20.09.2017, 12:00  

Ski alpin: Henrik Kristoffersen, un Norvégien à contre-courant

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A un mois du coup d'envoi de la Coupe du monde à Sölden, le talent norvégien Henrik Kristoffersen s'entraîne à Saas-Fee.

 20.09.2017, 12:00   Ski alpin: Henrik Kristoffersen, un Norvégien à contre-courant

Interview - Henrik Kristoffersen s'entraîne à Saas-Fee depuis le début du mois de septembre. Le technicien norvégien est désigné comme le futur successeur de l'Autrichien Marcel Hirscher. Interview d'un jeune talent qui compte déjà 15 succès en Coupe du monde.

Sur le mur du restaurant d’altitude du Langfluh à Saas-Fee est accrochée une photo d’Henrik Kristoffersen. Sur l’image, le Norvégien n’est pas encore devenu l’un des phénomènes de la Coupe du monde de ski puisqu’il n’a que douze ans. L’illustration date de sa première visite dans la station haut-valaisanne avec son ski-club de l’époque. Depuis, le Scandinave de 23 ans s’est entiché de Saas-Fee où il revient lors de chaque fin d’été pour préparer la nouvelle saison....

Sur le mur du restaurant d’altitude du Langfluh à Saas-Fee est accrochée une photo d’Henrik Kristoffersen. Sur l’image, le Norvégien n’est pas encore devenu l’un des phénomènes de la Coupe du monde de ski puisqu’il n’a que douze ans. L’illustration date de sa première visite dans la station haut-valaisanne avec son ski-club de l’époque. Depuis, le Scandinave de 23 ans s’est entiché de Saas-Fee où il revient lors de chaque fin d’été pour préparer la nouvelle saison. Interview d’un talent destiné à prendre prochainement la relève de Marcel Hirscher.

 

 

@saasfee #HK94

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Henrik Kristoffersen, vous vous trouvez en conflit avec votre fédération pour un problème de sponsor qui s’éternise depuis l’hiver dernier. Vous vous entraînez donc seul cet été. Comment gérez-vous cette situation?

Tout va prochainement rentrer dans l’ordre. Je retrouverai l’équipe de technique le 1er octobre. En attendant, je m’entraîne avec mon père Lars et j’ai également des servicemen de Rossignol présents avec moi. Cela ressemble davantage à une nouvelle ère pour moi où je dois me prendre seul en main, faire mes propres choix. Ce n’est pas un problème. D’ailleurs, ma préparation s’est très bien déroulée. Jusqu’à maintenant, je n’aurais rien pu faire de mieux.

Marcel Hirscher, Lindsey Vonn, Lara Gut, Anna Fenninger. S’entraîner seul au travers d’une cellule privée est devenu une véritable tendance dans le ski alpin. C’est un concept auquel vous réfléchissez?

Je ne veux pas forcément m’entraîner seul de mon côté, mais je remarque que le sport évolue. Aujourd’hui, beaucoup d’athlètes gèrent leur propre planning et notamment les meilleurs. Dans le tennis ou le golf, c’est une norme. Pourquoi pas en ski? Tout est devenu plus compétitif, plus professionnel. Et on doit avancer avec.

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A 23 ans, avec déjà 15 succès en Coupe du monde et un petit globe en slalom, vous skiez sur les traces de vos illustres aînés que sont Kjetil Andre Aamodt ou Lasse Kjus. Vous considérez-vous comme leur héritier?

C’est difficile à dire, car, comme le sont aujourd’hui Svindal, Jansrud et Kilde, ils étaient davantage tournés vers les disciplines de vitesse que je ne le suis. Je suis un peu à contre-courant en Norvège puisque je me concentre sur les épreuves techniques. Toutefois, je ne cherche aucune comparaison, je cherche avant tout à être moi-même.

De par leurs nombreux succès, ils devaient tout de même être de réelles sources d’inspiration?

Plutôt des idoles. Mes premiers souvenirs du ski à la télévision remontent aux Jeux de Salt Lake City lorsque Aamodt est devenu champion olympique du super G. Je me suis alors identifié à lui en grandissant. Disons que mes références sont plus actuelles. J’ai beaucoup observé Jean-Baptiste Grange quand il était au sommet. Maintenant, je regarde évidemment Marcel Hirscher. J’analyse ce qu’il réalise de mieux, mais je cherche toujours à apporter ma propre contribution. Car si tu ne fais que répéter ce que les autres font, tu ne vas jamais les battre, mais uniquement les égaler.

 

Henrik Kristoffersen est prêt à prendre le taureau par les cornes pour cette nouvelle saison. © Louis Dasselborne

 

Votre précocité étonne sur le cirque blanc. Tout semble facile lorsque l’on vous voit skier.

Rien n’est facile, je peux vous le certifier, même si beaucoup de gens le pensent. Il y a énormément de travail derrière. Lorsque j’ai mis mes premiers skis, je ne voulais pas simplement les laisser glisser, je désirais skier vite et pour ce faire seul le travail importe. Evidemment, j’ai eu la chance de progresser rapidement. Mais rien n’était acquis d’avance, je n’avais aucune prédisposition physique. J’ai simplement bossé sur mes skis et à l’entraînement pour être là où je me trouve aujourd’hui.

Maître de régularité, vous ne sortez que très rarement du tracé. Vous avez connu l’hiver dernier votre première élimination en deux saisons en slalom.

L’une de mes forces est ma qualité d’adaptation. J’arrive à anticiper sur les skis ce qu’il va se passer dans les secondes qui arrivent. Comment j’y arrive? Je n’en ai pas la moindre idée.

 

 

Vous n’êtes donc plus ce «wild child» (ndlr: enfant sauvage) comme on vous surnommait plus jeune?

C’est vrai que je ne pouvais jamais rester tranquille. J’étais toujours dissipé. Je le suis toujours un peu. Bon j’ai grandi. C’est nécessaire pour gérer une carrière, la pression qui va avec, l’enchaînement des courses. Il s’agit d’être intelligent. Mais lorsque je réalise une mauvaise manche, j’ai besoin d’être énervé ou déçu. C’est ainsi que l’on apprend de ses erreurs et que l’on progresse.

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A l’image de Michaela Shiffrin ou de Marcel Hirscher, vous ne semblez d’ailleurs jamais douter en course.

C’est vrai que je ne suis pas mauvais dans cet exercice (rires). Ce que je sais c’est que bon nombre de skieurs peuvent prendre un virage comme Marcel ou moi le faisons, mais peu sont capables d’en enchaîner 65 ou 70 en une minute de slalom. On peut s’entraîner autant que l’on souhaite, mais il faut être prêt à affronter la compétition. Je crois que c’est surtout la résultante d’une bonne préparation mentale qui représente une composante prépondérante de la performance.

A quel pourcentage l’estimez-vous?

Il est difficile de mettre un chiffre. Personnellement, je n’ai pas de secret, ni de coach mental. C’est la mentalité que m’ont transmise mes parents. Je n’ai jamais été rapide hors compétition. Mais le jour de course, je réponds toujours présent. On ne devient pas champion du monde à l’entraînement, mais on le devient par l’entraînement.

 


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