04.10.2017, 05:30  

Saastal, trente ans qu'il accueille ses adversaires dans un cadre bucolique

Abonnés
chargement
La patinoire de Saas-Grund est la dernière, en première ligue, à être à ciel ouvert. Elle est aussi la deuxième plus haute du pays après celle d'Arosa.

 04.10.2017, 05:30   Saastal, trente ans qu'il accueille ses adversaires dans un cadre bucolique

tradition - Saastal et sa patinoire, à Saas-Grund, est le dernier club de première ligue à évoluer à ciel ouvert et dans des conditions parfois extrêmes pour l'adversaire. Martin Zerzuben se souvient de quelques anecdotes croustillantes.

Qui n’est jamais monté à Saas-Grund, n’a jamais joué au Wichel ou n’a jamais griffé cette glace à ciel ouvert, la seule et la dernière du pays en première ligue, à 1559 mètres d’altitude – seule celle de Arosa (1775 m)  est plus élevée – ne peut pas comprendre. Saastal, depuis trente ans et sa promotion en première ligue, est un club atypique, évoluant dans un cadre bucolique et devant des spectateurs qui, longtemps, ne ressemblaient pas aux autres.

«C’est...

Qui n’est jamais monté à Saas-Grund, n’a jamais joué au Wichel ou n’a jamais griffé cette glace à ciel ouvert, la seule et la dernière du pays en première ligue, à 1559 mètres d’altitude – seule celle de Arosa (1775 m)  est plus élevée – ne peut pas comprendre. Saastal, depuis trente ans et sa promotion en première ligue, est un club atypique, évoluant dans un cadre bucolique et devant des spectateurs qui, longtemps, ne ressemblaient pas aux autres.

«C’est vrai, sourit Martin Zerzuben, entraîneur et directeur sportif du HC Saastal. Ici, à l’époque, les joueurs se faisaient cracher dessus, copieusement insulter. Ils ramassaient des boules de neige quand ils partaient seuls au goal. Et ils se faisaient tirer le maillot lorsqu’ils étaient trop proches de la bande. Mais ça a bien changé.»

Saastal a toujours tiré avantage de jouer dans ces conditions. «C’est vrai parce qu’on y est habitué. Mais il y a aussi des contraintes. Il arrive qu’on ne puisse pas s’entraîner durant une semaine, qu’on doive modifier le programme, déplacer des équipes à Brigue, annuler des matchs. Grâce aux progrès de la météo, nous parvenons mieux à anticiper les conditions climatiques extrêmes qui risquent de compromettre un match. Il arrive dès lors qu’on prévienne assez vite notre adversaire afin qu’il évite de se déplacer pour rien.»

Saastal disputera mercredi soir face à Sierre son premier match de la saison sur sa glace. Jusque-là, il a évolué à l’extérieur ou à Brigue. «Sierre, c’est l’affiche qui nous permet d’accueillir le plus de spectateurs. Ils peuvent être 1500 selon les circonstances. En fait, grâce aux tribunes qui sont là depuis toujours, aux palettes qu’on peut rajouter, il n’y a quasiment pas de limite. Aucun problème de sécurité non plus hormis les pucks qui sortent de la patinoire et qui constituent une menace pour le public.»

Un match à Saas-Grund, c’est une expérience unique pour tout joueur et tout spectateur habitué au confort des nouvelles patinoires.

Trente ans qu'il joue à ciel ouvert

Etape improbable de tout joueur qui s’est rendu au moins une fois à Saas-Grund, le déplacement à Saastal comporte son charme. «C’est un peu comme si chaque équipe avait droit à son «Winter Classic» de NHL une fois par hiver, rigole l’entraîneur. Aucune formation n’aime venir ici. Certaines ont même détesté s’y rendre. C’est un match à part dans la saison.»

Il faut en «profiter» parce qu’à l’instar des derniers résistants, Saastal pourrait bien, à son tour, jouer sous un toit dans un avenir proche. Un projet de quelque 12 millions pour un centre sportif – tennis, patinoire, escalade, bowling, pistes de VTT – pourrait être déposé et soumis au vote de la population. «La patinoire serait déplacée afin de quitter la zone dangereuse, proche de la paroi. Nous avons bon espoir que ce projet obtienne l’aval du peuple.»

Il faut savoir que Saastal peut continuer à jouer à ciel ouvert aussi longtemps qu’il reste en première ligue. En cas de relégation, il ne pourrait plus remonter dans cette configuration. «Je sais qu’il est arrivé que Saastal soit tout proche de la relégation. Une fois, ça s’est joué lors du tout dernier match. En cas de descente, le club aurait de la peine à s’en remettre. C’est son avenir même qui serait menacé.»

Les vestiaires

Il y a encore cinq ans, Sasstal et son adversaire partageaient le même local, deux pièces exiguës. «Je me souviens qu’une année, face à Viège, il y avait eu une bagarre générale dans le couloir.»

Aujourd’hui, c’est le visiteur qui occupe ces deux vestiaires. Les joueurs de Saastal ont leur propre chambre, derrière le banc. «Il y a tout le confort souhaité, se réjouit Martin Zerzuben. Il fait 50 m2; il y a un endroit pour laver les équipements, une machine et un frigo.» Et un... aquarium au milieu, en hauteur. «Ce sont les joueurs qui l’ont installé et décoré. Il n’y a encore que deux poissons. L’idée, c’est d’en rajouter un après chaque victoire. Vivement le troisième après Sierre...»

 

Martin Zerzuben nourrit les poissons qui seront aussi nombreux que les victoires de Saastal. © HELOISE MARET

 

Le bureau de l'entraîneur

Aujourd’hui, Martin Zerzuben n’est pas à plaindre. Il dispose de 10 m2, environ, d’un bureau, d’une connexion internet, d’une machine à café et d’un accès direct avec le vestiaire. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

«Non, quand je suis arrivé il y a trois ans, j’étais «logé» dans un petit cagibi sans lumière extérieure, sans le moindre confort, se souvient-il. C’est le maître de glace qui occupait le bureau actuel... J’ai négocié avec lui pour qu’on se le partage. Désormais, j’ai tout ce qu’il me faut. Je suis même mieux loti que bien des entraîneurs. C’est bien parce que je passe une quinzaine d’heures par semaine dans le bureau, à préparer les entraînements notamment, ainsi qu’une autre quinzaine d’heures avec les jeunes du club, sur la glace, et trois entraînements hebdomadaires avec la première équipe.»

Martin Zerzuben habite à Saas-Grund, à trois-quatre minutes de là. La patinoire n’est pas loin d’être sa résidence principale.

 

L'entraîneur partage son bureau avec le maître de glace.  © HELOISE MARET

 

La cantine

Jusqu’en 2013, elle était aménagée dans un... garage. «Ici, personne n’a oublié la cantine de l’époque, sourit le directeur sportif. C’est un souvenir qui a marqué les gens. Aujourd’hui, c’est le luxe. Située sur le bâtiment principal, elle peut accueillir 250 personnes debout. Bientôt, il y aura même un écran pour suivre les matchs sur MySports. Les spectateurs ont une vue plongeante sur la glace, à l’abri du froid et de la neige. Certains, les plus âgés, suivent le match derrière la vitre. Mais la plupart préfèrent toujours être à l’extérieur, en prise directe avec les actions.»

 

La nouvelle cantine a cinq ans. Jusque-là, elle était aménagée dans un garage.  © HELOISE MARET


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !

À lire aussi...

CoupeHockey: Sierre bat Saastal et se hisse au 2e tour qualificatif de la Coupe de Suisse 2016/17Hockey: Sierre bat Saastal et se hisse au 2e tour qualificatif de la Coupe de Suisse 2016/17

PLAINTEHockey sur glace: la partie Saastal-Forward Morges dégénèreHockey sur glace: la partie Saastal-Forward Morges dégénère

Top