06.02.2013, 00:01  

"Je crois à la musique populaire"

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Très à l'aise sur le plateau du "Kiosque à musiques", Jean-Marc Richard défend bec et ongles ce milieu pas ringard du tout. Les intéressés pourront assister au direct de l'émission radio le samedi 16 février à la salle polyvalente Florescat de Saxon, de 11 h à 12 h 30.
RTS
Par CHRISTINE SAVIOZ

JEAN-MARC RICHARD - L'animateur sera à Saxon la semaine prochaine pour "le Kiosque à musiques". Rencontre.

" Ce milieu est celui qui a le plus grand vivier de musiciens."

JEAN-MARC RICHARD ANIMATEUR DU "KIOSQUE A MUSIQUES"

Un hyperactif, Jean-Marc Richard? Sans doute. La preuve, l'animateur enchaîne les présentations d'émissions tant à la radio qu'à la télévision. Il anime "La Ligne de coeur" sur La Première, tous les soirs du lundi au vendredi, "Les clefs de la fortune" pour la RTS un, et présente les deux émissions du "Kios que à musiques" tous les samedis, en direct le matin pour la radio et en différé pour la télévision. L'homme ne ménage donc pas ses forces. "La pire semaine du mois est celle où j'enregistre toute la semaine "Les Clefs de la fortune", car je travaille de 7h30 à 1 heure du matin sans m'arrêter. Mais heureusement, les trois autres semaines sont plus légères" , (se) rassure Jean-Marc Richard.

Saxon, son coup de coeur

L'animateur enregistrera d'ailleurs les émissions du "Kiosque à musiques" à Saxon la semaine prochaine avec, notamment, Christian Constantin et le rédacteur en chef du "Nouvelliste" Jean-François Fournier sur le plateau de l'émission télévisuelle. Avant ce passage bas-valaisan, il a accepté de parler des musiques populaires, avec passion. Instant d'interview presque volé samedi dernier à Martigny dans le planning très chargé de l'animateur.

Jean-Marc Richard passait le week-end aux Mayens-de-Saxon où il a un chalet. "J'ai eu un coup de coeur pour cet endroit et ses habitants. Enregistrer le "Kiosque à musiques" à Saxon est tout un symbole pour moi."

Un thé plus tard, Jean-Marc Richard s'enflamme pour défendre les musiques populaires. " Les gens ont parfois un regard arrogant sur les musiques populaires, or c'est pourtant là qu'il y a le plus grand vivier de musiciens. J'ai un immense respect pour les personnes qui jouent des musiques populaires." L'animateur, qui a repris les rênes de l'émission radiophonique il y a douze ans, tord le cou à ceux qui traitent ce milieu musical de ringard. "Il faut tout de même savoir que 80% des gens faisant de la musique en Romandie font de la musique populaire. Particulièrement en Valais."

Jean-Marc Richard ajoute que, ces dernières années, ce sont souvent des femmes, jeunes, qui jouent de l'accordéon, que de nombreux jeunes rejoignent de plus en plus les rangs des fanfares et que, dans l'art choral, il y a un renouveau des choeurs pour les jeunes. "Cela prouve que la musique populaire s'est rajeunie et renouvelée ces dernières années. Elle reste l'élément central de la vie associative, même davantage que le sport!"

Valais en force

L'homme ne cache pas son admiration pour le Valais pour sa force à maintenir ce style musical. "C'est le seul canton qui a su faire exister les musiques folkloriques en Romandie, avec des sociétés de danse comme les Zachéos par exemple. Ailleurs en Suisse, la musique folklorique est plutôt de sensibilité alémanique." En Suisse francophone, la musique du monde a remplacé la musique folklorique. "Le Valais est là encore brillant, car il a aussi vu naître des nouveaux groupes qui revisitent le répertoire des musiques du monde, comme Anach Cuan." Pour Jean-Marc Richard, la musique populaire a ainsi gagné en qualité au fil des ans.

La télé, appât pour les jeunes

Le défi de l'animateur est d'amener les plus jeunes à découvrir les musiques populaires, via le "Kiosque à musiques" télévisuel. "L'audience radio est certes dix fois supérieure à celle de l'émission télé, mais la télévision amène le zapping. En zappant, les gens peuvent découvrir cette musique. Le but est de toucher justement ces gens qui ont une image fausse ou pas d'image du tout de la musique populaire."

Seule l'émission télévisuelle peut viser ce public; l'émission radiophonique prêche à des convaincus. " Ceux qui ne veulent pas entendre parler de musique populaire ne se brancheront pas sur La Première le samedi à 11 heures" , souligne, avec réalisme, Jean-Marc Richard. L'émission sur petit écran permet ainsi d'éviter les ghettos. L'ouverture, toujours l'ouverture...

L'ANIMATEUR CARTONNE AUSSI A "LA LIGNE DE COEUR"

Vivement critiqué à l'annonce de sa nomination à la tête de "La Ligne de coeur" il y a quelques mois, Jean-Marc Richard (53 ans) a su faire taire les sceptiques. L'émission radio sur la Première (de 22 heures à minuit) a de plus en plus de succès et fait presque l'unanimité auprès des auditeurs. "C'est la première fois que je reçois du courrier de gens qui me disent s'être trompés sur moi et qu'ils ont ravisé leur jugement" , souligne Jean-Marc Richard avec satisfaction.

Il faut dire que le quinquagénaire a rapidement trouvé ses marques. Il sait privilégier l'écoute. Un atout non négligeable. "De moi, les gens avaient l'image d'un animateur qui s'agite toujours. Mais à "la Ligne de coeur", ma vraie personnalité apparaît. J'ai retrouvé ce qu'il y avait au plus profond de moi."

Chaque soir, Jean-Marc Richard doit improviser, en fonction des appels. "Je suis tout le temps sur le fil, je ne sais jamais qui je vais rencontrer. C'est ce qui est beau." L'animateur apprécie aussi le fait que les auditeurs n'ont rien à vendre. "C'est la première fois que je fais une émission où la personne ne vient pas pour présenter quelque chose."

Si Jean-Marc Richard sait écouter les souffrances des auditeurs, il tient aussi à mettre de la lumière pendant l'antenne. "Il y a la place pour les personnes qui veulent exprimer leurs maux, mais, pour moi, c'est important que des personnes ayant vécu les mêmes difficultés et qui s'en sont sorties en témoignent aussi à l'antenne. Les gens découvrent que chacun peut apporter quelque chose à l'autre." L'émission oscille ainsi entre "l'ombre et la lumière", deux mots que l'animateur voulait d'ailleurs utiliser comme sous-titre de "La ligne de coeur". CSA


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