05.03.2016, 00:01  

«Il faudra des années pour un retour d’Ecône dans l’Eglise»

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«Le Temps»  a déclaré cette semaine que le grand pardon du pape envers  la fraternité d’Ecône était imminent,  ce que contredit MgrFellay.

schisme Mgr Bernard Fellay, supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X, contredit la rumeur prétendant que la réconciliation des siens avec l’Eglise est imminente.

La reconnaissance unilatérale de la Fraternité Saint-Pie X (fondée en 1970 à Ecône) par le pape François n’est pas pour cette année, selon Mgr Bernard Fellay, successeur de Mgr Lefebvre comme supérieur général de la fraternité. Il contredit ainsi les rumeurs persistantes relevées cette semaine par «Le Temps» qui prétendent que le grand pardon est imminent.

«A mon avis, ce n’est pas pour demain. Cela peut encore prendre des années», affirme Mgr Fellay qui, selon les bruits qui courent, pourrait se voir offrir une prélature personnelle. Au bout du fil, le religieux note encore que «dans cette affaire, il ne faut pas de précipitation. Vous savez, ce sont des choses qui durent depuis l’an 2000 et qui font peu à peu leur chemin. Mais ça prend du temps.»

Un long chemin de réconciliation

Alors que le mouvement avait été banni de l’Eglise, sans statut canonique, ni ministères légitimes en 1988, le pape Benoît XVI avait amorcé la voie de la réconciliation en 2009 en levant l’excommunication des évêques de la Fraternité Saint-Pie X ordonnés par Mgr Lefebvre. Un début. «Mais il y a beaucoup de blessures, et il faut les panser avant de pouvoir discuter sereinement», ajoute Mgr Fellay. Il se dit cependant ouvert à la discussion avec le Vatican. Mais pas aux concessions. «Quand il s’agit de la foi, il n’est pas question de concessions. Il faut avoir une position claire et il faut l’unité. Cela peut prendre encore plusieurs années», ajoute encore Mgr Fellay.

Pour l’abbé François-Xavier Amherdt, professeur de théologie à l’Université de Fribourg, il est indispensable également que la réconciliation soit portée par un foi commune. «Il me paraît impossible d’imaginer une coexistence de deux Eglises parallèles au sein de la même Eglise catholique si la Fraternité Saint-PieX n’accepte pas les documents du concile VaticanII», précise-t-il.

L’évêché se réjouit de la réconciliation

La rumeur du grand pardon du pape envers la fraternité d’Ecône est plutôt bien perçue du côté de l’évêché de Sion. Le vicaire général Pierre-Yves Maillard trouve ainsi «raisonnable et logique que l’Eglise veuille résorber ses schismes. Je vois cette nouvelle dans le prolongement du geste fait, par exemple, par le pape BenoîtXVI», souligne-t-il.

Pour lui, cet acte du pape François ne serait pas surprenant. «Le pape François donne beaucoup d’importance aux gestes et aux symboles. Par ailleurs, il passe toujours par la discussion, la rencontre avec les personnes. Il ouvre des portes», précise le vicaire général en ajoutant que la balle est désormais dans le camp de la fraternité d’Ecône.

Une bonne chose, mais…

Même espoir pour le prêtre catholique sierrois Michel Sa- lamolard. Qui note qu’un rapprochement entre le pape François et la Fraternité Saint-Pie X «serait une bonne chose. A condition que la Fraternité Saint-Pie X ne s’assoie pas sur le concile VaticanII», explique-t-il.


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