21.03.2017, 00:01  

Ce qui manque à l’aéroport pour qu’il prenne son envol

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Si tous les projets se concrétisent,  l’activité de l’aéroport de Sion  va décoller.

 21.03.2017, 00:01   Ce qui manque à l’aéroport pour qu’il prenne son envol

Plusieurs projets de lignes sont dans l’air. S’ils se réalisent, l’aéroport de Sion, construit en 1991, devra subir quelques améliorations. Visite des lieux.

L’Angleterre, Bruxelles, Amsterdam et peut-être bientôt le Portugal. Si les différents projets qui gravitent actuellement autour de l’aéroport de Sion se réalisent, ce dernier va franchir un cap et poursuivre son développement. Problème, bâti en 1991 et presque jamais rénové depuis, l’aérogare accuse quelques signes de fatigue avant même de prendre son envol. D’autres infrastructures du tarmac devront également...

L’Angleterre, Bruxelles, Amsterdam et peut-être bientôt le Portugal. Si les différents projets qui gravitent actuellement autour de l’aéroport de Sion se réalisent, ce dernier va franchir un cap et poursuivre son développement. Problème, bâti en 1991 et presque jamais rénové depuis, l’aérogare accuse quelques signes de fatigue avant même de prendre son envol. D’autres infrastructures du tarmac devront également être modernisées pour accueillir les nombreux nouveaux passagers prévus. Ce défi n’effraie pas Aline Bovier, directrice de l’aéroport: «Nous sommes un gestionnaire d’infrastructures qui doit s’adapter à la demande.»

L’aviation d’affaires reste le business principal

Même si plusieurs projets d’envergure sont dans l’air, l’aviation d’affaires reste le pilier du développement de l’aéroport de Sion. Ce domaine a rencontré un grand succès cet hiver avec un record de mouvements à la mi-février. Aline Bovier, directrice de l’aéroport, préfère cependant jouer la carte de la prudence: «Janvier et février ont été incroyables. Il est cependant encore trop tôt pour faire une analyse. Cette hausse peut être liée à des facteurs très ponctuels notamment la météo. L’important, c’est de consolider cette situation.»

Laurent Burnier, directeur du site de Sion pour la société Tag Aviation, l’un des leaders européens dans l’aviation d’affaires, partage ce constat: «Nous avons fait deux très bons mois avec plus de 500 mouvements.» Présente depuis quatre ans sur le tarmac sédunois et d’habitude plutôt discrète vis-à-vis des médias, la société tient à saluer l’évolution de l’aéroport. «Le chemin est long mais nous allons dans la bonne direction. Le travail paie. Tout le monde se bat main dans la main pour développer l’aéroport. Nous avons de très bonnes relations avec la direction de l’aéroport.» Selon Laurent Burnier, une marge de progression existe: «Nous devons parvenir à amener du trafic en dehors de la haute saison d’hiver. Il faut habituer les gens.» Pour rappel, Tag Aviation qui est notamment présente en force à Genève est venue s’installer dans un créneau qui n’existait pas encore à Sion. La société propose un service complet avec un service passager, du hangarage, de la maintenance et du support technique. DV

Aspects techniques et juridiques

Normes légales

«Tout est en ordre avec l’OFAC. C’est d’ailleurs l’une des premières choses que nous avons commencé à faire car les démarches peuvent prendre du temps», rassure la cheffe de l’aéroport. Confirmation de l’OFAC qui indique cependant que la balle est dans le camp de l’aéroport et que l’instance étudiera tout changement avant validation.

Contrôle aérien

«Une augmentation de trafic ne nous pose pas de problème et nous sommes prêts à la gérer», souligne Vladi Barrosa, responsable communication du contrôleur aérien Skyguide. Un contrôleur qui doit revoir son modèle de financement pour les aéroports régionaux en raison d’un changement dans la législation. «Les discussions se font en bilatéral avec chaque aéroport afin de trouver les bonnes solutions. Cette discussion sera menée à Sion dès que nous connaîtrons avec précision les modalités de désengagement de l’armée», ajoute le porte-parole.

Approche GPS

Une prolongation provisoire de deux ans a été demandée et accordée par l’OFAC à l’aéroport de Sion qui a délibérément choisi la voie du provisoire. «Cela nous permet d’apporter encore des modifications. Nous voulons conserver une marge de manœuvre, exploiter tout le potentiel d’amélioration», insiste Aline Bovier qui pense notamment au fait qu’actuellement, l’approche doit être complète et implique pour les avions venant du nord de survoler l’aéroport puis de remonter faire une boucle vers le Haut-Valais. «Nous aimerions quelque chose de plus simple», annonce la directrice.

passagers et sécurité

Sûreté/douane

Une analyse des flux de passagers va être réalisée à l’intérieur de l’aéroport en collaboration avec l’EPFL pour localiser les goulets. Le dispositif sera adapté aux volumes prévus une fois l’étude effectuée. L’aéroport dispose de suffisamment de personnel formé et du matériel adapté pour assurer les fouilles des voyageurs et des bagages.

Handling

Les compagnies peuvent décider vers quel prestataire se tourner pour cette opération qui regroupe toutes les activités au sol notamment le chargement des bagages. Impossible pour l’heure de connaître les besoins. «Si une compagnie veut faire appel aux services de l’aéroport, nous avons un pool d’auxiliaires formés et prêts à être mobilisés. Ces personnes ont été engagées grâce au service social de la Ville de Sion. Il nous tenait à cœur de faire travailler des personnes en rupture», précise la directrice.

Service du feu

Les moyens de secours doivent être adaptés à la catégorie d’avions qui va se poser. Plus l’avion est gros, plus il faut de forces d’intervention prêtes au sol en cas de problème. Comme le modèle des avions prévus n’est pas encore connu, impossible de déterminer pour l’instant les moyens à prévoir. «Au niveau des véhicules, nous sommes parés. Il faudra peut-être faire des adaptations du côté du personnel, mais c’est déjà le cas aujourd’hui puisque nous faisons appel au renfort des pompiers de la ville de Sion pour les gros avions», précise Aline Bovier avant d’ajouter que la convention précise avec l’armée prévue pour octobre entrera aussi dans la réflexion puisque, actuellement, les forces aériennes ont également des moyens de secours prêts au départ.

Restauration et magasins duty free

Actuellement, il n’y a aucun débit de boisson dans la zone d’embarquement. «Si le vol a du retard, les passagers ne peuvent même pas boire un café», déplore Aline Bovier. Une réflexion est en cours pour créer un petit shop. «Nous n’aurons pas la place pour faire un duty free avec cigarettes et alcools forts, nous préférons miser sur les produits locaux et du terroir», prévient Aline Bovier.

les projets de lignes aériennes en approche

PowdAir prévoit de débuter ses vols

en décembre de cette année

C’est le projet qui a retenu toute l’attention cet hiver! Une compagnie aérienne anglaise souhaite venir s’installer à Sion afin de bénéficier d’accès directs aux domaines skiables. Les démarches semblent plus qu’avancées puisque Rob Stewart, responsable média du projet, avance la date du 17 décembre prochain pour le début des vols. «Nous opérerons avec un Airbus A319 et nous volerons six jours par semaine.» Les destinations prévues sont les suivantes: Southend, Southampton, Bristol, Edimbourg, le nord-ouest de l’Angleterre (région de Liverpool/Manchester), Bruxelles et Amsterdam (alors que Rotterdam avait été cité précédemment). «D’autres routes en Europe sont en réflexion notamment un projet pour l’été 2018», prévient Rob Stewart.

Swiss a atteint ses objectifs et prendra

prochainement une décision pour la suite

La compagnie aérienne Swiss a réalisé quatre vols entre Londres et Sion durant le mois de février. Si Swiss ne communique pas les chiffres de fréquentation, son porte-parole Stefan Vasic indique que la compagnie est satisfaite du résultat: «Nous pouvons affirmer que nous avons atteint les objectifs fixés.» Impossible cependant pour l’heure de savoir si une liaison ou d’autres projets sont prévus pour l’année prochaine. «Nous évaluons le potentiel de nos lignes aériennes en tenant compte de plusieurs paramètres. Nous surveillons constamment l’évolution du marché et fondons nos décisions (poursuite de l’exploitation, fréquence des liaisons) en conséquence. Une décision sera prise cet été lors de la préparation du programme de vol pour l’hiver prochain», prévient le porte-parole. La concurrence de PowdAir est-elle un obstacle? «Ce n’est qu’un facteur parmi tant d’autres.» En plus de la liaison avec Londres, la ligne test proposait un aller-retour Sion-Zurich qui a dépassé les 90% de taux de remplissage selon le journal internet de la compagnie. Interrogé sur une éventuelle liaison permanente avec l’aéroport de Kloten, Swiss précise cependant que rien n’est prévu à ce sujet.

Une ligne vers le Portugal?

Le Portugal a été mentionné plusieurs fois comme une piste pour une liaison durant l’été. Aline Bovier préfère rester très prudente: «L’intention est là mais nous en sommes au stade embryonnaire des réflexions.»

Et les autres?

Buchard Voyages reconduit sa liaison avec Majorque. Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous avec un taux de remplissage de 60% actuellement et neuf vols complets. Air-Glaciers revole vers la Corse, l’île d’Elbe et Saint-Tropez. Les réservations sont en hausse de 5% par rapport à l’année passée et la compagnie a ajouté une rotation supplémentaire pour la Corse et Saint-Tropez.

locaux et infrastructures

Locaux

Les bâtiments actuels de l’aéroport datent de 1991. «Si l’on regarde les autres aéroports, ils sont constamment en travaux afin d’accueillir plus de passagers et d’améliorer leur confort. A Sion, rien n’a bougé depuis 1991 donc il est évident qu’il va falloir s’adapter», prévient Christian Bitschnau, vice-président de Sion chargé de l’aéroport. «La salle d’embarquement et l’arrivée permettent un flux régulier de passagers. Nous pouvons encore améliorer ce flux mais la réflexion doit se faire en plusieurs étapes», relève la directrice de l’aéroport.

Hangarage

Les compagnies décideront de la tactique qu’elles souhaitent adopter. «C’est à elles de voir si elles préfèrent payer le dégivrage de leur avion et les coûts liés au chauffage de leur appareil ou si elles souhaitent s’acquitter de la location d’un hangar», souligne Aline Bovier. Dans le deuxième cas, un projet de construction de hangars situés au nord-est de l’aéroport, entre le parking et le rond-point est prêt à être activé. «La Ville de Sion a mis à l’enquête ce projet. L’autorisation de construire est en force. Si un investisseur privé s’intéresse, les travaux peuvent commencer la semaine suivante», note Georges Joliat, ingénieur de la Ville. Il ajoute que le projet se compose de sept hangars plus un bâtiment administratif pour un total d’environ 60 000 mètres cubes.

Parkings

La capacité actuelle est suffisante. «Nous allons par contre refaire le revêtement de la place en terre située à l’est du parking. Ces travaux étaient au programme avant l’annonce de nouveaux vols. Des petits aménagements sont également prévus dans le parking actuel», annonce la directrice.

Transports

Les transports vers les stations touristiques ne sont pas directement du ressort de l’aéroport. Ils concernent davantage les tour-opérateurs et les destinations. «Je ne pense pas que cela soit la capacité qui manque en Valais pour trouver des cars», relève Christian Bitschnau.


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