02.10.2017, 00:01  

Octogénaire et colocataire des petits écoliers

Abonnés
chargement
1/2  

 02.10.2017, 00:01   Octogénaire et colocataire des petits écoliers

Par noemie.fournier@lenouvelliste.ch

SAINT-MARTIN - La Maison des générations a sa première locataire. A 88 ans, Yvonne Cotty-Zermatten habite désormais dans un bâtiment qui abrite également une crèche, une UAPE et des salles de classe.

yvonne Cotty-Zermatten se penche sur la barrière de son balcon. «Quelle chance, les petits partent en promenade!» s’exclame celle qui salue de la main la joyeuse bande de poupons sur le départ. De sa terrasse, la vue sur la cour d’école est imprenable puisque l’immeuble abrite également l’école, la crèche et l’UAPE de la commune de Saint-Martin. Ou...

yvonne Cotty-Zermatten se penche sur la barrière de son balcon. «Quelle chance, les petits partent en promenade!» s’exclame celle qui salue de la main la joyeuse bande de poupons sur le départ. De sa terrasse, la vue sur la cour d’école est imprenable puisque l’immeuble abrite également l’école, la crèche et l’UAPE de la commune de Saint-Martin. Ou c’est peut-être le centre scolaire qui abrite des logements. Peu importe. La Maison des générations est un espace de rencontre, tout simplement.

La Maison des générations n’était encore qu’un concept lorsque Yvonne Cotty-Zermatten a décidé qu’elle en ferait partie. «L’entretien de ma maison devenait difficile, surtout en hiver, confie la dynamique dame de 88 ans. J’ai vu dans ce projet la possibilité d’anticiper.» L’envie de rester à Saint-Martin et de garder son indépendance l’a encouragée à faire le pas. «Une manière d’éviter le home», résume celle dont la vie est bien remplie.

Au centre du village

Gym le lundi, yoga le mardi, cartes le jeudi, la première occupante de la Maison des générations se réjouit de pouvoir participer à la vie sociale du village. A quelques pas seulement de la boulangerie, des commerces ou de la banque, la bâtisse est au cœur de toutes les commodités. Si la priorité est donnée aux personnes âgées ainsi qu’aux jeunes couples, les appartements ne sont toutefois pas protégés. «Mais je peux profiter de certains services, comme les repas de la cantine scolaire», précise Yvonne.

Finalement, la Maison est un bâtiment comme un autre à la seule différence qu’il facilite l’échange et les rencontres. Un détail qui n’en est pas un aux yeux de la locataire. «Les enfants m’apportent énormément de bonheur, sourit l’arrière-grand-mère. Quand je les entends sortir, je viens spontanément les regarder jouer mais je ne veux pas les distraire.» Difficile pourtant d’être discrète lorsque la porte d’entrée de la partie locative se situe sur le préau. Quand bien même, la présence d’Yvonne semble déjà naturelle. «Nous échangeons toujours quelques mots avec elle, confirment unanimement les maîtresses. Elle s’est très bien intégrée.»

Des échanges de regard

A l’intérieur, les escaliers sont entièrement vitrés pour favoriser les rencontres. Yvonne qui, pour rester en forme, ne prend jamais l’ascenseur, s’arrête toujours au bas des marches. «Il m’est impossible de ne pas m’arrêter», s’amuse cette dernière. Derrière la vitre, elle découvre d’un côté l’entrée de la crèche. De l’autre, le chemin emprunté par les grands pour se rendre en classe. Une troupe d’écoliers choisit ce moment pour faire son entrée. Tous ont un regard pour cette dame toujours souriante. Certains se manifestent par un signe de la main énergique. «D’autres m’envoient même des baisers», confie Yvonne, épanouie.

Un bonheur qui confirme que, bien souvent, le mot maison dépasse de loin la notion de simple construction.

L’intergénération, un concept qui plaît

Chalais, Savièse ou encore Aproz, les projets associant les générations sont nombreux dans le Valais central. La proximité est même recherchée entre les homes et les structures destinées à la petite enfance. «Un contact qui apporte de la fraîcheur», souligne le président d’AVALEMS, Georges-Albert Héritier et directeur du home de Zambotte à Savièse. Des ateliers de peinture ou de bricolage en commun avec le jardin d’enfants attenant y sont organisés plusieurs fois par mois. La même dynamique est observée à Chalais, «où le home est décloisonné grâce à la crèche et à la bibliothèque au sein des mêmes murs», explique le directeur des Jasmins Claude Crettol. «Cette présence ajoute de la vie à notre institution.» nof


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top