06.10.2017, 00:01  

Comment la Suisse gérera-t-elle l’agressivité des Hongrois?

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Granit Xhaka doit encore apprendre à gérer ses émotions. L’équipe de Suisse a grandement besoin de lui.

 06.10.2017, 00:01   Comment la Suisse gérera-t-elle l’agressivité des Hongrois?

FOOTBALL - Samedi à Bâle, la Suisse devra maîtriser l’engagement physique dont les Magyars avaient abusé contre le Portugal.

Les Suisses se mettront-ils dans le rouge demain face aux Hongrois à Bâle? L’agressivité attendue des visiteurs éprouvera leur résistance nerveuse. Contre le Portugal, lors de la ronde précédente des éliminatoires de la Coupe du monde, les Magyars avaient souvent évolué aux limites du tolérable en jouant généreusement des coudes et en posant quelques semelles bien senties. Une...

Les Suisses se mettront-ils dans le rouge demain face aux Hongrois à Bâle? L’agressivité attendue des visiteurs éprouvera leur résistance nerveuse. Contre le Portugal, lors de la ronde précédente des éliminatoires de la Coupe du monde, les Magyars avaient souvent évolué aux limites du tolérable en jouant généreusement des coudes et en posant quelques semelles bien senties. Une expulsion et quatre avertissements avaient sanctionné ce comportement déplacé. Au point d’entraîner Cristiano Ronaldo dans une altercation punie d’un avertissement qui le place sous la menace d’une suspension en cas de récidive face à Andorre ce week-end.

Des Hongrois frustrés

Le recours à la méthode forte des hôtes n’avait pas empêché les Portugais de rapatrier trois points vitaux grâce à un succès sur la plus petite des marges (1-0). «Ne pas péter un câble en cas de provocation sera essentiel pour passer l’écueil sans subir de dégâts avant de se rendre à Lisbonne», confie Sébastien Fournier, ancien international et directeur technique du mouvement jeunesse du FC Sion. «Ce sera délicat pour les Suisses. Les Hongrois, qui avaient été bons lors de l’Euro 2016, terminent ces éliminatoires avec une grosse frustration. Ils se sont retrouvés rapidement distancés dans un groupe qu’ils pensaient à leur portée. Ils l’expriment sur le terrain. Cela dit, il y a un arbitre. On ne peut pas faire n’importe quoi.»

Vladimir Petkovic donne l’exemple

Sur le gazon synthétique d’Andorre-la-Vieille, les Suisses avaient souffert face à l’engagement maladroit, à la limite du vice, des amateurs andorrans avant de préserver leur succès (2-1). «Ils n’étaient pas sortis du match, ils étaient restés relativement calmes face aux coups reçus. Le groupe actuel a la bouteille nécessaire pour ne pas se disperser et pour concentrer son énergie sur le jeu.»

Les Hongrois souhaiteront aussi effacer le revers concédé lors de la première manche à Budapest, gagnée par les Helvètes (3-2). «Vladimir Petkovic est un bon psychologue. Il saura préparer ses gars au combat physique que risquent d’imposer les Hongrois. Il sait quels joueurs mettre en garde particulièrement. Mais dès le coup d’envoi, son influence sera réduite. Intervenir pour canaliser les réactions de ses joueurs est compliqué pour un entraîneur dans un stade plein. Ils ne t’entendent pas. En revanche, il donne l’exemple. Il a toujours été posé, calme, avec la maîtrise de ses émotions. C’est l’une de ses forces. Il avait déjà cette sérénité comme joueur.» Le Nendard avait partagé le maillot du FC Sion en équipe réserve avec l’actuel sélectionneur national lors de la saison 1988-1989.

Les nerfs de Granit Xhaka

Granit Xhaka sera-t-il la cible privilégiée des provocations hongroises au stade Saint-Jacques? Le joueur le plus cher de l’histoire du football national avait ouvert la campagne de qualification avec un carton rouge contre le Portugal, à la suite d’un deuxième avertissement. Six expulsions en une année et demie témoignent de sa fragilité nerveuse. «Il peut facilement partir dans l’émotionnel, mais le bagage acquis en Angleterre devrait le préserver d’une réaction disproportionnée», relève Sébastien Fournier. «Il doit apprendre à gérer ses émotions. Il doit défendre debout, d’autant plus quand un tacle n’en vaut pas la peine. C’est encore un peu son péché mignon, son petit défaut. Il est réceptif, intelligent. Il apprendra de cette période», confiait Lucien Favre, son ancien entraîneur au Borussia Moenchengladbach, dans la «Tribune de Genève» en mars après un nouveau renvoi prématuré aux vestiaires de l’international suisse.

L’armée aide le Portugal

Moins de vingt-quatre heures après le coup de sifflet final au stade Saint-Jacques de Bâle, les Suisses décolleront en direction de Lisbonne. Ils y affronteront les champions d’Europe mardi lors de la dernière journée des éliminatoires. Cristiano Ronaldo et ses coéquipiers se baladeront à Andorre samedi. «Jouer contre une équipe qui peut t’amener au combat sera une très bonne préparation», conclut Sébastien Fournier. «A condition que le match ne laisse pas trop de traces, soit par des cartons, soit par des bobos. Les Portugais investiront peut-être moins d’énergie contre Andorre, mais jouer sur un terrain artificiel sera plus éprouvant que sur de l’herbe naturelle.» Pour supprimer les trois heures de trajet en car incontournables entre Barcelone, site d’atterrissage habituel pour les délégations, et Andorre, les Portugais bénéficient du soutien de l’armée de l’air nationale. La Fédération a organisé un vol direct pour la sélection. Elle a affrété pour le déplacement un C-295 appartenant aux forces aériennes, un appareil autorisé à atterrir dans la Principauté. Les champions d’Europe n’ont plus de temps à perdre après la défaite concédée lors du match aller à Bâle.

Oslo: Sébastien Fournier avait vu rouge

Sébastien Fournier voit rouge à Oslo le 10 septembre 1997. Le Valaisan subit un carton rouge dès la 16e de la rencontre qui oppose la Suisse à la Norvège. Cette sortie prématurée s’était traduite par une déroute pour les visiteurs au cours de la deuxième période. 0-5 et enterrement sans couronnes des derniers espoirs de qualification pour la phase finale de la Coupe du monde 1998 en France voisine. «Je n’avais pas réagi de manière nerveuse, mais j’avais eu un réflexe de peur après un tacle par-derrière dangereux d’un Norvégien», se souvient l’ancien international. «L’arbitre avait d’ailleurs rédigé un rapport très favorable. Cette voie de fait m’avait coûté deux matchs de suspension seulement. Le Norvégien avait été averti sur cette action pour laquelle je n’ai jamais eu de regrets.» sf


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