

 

Même s'il ne fera plus d'Ironman comme ici en 2010 à Regensburg, Pascal Fumeaux n'est pas prêt à baisser les bras. ©  DR


Le passionné de triathlon blotti au fond de lui ne peut s’empêcher de sortir parfois de sa caverne. Ses treize Ironman défilent alors dans ses yeux. «Symboliquement, j’ai déjà commencé le quatorzième. Du jour de l’accident jusqu’à mon hospitalisation à Berne: c’étaient les 3,8 km de natation; puis, de la chambre bernoise jusqu’à la Suva, c’étaient les 180 kilomètres de vélo et là, je viens d’entamer le marathon de 42 kilomètres. Je dois en être au deuxième kilomètre», conclut-il en souriant.

L'enquête est en cours

Le 18 août dernier, à Conthey, la moto de Pascal Fumeaux est entrée en collision avec un automobiliste français domicilié en Valais.

L’enquête pour lésions corporelles graves est toujours en cours. Les auditions et expertises des véhicules ne sont pas  terminées, nous a précisé le procureur général Nicolas Dubuis.

>>A lire aussi: Appel à témoins après le grave accident d'un motard


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