28.01.2013, 00:01  

Des parents critiquent l'enquête valaisanne

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Olivier Elsig est le procureur valaisan en charge de l'enquête sur le drame de Sierre. Il était allé en Belgique pour informer les familles sur l'avancement de l'enquête. 
LE NOUVELLISTE/A
Par LYSIANE FELLAY

DRAME DE SIERRE - La justice valaisanne est remise en question en Belgique, tout comme la rapidité d'intervention des secours.

Des parents de victimes de l'accident de car de Sierre remettent en question l'enquête de la justice valaisanne, comme l'a relaté la RTBF sur son site internet vendredi. Ils critiquent également la rapidité d'intervention des secours. Il s'agit en fait d'une minorité de parents, soit cinq ou six familles de Lommel.

 

La piste du suicide

 

Ces parents jugent que la piste du suicide du chauffeur n'a pas été suffisamment prise au sérieux dans l'enquête menée par la justice valaisanne. "Très rapidement, ces parents ont privilégié la piste du suicide et ils cherchent à étayer leur thèse" , explique Oli vier Elsig, premier procureur du Valais central. "Pour y parvenir, ils se fondent sur des éléments de notre enquête." Le chauffeur avait pris un anti-dépresseur, le Seroxat. Les familles des victimes ont trouvé une information sur internet disant que ce médicament peut donner des envies suicidaires. Olivier Elsig assure qu'aucune piste n'est écartée. Le médicament en question doit d'ailleurs faire l'objet d'un rapport d'expertise. Cette dernière déterminera l'influence de la substance sur le chauffeur et dans quel contexte le Seroxat lui avait été prescrit. "J'ai toutefois de la peine à croire à cette thèse du suicide. La trajectoire du bus n'était pas droite. Il a d'abord touché le mur latéral puis est monté sur la bordure avant de subir le choc frontal. Il avait enclenché son régulateur de vitesse. Si on veut se suicider, je crois plutôt qu'on appuie sur le champignon et qu'on va tout droit" , ajoute-t-il. A ce sta de, l'enquête se poursuit donc, même si elle devrait gentiment arriver à son terme.

 

Les secours

 

Les parents ont pu visionner en fin d'année 2012 les images vidéo de l'accident. Ils estiment qu'un temps précieux a été perdu lors de l'opération de sauvetage. Ils auraient constaté l'arrivée des secours 19 minutes après l'accident. Jean-Marie Bornet, chef de l'information et de la prévention à la police cantonale, le conteste: "La police a été alertée 8 secondes après le crash. Rapidement sur les lieux, la patrouille a sécurisé l'autoroute en fermant les deux tunnels avant de venir près du bus 10 minutes après le choc frontal. La première ambulance est arrivée 17 minutes après l'accident. C'est un bon timing." De son côté, Olivier Elsig affirme que cette intervention est extrêmement rapide, mais il comprend toutefois la réaction des parents. "Je crois qu'ils ont trouvé ce temps long lorsqu'ils ont visionné le film. C'est certain que les minutes paraissent interminables quand on imagine son enfant entre la vie et la mort.""Je comprends tout à fait le désarroi de ces familles. Elles se posent des questions et nous devons y répondre en toute transparence" , explique Jean-Marie Bornet. Depuis le début de l'enquête, Olivier Elsig a reçu de nombreux mails des parents: "J'y ai toujours répondu. Ils ont également eu accès à tous les éléments du dossier."

 

Mettre fin à la polémique

 

Pour démontrer la rapidité d'in tervention et mettre fin à la polémique, des images de la vidéosurveillance vont être montrées au grand public. Elles seront notamment diffusées dans le cadre d'une émission de "Temps présent". "Nous ne montrons pas le crash, mais quelques éléments avec le minutage pour étayer nos dires" , explique Jean-Marie Bornet.

Quoi qu'il en soit, Jean-Marie Bornet tient à saluer l'intervention des secouristes: "Ce soir- là, tout le monde a donné son maximum et nous avons fait au mieux."

Le soir du 13 mars 2012, le drame de Sierre avait coûté la vie à 28 personnes dont 22 enfants. vingt-quatre enfants avaient été blessés. Ils rentraient d'un camp de ski dans le val d'Anniviers.


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