21.03.2017, 00:01  

Une rose pour Gilles Senn

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Gilles Senn a quitté Viège pour Davos en 2011. Il n’était alors âgé que de 15 ans.
Par gregory cassaz

HOCKEY SUR GLACE - Le jeune gardien valaisan de Davos, 21 ans, dispute actuellement ses premiers play-off en LNA. Véritable révélation du hockey suisse cette saison, il est interdit de parole.

Tout rattache Gilles Senn, le portier haut-valaisan de Davos, à la rose: symbole de l’amour, elle rappelle à quel point le club grison est tombé sous son charme cette saison. Un peu moins connue comme attribut d’Harpocrate-Horus, le dieu du silence, la rose est le symbole de la discrétion. Une discrétion à laquelle est confiné Gilles Senn depuis son éclosion. Le jeune gardien, qui a célébré ses 21 ans le 1er mars, est en effet soumis à un véritable «silenzio stampa», entendez par là une interdiction de donner toute interview dans les médias jusqu’au terme du présent exercice. «Il doit se concentrer sur sa tâche. Il est donc préférable qu’il ne donne pas d’entrevue», argumente l’entraîneur Arno del Curto sur le site spécialisé watson.ch.

Sur la trace des anciens

La loi du silence imposée au Valaisan n’est pas la seule décision d’Arno del Curto. Elle a été discutée avec Marcel Kull, responsable des gardiens de Davos. Présent au club depuis… 1999, Marcel Kull permet non seulement à ses protégés de progresser techniquement, mais est aussi présenté comme un perspicace psychologue. La «Neue Zürcher Zeitung»utilise même le terme de «gourou» pour qualifier l’entraîneur des gardiens. Les deux hommes forts de Davos avaient imposé cette même interdiction de parole à Leonardo Genoni, Reto Berra et autre Jonas Hiller.

A voir où ces trois-là ont terminé, on se dit que la méthode n’est pas si aberrante. «Gilles Senn se trouve encore dans une phase d’apprentissage. Il vit sa première aventure en séries finales. Il doit engranger de l’expérience. L’année prochaine, on pourra lever cette interdiction», ajoute Arno del Curto dans le quotidien zurichois, qui avait aussi prié que cette règle soit respectée lors de la première convocation du gardien en équipe nationale début février.

La condition pour qu’il puisse rejoindre la Nati? Qu’il ne s’exprime pas dans les médias!

Montée en puissance

Si Gilles Senn est tenu à ce même régime qui avait été proposé aux trois autres gardiens cités ci-contre, c’est que le HC Davos sent qu’il tient dans ses rangs une pépite qu’il vaut la peine de protéger. Un jeune qui vit une sorte de rêve éveillé ou, du moins, la saison la plus aboutie d’une carrière qui n’est qu’à son commencement. En début de saison, Gilles Senn visait certainement quelques rencontres de LNA. Six mois plus tard, il est entré dans une nouvelle dimension. Un format qui lui a permis d’endosser le costume de gardien numéro un à 34 reprises durant la saison régulière. Bien plus que Jore van Pottelberghe (17) et Melvin Nyffeler (4), les deux autres gardiens de la formation grisonne. «Lorsqu’il évoluait à Viège, il n’y avait pas encore d’entraîneurs spécifiques pour les gardiens, explique Roger Misteli, l’actuel entraîneur du Team VS1 en juniors élites B. C’est pour cette raison qu’il a décidé de partir sur Davos. Mais aussi parce que ce club est une excellente adresse.» En 2011, alors qu’il joue avec les novices top viégeois, Gilles Senn franchit le pas. Il rejoint les novices élites de la formation grisonne. Le gardien n’a alors que 15 ans. Cinq ans plus tard, il garde la cage de la première équipe. Et se profile de plus en plus comme la révélation du présent championnat. «Il est monté en puissance dès la fin des qualifications et a encore franchi un cap durant les play-off», remarque le capitaine Andres Ambühl dans la «Bündner Tagblatt». Ce soir, il disputera le premier acte de la demi-finale d’un exercice qui pourrait se conclure sur un nouveau sacre national. Un 32e pour Davos. Un premier pour Gilles Senn dans la peau du gardien numéro un. Ou comment passer de la rose au bouquet final.

«Il a été parfaitement accompagné»

Si vous deviez décrire Gilles Senn, en tant qu’homme et gardien, que diriez-vous?

Je dirais que ces deux hommes sont relativement semblables. Que ce soit dans son but sur la glace et dans la vie de tous les jours, Gilles est une personne très calme et très sociable.

Son explosion vous surprend-elle?

Absolument pas. Au cours de ces dernières années et de ces derniers mois, il a accompli d’énormes progrès. Il a été parfaitement accompagné pour gentiment goûter à la Ligue nationale A. Avec Marcel Kull (ndlr: entraîneur des gardiens de Davos), il dispose des meilleures conditions de travail possibles pour suivre la trace d’autres gardiens qui ont débuté à Davos et qui ont connu une belle carrière ensuite.

Si vous deviez relever sa principale qualité, quelle serait-elle?

Gilles est quelqu’un qu’on ne peut que très difficilement déstabiliser. Il est dur de le sortir de sa tranquillité. Cette qualité lui permet de rester concentré durant toute la rencontre: même si nous encaissons un ou des buts assez rapidement dans le match, on sait qu’il répondra toujours présent. gc


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