15.02.2017, 00:01  

Le capucin abuseur a sévi en Valais

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Le livre de Daniel Pittet, racontant les abus sexuels subis dans son enfance  par J.A., a fait la une  de la presse  cette semaine.

PÉDOPHILIE - Une victime de J.A. a déposé plainte en 1995 pour abus sexuels. Le religieux a vécu au foyer des capucins d’Agaune dans les années septante. Il est aussi passé par Saint-Raphaël à Champlan.

Le capucin J.A., dont les abus sexuels sur les enfants ont été révélés au grand jour par le Fribourgeois Daniel Pittet dans un livre-témoignage (voir «Le Nouvelliste» de lundi), a également sévi en Valais au début des années septante. Une personne a ainsi déposé plainte contre ce capucin à Saint-Maurice en 1995. «Mais sa plainte n’a pas pu...

Le capucin J.A., dont les abus sexuels sur les enfants ont été révélés au grand jour par le Fribourgeois Daniel Pittet dans un livre-témoignage (voir «Le Nouvelliste» de lundi), a également sévi en Valais au début des années septante. Une personne a ainsi déposé plainte contre ce capucin à Saint-Maurice en 1995. «Mais sa plainte n’a pas pu aboutir, car les faits étaient prescrits», explique frère Agostino Del Pietro, provincial des capucins suisses.

Au foyer des capucins de 1974 à 1977

J.A. était logé au foyer des capucins de Saint-Maurice de 1974 à 1977, selon l’annuaire des capucins. «De 1975 à 1977, il était domicilié là mais il travaillait tous les jours à Lausanne dans une institution pour enfants et adolescents handicapés où il officiait comme thérapeute-psychologue», précise Agostino Del Pietro.

La personne qui a déposé plainte en 1995 a d’ailleurs confronté son agresseur à Lausanne à l’époque. «Cela s’est passé en présence d’un représentant des capucins et d’un autre de l’association Faire le pas qui s’occupe des enfants abusés», ajoute Agostino Del Pietro.

En tout, J.A. a habité trois ans à Saint-Maurice. De combien d’autres mineurs a-t-il abusé sexuellement pendant ses années en Agaune? La question reste sans réponse, du côté des capucins. «La plainte datée de 1995 est la seule qui a été déposée à ma connaissance, pour l’instant», note Agostino Del Pietro.

Il organisait des camps de vocation à Champlan

Le rapport d’enquête effectué par la procureure fribourgeoise Yvonne Gendre en 2008 mentionne que J.A. aurait dû être engagé à l’institut Saint-Raphaël à Champlan mais, à la suite d’une plainte d’un jeune auprès d’un éducateur, il a été écarté et nommé à Saint-Maurice. Christian Bader, actuel directeur de l’institut de Champlan, dit ne pas avoir de trace concrète du passage de J.A. «Nous avons entendu parler de ce religieux par une personne, aujourd’hui établie en Australie, qui était ici dans son enfance. Mais nous n’avons pas trouvé de mention de J.A. dans nos archives», souligne-t-il. L’ancien directeur, Pierre Mermoud, se souvient, par contre, avoir rencontré le capucin au sein de l’établissement. «Ce monsieur organisait des camps de vocation pour les enfants d’une douzaine d’années pendant l’été et utilisait l’institut pour héberger les participants. Ils occupaient un étage de Saint-Raphaël pendant quelques jours, mais nous n’avions pas de contacts avec eux», souligne Pierre Mermoud.

Mgr Lovey s’insurge contre ces «actes abjects»

Mgr Jean-Marie Lovey, évêque de Sion, affirme de son côté n’avoir aucune trace du capucin J.A. au sein de l’évêché. «Ses actes sont inadmissibles. C’est abject de trahir la confiance des enfants», souligne-t-il avec force.

Depuis son entrée en fonction, Mgr Lovey a eu contact avec plusieurs Valaisans abusés sexuellement par un prêtre dans leur enfance. «Les faits sont prescrits, mais cela n’enlève rien au drame de la personne. Les gens veulent être entendus officiellement par quelqu’un de l’église», raconte-t-il. Des victimes qui ont besoin d’être entendues et crues. «Une personne me disait qu’elle n’avait plus aucun témoin et qu’elle avait besoin qu’on lui fasse confiance.»

Mgr Morerod invite les victimes à s’annoncer

Pendant la dernière Conférence des évêques suisses à Sion, les prélats avaient demandé officiellement pardon à toutes les victimes lors d’une messe à la basilique de Valère.

Depuis la sortie du livre de Daniel Pittet, Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg et président de la Conférence suisse des évêques, invite les personnes abusées par J.A. à s’annoncer auprès de lui. Lire aussi en page 30


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