25.11.2016, 00:01  

Présence militaire prolongée

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La Swisscoy est présente au Kosovo depuis 17 ans. Son effectif actuel est de 235 militaires.
Par Kessava Packiry

Présents depuis 17 ans dans ce pays, les soldats suisses devraient poursuivre leur mission.

Le Conseil fédéral a décidé hier de prolonger de trois ans l’engagement des soldats suisses au sein de la Kosovo Force multinationale (KFOR). Le gouvernement souhaite toutefois réduire progressivement l’effectif sur place. Et demande qu’une analyse soit faite sur la possibilité d’allouer les moyens de la Swisscoy à la promotion civile de la paix. Le Conseil devra cependant soumettre son message à l’Assemblée fédérale, son accord étant requis pour tout engagement armé de plus de trois semaines.

Selon le gouvernement, la stabilité dans l’ouest des Balkans, et notamment au Kosovo, est essentielle pour la sécurité de la Suisse. «On a pu constater par le passé qu’en cas de troubles dans la région, la pression migratoire du Kosovo vers la Suisse augmentait», écrit-il dans son message. «Il est donc dans l’intérêt de la Suisse que le Kosovo soit stable.» De plus, rappelle le Conseil fédéral, les liens qu’entretient la Suisse avec le Kosovo sont étroits: près de 10% des Kosovars résident en Suisse.

L’UDC réagit

La Swisscoy est présente au Kosovo depuis 17 ans. Son effectif actuel est de 235 militaires, sur les 4650 de la KFOR (contre plus de 50 000 en 1999). D’ici à 2020, l’effectif total de la force multinationale devrait être réduit à 2600 soldats. Le Conseil fédéral envisage de son côté de réduire le nombre de ses soldats à 190 au printemps 2018, puis à 165 dès l’automne 2019. Les coûts annuels de l’engagement suisse passeraient ainsi de 44,2 millions de francs à 37,5 millions dans un premier temps, puis à 33,2 millions. Des montants déjà inscrits au budget 2017 et au plan intégré des tâches et des finances 2018-2020.

Pour l’Union démocratique du centre, cela en fait trop. Dans un communiqué diffusé hier, le parti assène: «Dix-sept ans d’aventure militaire au Kosovo, c’est assez!» L’UDC considère cette prolongation de la mission comme une erreur profonde, et demande que les ressources libérées soient «investies directement dans la sécurité de notre pays et de sa population». Le parti entend donc intervenir «dans les commissions de politique de sécurité des deux Chambres et au plénum pour que se termine cette histoire sans fin.» Ne se positionne-t-il pas contre la position de son conseiller fédéral Guy Parmelin? Le Vaudois semble être d’accord sur le fait de poursuivre la mission, contrairement à son collègue de parti et ancien chef du Département de la défense Ueli Maurer, selon le «Tages Anzeiger». Secrétaire générale adjointe de l’UDC Suisse, Silvia Bär répond par la négative: «Nous avons toujours eu cette position, celle que la Suisse reste un pays neutre.»

Présence «nécessaire»

Selon le quotidien alémanique, l’actuel ministre des Finances a souhaité que la Swisscoy se désengage du Kosovo pour la fin 2019. Cette opposition à la position de Guy Parmelin a d’ailleurs retardé l’annonce du Conseil fédéral, qui aurait dû tomber mercredi. Le temps que les deux UDC tombent d’accord sur le compromis d’une réduction progressive des effectifs. Le «Tages Anzeiger» rappelle par ailleurs qu’au sein du Conseil fédéral, la question fait débat: la ministre Doris Leuthard (PDC) avait déjà émis des doutes sur le maintien des soldats suisses.

De son côté, la conseillère nationale Lisa Mazzone (Verts, GE) avance: «Nous aussi avons toujours été contre une présence militaire pour assurer la paix. Là où nous nous démarquons de l’UDC, c’est que nous estimons qu’un engagement au Kosovo reste nécessaire. Une présence civile, par le biais de la coopération au développement, mais pas militaire. Et cet accompagnement est le seul qui puisse permettre de donner à la population kosovare les moyens d’atteindre une autonomie.»

Pour les Verts, il n’a jamais été question d’abandonner le Kosovo. «Il est important que la Suisse participe au processus de paix. Et je ne peux que me réjouir que le Conseil fédéral envisage d’ici à 2018 un rapport sur un transfert de moyens de la force militaire vers une promotion civile de la paix.»


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